Chikungunya et dengue : le point sur les cas autochtones 2026

Chikungunya et dengue : le point sur les cas autochtones 2026

En bref : au 6 septembre 2026, Santé publique France a identifié 15 épisodes de transmission autochtone en France hexagonale, dont 11 foyers de chikungunya (57 cas au total) et 4 foyers de dengue (6 cas). Ces chiffres restent très inférieurs à la saison 2025, année record avec 809 cas autochtones de chikungunya. La surveillance renforcée court jusqu’au 30 novembre.

Cas autochtone ou cas importé : quelle différence ?

Comprendre la situation suppose d’abord de distinguer deux notions. Un cas dit « importé » concerne une personne qui a contracté le virus lors d’un séjour dans une zone où il circule — les Antilles, La Réunion, l’océan Indien ou certains pays tropicaux — puis qui rentre en métropole en étant porteuse du virus. Un cas « autochtone », lui, désigne une personne qui n’a pas voyagé et qui a donc été contaminée sur le sol métropolitain.

Le mécanisme est simple : un moustique tigre local pique une personne virémique de retour de voyage, s’infecte, puis transmet le virus à d’autres habitants en les piquant à leur tour. C’est cette chaîne de transmission locale qui inquiète les autorités sanitaires, car elle signe l’installation durable des conditions d’une circulation virale en France hexagonale.

Le bilan chiffré au 6 septembre 2026

Selon le bulletin de surveillance renforcée publié par Santé publique France le 9 septembre 2026, la France hexagonale comptait, au 6 septembre, 15 épisodes de transmission vectorielle autochtone. Le chikungunya représente l’essentiel de cette activité avec 11 foyers et 57 cas au total, la taille des épisodes allant d’un seul cas à 28 cas pour le plus important. Les départements concernés étaient notamment le Tarn, le Lot, la Gironde et le Val-de-Marne.

La dengue, elle, reste beaucoup plus discrète cette saison : 4 foyers autochtones pour 6 cas seulement, dans le Tarn, l’Hérault, la Dordogne et les Bouches-du-Rhône. Côté cas importés, la saison a vu arriver 136 cas de chikungunya, 389 cas de dengue et 13 cas de Zika depuis le 1er mai. Ce sont ces voyageurs porteurs du virus qui alimentent le risque de démarrage de foyers locaux.

À noter également, en marge de ces arboviroses transmises par le moustique tigre : 56 cas autochtones d’infection à virus West Nile ont été recensés, un virus transmis par un autre moustique (le genre Culex) et non par l’Aedes albopictus. Trois départements — l’Aude, la Seine-et-Marne et la Drôme — enregistraient pour la première fois des cas humains.

2025, une année record qui sert de repère

Pour mesurer l’ampleur de la saison en cours, le point de comparaison est l’année 2025, qualifiée de record par les autorités. La France métropolitaine y avait enregistré 809 cas autochtones de chikungunya, répartis dans environ 80 foyers — contre un seul cas en 2024. Un foyer des Alpes-Maritimes avait à lui seul concentré près de 144 cas.

Cette flambée s’expliquait en grande partie par l’épidémie majeure qui touchait alors La Réunion : près de 80 % des cas importés en métropole provenaient de l’île. Des milliers de voyageurs virémiques sont ainsi arrivés dans un pays où le moustique tigre était déjà largement présent pendant la saison chaude. À ce stade de 2026, avec 57 cas autochtones, la situation demeure donc nettement en deçà de ce pic exceptionnel.

Le moustique tigre, un vecteur désormais installé

Le moteur de ce phénomène porte un nom : Aedes albopictus, le moustique tigre. Reconnaissable à ses rayures noires et blanches, cette espèce originaire d’Asie du Sud-Est a colonisé le territoire à grande vitesse. Au 1er janvier 2026, elle était implantée dans 83 des 96 départements de France métropolitaine, avec une progression de trois à quatre départements supplémentaires chaque année.

Actif surtout le jour, capable de pondre dans de tout petits volumes d’eau stagnante, il prospère dans les jardins, sur les balcons et en ville. Son expansion, favorisée par le réchauffement climatique et les déplacements humains, explique pourquoi des maladies autrefois strictement tropicales peuvent désormais s’installer, ponctuellement, sous nos latitudes.

Faut-il s’inquiéter ?

La progression de la transmission autochtone est réelle et mérite attention, mais elle n’appelle pas de panique. Les foyers restent localisés, rapidement identifiés et font l’objet de mesures ciblées de démoustication et de sensibilisation. La très grande majorité des cas de chikungunya ou de dengue guérissent sans complication, même si ces maladies peuvent être douloureuses et fatigantes.

Le meilleur levier reste individuel et collectif : réduire les gîtes larvaires autour de chez soi et se protéger des piqûres. Nous détaillons tous ces gestes dans notre guide pratique pour se protéger du moustique tigre et limiter sa prolifération. En cas de fièvre, de douleurs articulaires ou d’éruption cutanée après une piqûre, il convient de consulter un médecin et de suivre les recommandations des autorités de santé, notamment celles de Santé publique France et de votre agence régionale de santé (ARS).

Ce qu’il faut retenir

  • Au 6 septembre 2026, la France hexagonale compte 57 cas autochtones de chikungunya (11 foyers) et 6 cas autochtones de dengue (4 foyers).
  • La saison reste très en deçà de 2025, année record avec 809 cas autochtones de chikungunya et environ 80 foyers.
  • Un cas autochtone signifie une contamination sur le sol métropolitain, sans voyage : c’est le moustique tigre local qui transmet le virus.
  • Le moustique tigre est implanté dans 83 des 96 départements métropolitains au 1er janvier 2026.
  • La surveillance renforcée dure jusqu’au 30 novembre ; en cas de symptômes, consultez un médecin et suivez les consignes des autorités de santé.
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