Hausse des prix : ces produits que les Français abandonnent

Hausse des prix : ces produits que les Français abandonnent

En bref : Après plusieurs années de hausse des prix alimentaires, une part importante de Français déclare renoncer à certains produits. Selon les enquêtes récentes sur le pouvoir d’achat, la viande et le poisson comptent parmi les premiers postes rognés, et le prix s’est imposé comme le principal critère d’achat.

Une inflation alimentaire qui laisse des traces

La hausse des prix de l’alimentation observée depuis 2021 continue de peser sur le budget des ménages. D’après l’Insee, l’indice des prix alimentaires a progressé de plus de 22 % en cumulé entre janvier 2021 et le début de l’année 2026. Même lorsque l’inflation ralentit, les niveaux de prix atteints ne redescendent pas : ils se stabilisent à un palier plus élevé, ce qui explique la persistance du sentiment de vie chère.

Face à cette situation, de nombreux ménages n’ont pas seulement rogné à la marge : ils ont revu en profondeur leur manière de faire les courses. Les enquêtes d’opinion, notamment celles menées par l’institut Elabe sur le pouvoir d’achat, montrent qu’une large majorité de Français déclare devoir « se serrer la ceinture », un ressenti qui traverse l’ensemble des catégories de population.

La viande et le poisson en première ligne

Parmi les produits délaissés, ceux dont le prix au kilo est le plus élevé arrivent en tête. Environ 38 % des personnes interrogées indiquent avoir renoncé à certains produits. Dans le détail, près d’un tiers des Français (autour de 32 %) déclarent ne plus acheter de viande ou en acheter de plus petites quantités, et environ 23 % font le même constat pour le poisson.

ProduitFrançais ayant réduit ou cessé l’achat
Viande~32 %
Poisson~23 %

Ces arbitrages ne relèvent pas d’abord d’un choix nutritionnel ou écologique : ils sont majoritairement dictés par le prix. Les produits protéinés d’origine animale, plus chers, servent souvent de variable d’ajustement lorsque le budget se tend, au profit de sources de protéines meilleur marché comme les œufs, les légumineuses ou les féculents.

Le prix, critère d’achat numéro un

Au-delà de la composition du panier, c’est la manière même d’acheter qui a changé. Le prix est devenu le premier réflexe, devant la marque, l’origine ou la qualité perçue. Cette bascule se traduit par plusieurs comportements désormais installés dans le quotidien de nombreux foyers.

De nouvelles routines d’achat

  • Comparer les prix d’une enseigne à l’autre : environ 38 % des Français déclarent le faire.
  • Rechercher davantage les promotions et les produits à prix réduit, notamment ceux proches de leur date limite.
  • Se reporter sur les marques de distributeur et les premiers prix.
  • Réduire la taille des portions et mieux valoriser les restes pour limiter le gaspillage.
  • Fréquenter plusieurs magasins, voire le hard discount, pour optimiser chaque poste de dépense.

Cette attention accrue au prix unitaire, au kilo ou au litre, illustre une consommation plus calculée, où la moindre dépense est arbitrée. Le phénomène ne concerne pas seulement les foyers les plus modestes : il touche aussi une partie des classes moyennes et des cadres.

Des conséquences au-delà du caddie

Ces changements de comportement ont des répercussions sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Les industriels et les distributeurs adaptent leurs gammes, développent les formats économiques et renforcent les offres promotionnelles. Les filières de la viande et de la pêche, elles, observent avec attention l’évolution d’une demande devenue plus sensible au prix.

Sur le plan sociologique, ces arbitrages posent aussi la question de l’équilibre nutritionnel. La réduction de la consommation de produits frais, de viande ou de poisson peut, à terme, interroger la diversité de l’alimentation, en particulier pour les ménages les plus contraints. Les pouvoirs publics et les associations suivent ce point de près, sans qu’un retour rapide aux habitudes antérieures ne se dessine à court terme.

Reste une inconnue : ces nouveaux comportements sont-ils conjoncturels ou durables ? Une partie des ménages pourrait conserver ces réflexes d’économie même en cas d’accalmie des prix, transformant une réponse à la crise en habitude installée.

Ce qu’il faut retenir

  • Les prix alimentaires ont augmenté de plus de 22 % en cumulé depuis janvier 2021 selon l’Insee, et se maintiennent à un niveau élevé.
  • Environ 38 % des Français déclarent avoir renoncé à certains produits face à la hausse des prix.
  • La viande (~32 %) et le poisson (~23 %) figurent parmi les postes les plus rognés.
  • Le prix est devenu le premier critère d’achat, devant la marque ou l’origine.
  • Comparaison des enseignes, chasse aux promotions et lutte contre le gaspillage sont désormais des réflexes largement répandus.
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