Heures creuses : la réforme qui pourrait en offrir 18 par jour (mais rien n'est encore acté)

Heures creuses : la réforme qui pourrait en offrir 18 par jour (mais rien n'est encore acté)

Comment fonctionnent les heures creuses aujourd’hui

L’option « Heures Pleines / Heures Creuses » (HP/HC) est une formule proposée au tarif réglementé de l’électricité. Le principe est simple : pendant certaines plages horaires dites « creuses », le prix du kWh est réduit ; le reste du temps, en « heures pleines », il est plus élevé.

Concrètement, au tarif réglementé, le kWh en heures creuses coûte aujourd’hui autour de 0,16 €, soit à peu près 20 % de moins que le tarif de l’option de base. Il y a en général environ 8 heures creuses par jour, souvent placées la nuit. Point important : ces plages sont fixées par Enedis selon votre commune et ne sont pas modifiables par le client. On ne choisit donc pas ses horaires : on les subit, et on adapte ses usages autour.

Cette option devient réellement intéressante quand on consomme une part suffisante de son électricité pendant ces créneaux : on évoque souvent un seuil autour de 25 à 30 % de sa consommation basculée en heures creuses pour que l’abonnement HP/HC soit rentable par rapport à l’option de base. En dessous, le surcoût des heures pleines peut annuler le gain.

À noter : dans le cadre d’une évolution décidée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), l’option de base a été supprimée au 1er février 2026 pour les puissances de 18 à 36 kVA en France continentale. Les foyers concernés qui n’avaient pas changé d’option ont basculé automatiquement en HP/HC. Cela ne touche pas la majorité des logements, souvent abonnés en 6 ou 9 kVA, mais montre que le cadre bouge déjà.

Ce que la réforme proposerait

Voici le cœur du sujet, et la précaution essentielle : il s’agit d’une proposition à l’étude, pas d’une décision. Rien n’est voté, rien n’est daté. Tout ce qui suit est donc à lire au conditionnel.

L’idée avancée serait d’élargir fortement les heures creuses, jusqu’à environ 18 heures par jour (contre à peu près 16 aujourd’hui selon les configurations), et de réduire les heures pleines à environ 6 heures par jour (au lieu d’environ 8). Sur le papier, davantage d’heures à tarif réduit, c’est plutôt une bonne nouvelle pour le consommateur.

Mais il y aurait une contrepartie. Certaines sources de presse spécialisée évoquent l’apparition de créneaux de « pointe » concentrés le matin et en soirée, aux moments où la demande d’électricité est la plus forte. Sur ces créneaux, le kWh serait nettement plus cher : un chiffre de l’ordre de 0,26 €/kWh a été cité par la presse. Ce montant est une hypothèse rapportée par les médias, non confirmée officiellement : à considérer comme un ordre de grandeur évoqué, pas comme un tarif arrêté.

La logique d’ensemble serait d’inciter à décaler ses consommations hors des pics de demande, pour mieux coller à la production d’électricité, notamment renouvelable et parfois abondante en journée.

Qui pourrait y gagner, qui pourrait y perdre

Si une telle réforme voyait le jour, tout dépendrait de votre capacité à déplacer vos usages dans le temps.

Pourraient y gagner les foyers capables de programmer leurs gros postes de consommation en dehors des créneaux de pointe :

  • Le chauffe-eau électrique, déjà souvent piloté sur les heures creuses de nuit.
  • Le lave-linge, le sèche-linge et le lave-vaisselle, faciles à lancer en différé.
  • La recharge d’un véhicule électrique, qui représente une consommation importante et très déplaçable dans la nuit ou la journée.

Pourraient y perdre, à l’inverse, les foyers dont l’essentiel de la consommation tombe précisément aux heures de pointe : préparation des repas le matin et le soir, chauffage électrique sollicité en début de journée et en fin d’après-midi, présence à la maison surtout matin et soir. Pour eux, des heures de pointe plus chères pourraient peser sur la facture, sans possibilité évidente de décaler.

En clair : la réforme proposée récompenserait la flexibilité. Plus vous pouvez choisir quand vous consommez, plus vous auriez de marge ; moins vous le pouvez, plus vous seriez exposé.

Comment s’y préparer, sans se précipiter

Même sans savoir si cette réforme aboutira, les réflexes qui aident à profiter des heures creuses sont utiles dès aujourd’hui, et ne coûtent presque rien.

  • Repérez vos plages creuses actuelles : elles figurent sur votre facture ou dans votre espace client. C’est la base pour caler vos appareils.
  • Programmez vos gros appareils : la plupart des lave-linge, lave-vaisselle et sèche-linge ont un départ différé. Lancez-les pendant les heures creuses.
  • Vérifiez le réglage de votre chauffe-eau : en position « auto » sur un contacteur heures creuses, il chauffe déjà au bon moment.
  • Pensez aux prises programmables ou connectées : quelques euros pour automatiser le déclenchement d’un appareil sur les bons créneaux, sans y penser.
  • Pour un véhicule électrique, programmez la recharge via le câble, la borne ou l’application, plutôt que de brancher à l’arrivée.

En revanche, inutile de changer d’option ou d’offre dans la précipitation pour anticiper une réforme qui n’existe pas encore. Le bon moment pour comparer les formules, c’est au regard de votre consommation réelle d’aujourd’hui : si vous consommez peu la nuit et n’avez aucun usage déplaçable, l’option heures creuses actuelle n’est pas forcément la plus avantageuse.

Ce qu’il faut retenir

  • Aujourd’hui, l’option heures creuses offre environ 8 heures à tarif réduit (kWh autour de 0,16 €, soit ~20 % de moins), sur des plages fixées par Enedis et non modifiables.
  • Une réforme est évoquée, mais non actée : elle porterait les heures creuses à environ 18 heures par jour et réduirait les heures pleines à environ 6 heures.
  • En contrepartie, la presse évoque des créneaux de pointe plus chers le matin et le soir (un chiffre d’environ 0,26 €/kWh a été cité, sans confirmation officielle).
  • Y gagneraient surtout ceux qui peuvent décaler leurs usages (chauffe-eau, lave-linge, recharge de véhicule électrique) ; y perdraient ceux qui consomment surtout matin et soir.
  • À ce stade, la meilleure attitude est de piloter ses appareils et de suivre le dossier, sans changer d’offre en urgence pour un projet encore incertain.
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