En bref : selon un sondage Elabe pour BFMTV, environ 61 % des Français se déclarent inquiets pour leur pouvoir d’achat. En moyenne, ils estiment qu’il leur manque près de 530 euros par mois pour « vivre convenablement ». Une large majorité juge que sa situation s’est dégradée ces derniers mois, dans un contexte marqué par les séquelles de l’inflation et par des prix de l’énergie de nouveau élevés. Un ressenti qui pousse de nombreux ménages à rogner sur les dépenses plaisir, voire sur l’alimentation.
Un sentiment d’inquiétude largement partagé
Le chiffre central du sondage frappe par son ampleur : une majorité de Français se disent préoccupés par l’évolution de leur pouvoir d’achat. Loin d’être un simple ressenti diffus, cette inquiétude se traduit dans les comportements de consommation, avec une vigilance accrue sur chaque dépense et une chasse permanente aux promotions.
Plus révélateur encore, une part importante des personnes interrogées estime que sa situation financière s’est dégradée ces derniers mois, et une fraction non négligeable parle même d’une baisse « forte ». Autrement dit, le sujet ne concerne pas seulement les ménages les plus modestes : il traverse une large partie de la société, y compris des foyers qui se pensaient à l’abri.
530 euros : le montant qui manque chaque mois
Le chiffre le plus commenté de l’enquête est celui du « reste à vivre » idéal. Interrogés sur la somme qui leur ferait défaut pour vivre correctement, les Français évaluent ce manque à environ 530 euros par mois en moyenne. Il ne s’agit pas d’un déficit comptable mesuré sur les relevés bancaires, mais d’une estimation subjective : l’écart perçu entre les revenus actuels et le niveau de vie jugé nécessaire pour ne pas se restreindre en permanence.
Ce montant en dit long sur le décalage ressenti entre les salaires et le coût de la vie. Pour beaucoup de foyers, boucler les fins de mois suppose désormais des arbitrages constants : reporter un achat, renoncer à une sortie, comparer systématiquement les prix. Les catégories populaires se déclarent les plus concernées, mais le phénomène remonte aussi vers les classes moyennes.
Un contexte d’inflation et d’énergie sous tension
Ce ressenti ne sort pas de nulle part. Après plusieurs années de forte hausse des prix, l’inflation a laissé des traces durables sur le budget des ménages. Même lorsque la hausse des prix ralentit, les niveaux atteints restent élevés : un ralentissement de l’inflation ne signifie pas une baisse des prix, seulement une progression plus lente. Le sentiment d’appauvrissement, lui, persiste.
À cela s’ajoute la question de l’énergie. Les prix des carburants, notamment, se sont de nouveau tendus, pesant directement sur les déplacements du quotidien et sur le moral des automobilistes. À l’approche de l’hiver, la facture de chauffage revient elle aussi au premier plan des préoccupations. Autant de postes de dépense contraints, difficiles à comprimer, qui alimentent le sentiment que le budget se resserre.
Des arbitrages jusque dans l’assiette
Face à cette pression, de nombreux ménages déclarent réduire d’abord les dépenses « plaisir » : loisirs, restaurants, vacances, équipement. Mais une part des Français indique aussi rogner sur des postes plus essentiels, à commencer par les courses alimentaires. Recours accru aux promotions, aux marques distributeurs ou aux magasins à bas prix : la contrainte budgétaire se lit désormais jusque dans le contenu du caddie.
Comment lire ces chiffres ?
Ces résultats mesurent avant tout un ressenti, et non une comptabilité précise du budget des Français. La perception du pouvoir d’achat est influencée par de nombreux facteurs : les prix des produits achetés le plus souvent, le climat économique général, ou encore le sentiment d’incertitude sur l’avenir. Ce ressenti peut donc évoluer plus vite que les statistiques officielles.
Il n’en demeure pas moins un signal politique et social important. Lorsqu’une majorité de citoyens estime qu’il lui manque plusieurs centaines d’euros par mois, le pouvoir d’achat s’impose durablement comme un enjeu de premier plan, indépendamment des couleurs politiques. Les chiffres du sondage traduisent surtout une attente forte de solutions concrètes, dans un climat où la confiance dans l’amélioration à court terme reste fragile.
Ce qu’il faut retenir
- Selon un sondage Elabe pour BFMTV, environ 61 % des Français se disent inquiets pour leur pouvoir d’achat.
- En moyenne, ils estiment qu’il leur manque près de 530 euros par mois pour vivre convenablement.
- Une large majorité juge que sa situation financière s’est dégradée récemment, y compris dans les classes moyennes.
- Le contexte combine les séquelles de l’inflation et des prix de l’énergie de nouveau élevés, carburants en tête.
- Ces chiffres mesurent un ressenti : ils n’en constituent pas moins un signal social et politique majeur.




