Une indexation du barème, pas un gel
Au 1er octobre 2026, le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 prévoit que le barème de l’impôt sur le revenu serait indexé sur l’inflation. Autrement dit, les seuils des différentes tranches seraient relevés pour tenir compte de la hausse des prix constatée sur l’année écoulée. L’indexation serait complète, et non partielle, a précisé la ministre Maud Bregeon : les tranches suivraient donc l’inflation dans sa totalité, estimée aux alentours de 2 % sur la base de l’inflation 2026 hors tabac.
Ce point mérite d’être souligné, car plusieurs scénarios évoquaient un possible « gel » du barème, parfois appelé « année blanche ». Cette option a finalement été écartée. Ce choix s’inscrit dans un budget qui cherche malgré tout plusieurs dizaines de milliards d’euros d’économies : renoncer au gel n’est pas neutre, puisqu’un gel aurait procuré des recettes supplémentaires à l’État. Rien n’est toutefois définitif : comme toute mesure d’un projet de budget, elle reste conditionnée au vote du Parlement. Pour une vue d’ensemble, vous pouvez consulter notre dossier complet sur le budget 2027.
Comment fonctionne le barème progressif ?
L’impôt sur le revenu est progressif : il se calcule par tranches, chacune associée à un taux croissant. Concrètement, votre revenu imposable est découpé en plusieurs morceaux, et chaque morceau est taxé au taux de la tranche correspondante. Seule la part de revenu qui dépasse le seuil d’une tranche est imposée au taux supérieur : passer dans une tranche plus élevée ne fait donc jamais baisser votre revenu disponible.
Le barème comporte plusieurs tranches, allant d’un taux de 0 % (part de revenu non imposée) jusqu’aux taux les plus élevés pour les revenus importants. Ce découpage explique une idée souvent mal comprise : changer de tranche ne signifie pas que l’ensemble de vos revenus est soudainement taxé plus lourdement, mais seulement la fraction qui dépasse le nouveau seuil. Chaque année, les seuils qui délimitent ces tranches peuvent être ajustés. C’est précisément cet ajustement que l’on appelle l’indexation.
L’indexation, pour éviter une « hausse d’impôt cachée »
Pourquoi relever les seuils ? Parce que les revenus progressent souvent au rythme de l’inflation, ne serait-ce que pour maintenir le pouvoir d’achat. Si les seuils du barème restaient figés alors que les salaires augmentent nominalement, certains ménages basculeraient mécaniquement dans une tranche supérieure, ou deviendraient imposables, sans que leur niveau de vie réel ait changé. L’indexation neutralise cet effet.
Prenons un exemple simplifié. Imaginons un ménage dont le revenu se situe juste en dessous du seuil d’entrée dans une tranche. Si ce revenu augmente de 2 % pour suivre l’inflation, mais que le seuil reste inchangé, une partie du revenu franchit le seuil et se retrouve taxée au taux supérieur : l’impôt augmente alors que le pouvoir d’achat, lui, n’a pas bougé. En relevant le seuil de 2 % lui aussi, l’indexation fait en sorte que la situation fiscale du ménage reste stable. C’est ce que l’on résume par la formule « hausse d’impôt cachée » évitée.
Ce que cela change concrètement pour les ménages
Pour la grande majorité des foyers, l’indexation du barème se traduit par une stabilité fiscale à revenu réel constant. Un ménage dont les revenus ont simplement suivi l’inflation ne devrait pas voir son impôt augmenter du seul fait du passage d’une année à l’autre. Les seuils d’entrée dans l’impôt et de changement de tranche étant relevés, le nombre de foyers nouvellement imposables reste contenu.
- Les seuils de chaque tranche seraient relevés d’environ 2 %, au rythme de l’inflation.
- Les ménages dont les revenus ont suivi l’inflation ne changeraient pas de tranche.
- Certains foyers modestes éviteraient de devenir imposables « malgré eux ».
Un point de prudence s’impose : les montants exacts des nouvelles tranches 2027 ne sont pas encore figés. Ils dépendront du chiffre définitif de l’inflation retenu et du texte voté. Mieux vaut donc raisonner sur le principe de l’indexation que sur des seuils précis, qui pourraient encore bouger.
Les autres mesures fiscales du budget
L’indexation du barème n’est pas la seule disposition fiscale du projet de budget. D’autres mesures sont sur la table, comme la prolongation d’une contribution différentielle sur les très hauts revenus, destinée à faire participer davantage les foyers les plus aisés à l’effort budgétaire. Ces dispositifs, qui concernent une minorité de contribuables et les entreprises, relèvent d’un volet distinct : nous y revenons dans notre article consacré à la fiscalité des entreprises et des hauts revenus.
Enfin, la question fiscale ne se limite pas à l’impôt sur le revenu : le budget touche aussi aux prestations et aux aides qui pèsent dans le budget des familles. Pour comprendre l’effet d’ensemble sur votre portefeuille, consultez notre point dédié au pouvoir d’achat et prestations sociales. En attendant le vote définitif du PLF, retenez l’essentiel : le barème devrait suivre l’inflation, ce qui protège les ménages d’une augmentation d’impôt automatique.




