Journée de l'ozone 2026 : où en est le trou d'ozone ?

Journée de l'ozone 2026 : où en est le trou d'ozone ?

En bref : le trou dans la couche d’ozone continue de se refermer. En 2025, il fut l’un des plus petits mesurés depuis le début des relevés, cinquième plus réduit depuis 1992. Grâce au Protocole de Montréal, signé le 16 septembre 1987, la couche d’ozone devrait retrouver ses valeurs de 1980 vers 2040 pour la majeure partie du globe, 2045 au-dessus de l’Arctique et 2066 au-dessus de l’Antarctique.

Pourquoi une journée mondiale pour l’ozone ?

La couche d’ozone est une fine bande de gaz située dans la stratosphère, entre 15 et 35 kilomètres d’altitude. Elle joue le rôle d’un filtre solaire planétaire en absorbant l’essentiel des rayons ultraviolets B, responsables de coups de soleil, de cancers de la peau et de dommages aux écosystèmes. Sans elle, la vie telle que nous la connaissons serait impossible à la surface de la Terre.

Dans les années 1980, les scientifiques découvrent avec stupeur un amincissement spectaculaire de cette couche au-dessus de l’Antarctique : le fameux « trou d’ozone ». En cause, des gaz industriels comme les chlorofluorocarbures (CFC), alors utilisés dans les aérosols, les réfrigérateurs et les mousses isolantes. La communauté internationale réagit vite : le 16 septembre 1987, elle adopte le Protocole de Montréal, qui donnera son nom à la journée célébrée chaque année à cette date.

Le Protocole de Montréal, un succès sans équivalent

Ratifié par l’ensemble des pays du monde, le Protocole de Montréal est souvent cité comme le traité environnemental le plus efficace jamais conclu. Il a permis d’éliminer progressivement près de 99 % des substances appauvrissant la couche d’ozone. Résultat : la concentration de ces produits dans l’atmosphère diminue, et la couche d’ozone montre des signes clairs de reconstitution, notamment dans la haute stratosphère.

Ce succès n’est pas seulement bénéfique pour la peau et les yeux des populations : en évitant des millions de cas de cancers cutanés et de cataractes, le traité a aussi un effet climatique majeur. Beaucoup de gaz interdits étaient en effet de puissants gaz à effet de serre. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’action engagée pour l’ozone a ainsi contribué, indirectement, à limiter le réchauffement de la planète.

Un trou d’ozone au plus bas en 2025

Les observations les plus récentes confirment la tendance. D’après la NASA et la NOAA, le trou d’ozone de 2025 a été le cinquième plus petit depuis 1992, et le plus réduit des cinq dernières années. Au plus fort de la saison de destruction, entre le 7 septembre et le 13 octobre 2025, son étendue moyenne avoisinait 18,7 millions de kilomètres carrés — un chiffre modeste au regard des maxima historiques.

Les scientifiques restent prudents : l’ampleur du trou varie d’une année à l’autre en fonction de conditions météorologiques naturelles, et une bonne année ne garantit pas la suivante. Mais la tendance de fond, elle, est bien orientée à la hausse pour l’ozone, et cette trajectoire positive reflète l’efficacité de l’action internationale coordonnée.

Une reconstitution attendue au fil du siècle

Combien de temps faudra-t-il pour effacer les dégâts ? La dernière évaluation scientifique de référence, copilotée par l’OMM et le PNUE, donne un calendrier précis, sous réserve que les politiques actuelles soient maintenues. La couche d’ozone devrait retrouver ses niveaux de 1980 vers 2040 pour la majeure partie du globe, vers 2045 au-dessus de l’Arctique et vers 2066 au-dessus de l’Antarctique, région la plus endommagée. Une nouvelle évaluation d’ensemble est attendue en 2026.

La patience est donc de mise : les molécules destructrices persistent longtemps dans l’atmosphère. Mais le simple fait de pouvoir annoncer une date de guérison illustre à quel point une décision politique mondiale, appuyée sur la science, peut inverser une catastrophe environnementale.

Les défis qui restent à relever

La vigilance demeure nécessaire. Des émissions illégales de gaz interdits ont été détectées par le passé, rappelant l’importance d’une surveillance continue. Surtout, un nouveau front s’est ouvert : les hydrofluorocarbures (HFC), adoptés pour remplacer les CFC dans la réfrigération et la climatisation. S’ils ne détruisent pas l’ozone, ils sont de très puissants gaz à effet de serre.

C’est tout l’objet de l’amendement de Kigali, entré en vigueur pour réduire progressivement ces HFC. En les éliminant, la communauté internationale espère éviter un réchauffement supplémentaire significatif d’ici la fin du siècle. La protection de l’ozone et la lutte contre le changement climatique avancent ainsi de plus en plus main dans la main : c’est le sens des messages portés par la Journée mondiale de l’ozone 2026.

Ce qu’il faut retenir

  • Le 16 septembre célèbre la protection de la couche d’ozone, en mémoire du Protocole de Montréal signé en 1987.
  • Près de 99 % des substances destructrices d’ozone ont été éliminées, permettant une reconstitution progressive.
  • Le trou d’ozone de 2025 a été le cinquième plus petit depuis 1992, confirmant la tendance de fond.
  • La couche d’ozone devrait revenir à ses valeurs de 1980 vers 2040 pour la majeure partie du globe, 2045 en Arctique et 2066 en Antarctique.
  • L’amendement de Kigali s’attaque désormais aux HFC, de puissants gaz à effet de serre, reliant protection de l’ozone et action climatique.
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