La disparition d’une légende du football italien
C’est l’AC Milan qui a annoncé la nouvelle ce vendredi 31 juillet 2026 : Franco Baresi est mort à l’âge de 66 ans. Les causes précises du décès n’ont pas été communiquées. En août 2025, l’ancien capitaine avait été opéré pour l’ablation d’un nodule pulmonaire, une intervention dont il s’était officiellement remis.
La disparition de Baresi dépasse largement le cadre d’un club. Elle touche tout le football italien, qui perd l’un des visages de son âge d’or, celui du grand Milan des années 1980 et 1990, et l’un des défenseurs les plus admirés que ce sport ait produits. Sur les réseaux sociaux, les hommages ont afflué de partout dans le monde, de ses anciens coéquipiers aux clubs rivaux.
Une carrière entière à l’AC Milan
La trajectoire de Franco Baresi est de celles qui n’existent presque plus dans le football moderne : une seule et unique équipe, du début à la fin. Formé à l’AC Milan, il devient titulaire dès l’âge de 18 ans. À 22 ans, on lui confie déjà le brassard de capitaine, une responsabilité qu’il portera pendant plus d’une décennie.
Au total, Baresi aura disputé 719 matchs sous le maillot rossonero avant de raccrocher les crampons en 1997. Une fidélité absolue, à contre-courant des trajectoires morcelées d’aujourd’hui, qui a fait de lui l’incarnation même de l’identité milanaise. Il aura traversé les époques, des années difficiles de la fin des années 1970 jusqu’au sommet de l’Europe.
Un palmarès parmi les plus riches de sa génération
Le tableau de chasse de Franco Baresi force le respect. Avec l’AC Milan, il a soulevé :
- 3 Coupes d’Europe des clubs champions / Ligues des champions : le sommet du football européen, remporté au cœur du grand Milan.
- 6 Scudetti : six titres de champion d’Italie, glanés au fil des années 1980 et 1990.
- De nombreux autres trophées nationaux et internationaux venus compléter une armoire déjà bien garnie.
Ce palmarès, il l’a construit dans une Serie A qui était alors le championnat le plus relevé de la planète, où évoluaient les plus grands joueurs du monde. Y régner en patron de la défense en dit long sur son niveau.
Champion du monde 1982 et charnière mythique en 1994
En sélection, la carrière de Baresi a connu deux moments forts aux tonalités opposées. En 1982, il fait partie de l’effectif italien champion du monde en Espagne, même s’il ne dispute aucune minute du tournoi. Un titre acquis dans l’ombre, à seulement 22 ans.
Douze ans plus tard, au Mondial 1994 aux États-Unis, il est cette fois au cœur du jeu. Titulaire, il forme avec Paolo Maldini une charnière défensive restée dans les mémoires, symbole de l’école italienne de la défense. L’aventure s’achève pourtant dans la douleur : en finale face au Brésil, après un retour express d’une blessure au genou contractée en cours de tournoi, Baresi manque son tir au but. L’Italie s’incline aux tirs au but. Une image cruelle pour un si grand joueur, mais qui n’a jamais entamé son statut.
Le style du libéro : l’intelligence avant la force
Franco Baresi appartient à cette lignée de libéros, ces derniers défenseurs qui organisaient tout depuis l’arrière. Sa force n’était pas d’abord physique : elle tenait à une lecture du jeu exceptionnelle, à un sens du placement qui lui permettait d’anticiper l’attaque adverse avant même qu’elle ne se dessine.
Relanceur propre, meneur de la ligne défensive, patron de la surface, il incarnait cette idée que défendre est aussi un art. Sa deuxième place au Ballon d’Or 1989, derrière son coéquipier néerlandais Marco van Basten, témoigne de la rareté d’un défenseur capable de rivaliser, dans l’estime générale, avec les plus grands attaquants de son temps.
Un numéro 6 retiré et un statut d’icône
Pour honorer sa mémoire et son immense carrière, l’AC Milan a retiré son numéro 6, geste réservé aux figures les plus marquantes de l’histoire d’un club. Depuis 2020, Baresi occupait par ailleurs le poste de vice-président d’honneur, restant ainsi lié au quotidien de l’institution qu’il a servie toute sa vie.
Dans son communiqué publié sur X, le club a résumé ce lien indéfectible : « Il restera à jamais, comme son numéro 6, une partie indissociable et fondamentale de l’ADN et de l’histoire du club. » Une formule qui dit l’essentiel : Baresi n’était pas seulement un joueur du Milan, il en était l’une des pierres fondatrices.
Un héritage qui traverse les générations
Considéré comme l’un des plus grands défenseurs de l’histoire du football, Franco Baresi laisse un modèle. Celui d’un joueur d’un seul club, fidèle jusqu’au bout, capable de discipline collective et de génie individuel. Des générations de défenseurs ont grandi en l’étudiant, tant son placement et son intelligence tactique servaient de référence.
Au-delà des trophées et des chiffres, c’est peut-être cela que retiendront ceux qui l’ont vu jouer : une élégance dans la manière de défendre, une autorité tranquille qui structurait toute une équipe. À l’heure de lui dire adieu, le football rend hommage non seulement à un champion, mais à une certaine idée du jeu. Le numéro 6 est retiré ; la légende, elle, demeure.




