La NASA s’apprête à lancer l’un de ses plus ambitieux observatoires spatiaux : le télescope Nancy Grace Roman. Avec un miroir de la taille de celui de Hubble mais un champ de vision cent fois plus large, ce géant doit cartographier l’énergie noire et débusquer des milliers d’exoplanètes. Découverte.
Un lancement imminent
La NASA prévoit de lancer son nouveau grand observatoire aux alentours du 30 août 2026, avec un calendrier susceptible de glisser vers septembre selon les impératifs techniques. Le télescope voyagera à bord d’une puissante fusée Falcon Heavy de SpaceX.
Sa destination : le point de Lagrange L2, une zone privilégiée de l’espace située à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, du côté opposé au Soleil. C’est là que stationnent déjà d’autres grands observatoires, car cet emplacement offre une vue stable et dégagée sur le cosmos, à l’abri des perturbations lumineuses et thermiques de notre planète.
Un miroir comme Hubble, un champ 100 fois plus large
La caractéristique la plus frappante du télescope Roman tient à son optique. Il embarque un miroir de 2,4 mètres de diamètre, soit exactement la taille de celui du célèbre télescope Hubble. On pourrait donc croire à un simple successeur : c’est bien plus que cela.
Car à qualité d’image comparable, Roman est capable de photographier une portion de ciel environ 100 fois plus large en une seule image. Là où Hubble observe le ciel à travers une sorte de trou de serrure, Roman ouvre une immense fenêtre panoramique. Il travaille dans l’infrarouge, avec une netteté comparable à celle de Hubble, mais couvre des surfaces gigantesques à chaque cliché.
Cette différence de conception explique pourquoi Roman n’est pas un rival mais un complément. Pour mieux comprendre l’héritage dont il s’inspire, on peut se replonger dans l’histoire du miroir de Hubble et de sa fameuse aberration, un défaut d’à peine 1,3 mm qui avait failli condamner la mission.
Une véritable machine de l’espace
Derrière ses performances optiques, le télescope Roman est un engin imposant. Sa masse au lancement atteint environ 10 500 kg, et il fonctionne avec une puissance électrique d’environ 4,5 kW, fournie par ses panneaux solaires.
Ces chiffres traduisent la complexité de l’instrument, conçu pour opérer de manière autonome à un million et demi de kilomètres de toute intervention humaine. Chaque composant doit y résister aux conditions extrêmes de l’espace pendant des années, tout en garantissant la précision nécessaire à des observations d’une extrême finesse.
Cartographier l’énergie noire
La première grande mission de Roman consiste à cartographier l’énergie noire, cette composante mystérieuse qui semble accélérer l’expansion de l’Univers et dont la nature reste inconnue. Pour cela, le télescope va sonder environ 1 milliard de galaxies.
En mesurant leur répartition dans l’espace et leurs déformations subtiles, les astronomes espèrent retracer l’histoire de l’expansion cosmique. C’est justement là que le champ de vision géant de Roman prend tout son sens : pour étudier des structures à l’échelle de l’Univers entier, il faut observer d’immenses portions de ciel, ce que peu d’instruments savent faire avec une telle finesse.
Jusqu’à 200 000 exoplanètes
Le second grand objectif du télescope concerne les mondes lointains. Roman doit permettre de découvrir jusqu’à 200 000 exoplanètes potentielles, ces planètes qui gravitent autour d’autres étoiles que le Soleil.
Pour les débusquer, il s’appuiera notamment sur des techniques d’observation particulièrement adaptées à son grand champ, capables de repérer l’infime signature d’une planète invisible. En multipliant ainsi les détections, Roman promet d’enrichir considérablement notre catalogue de mondes et d’affiner notre compréhension de la diversité des systèmes planétaires.
Un début de mission programmé pour 2027
Une fois arrivé à destination, le télescope ne se mettra pas immédiatement au travail. Il faut compter environ 90 jours de mise en service, pendant lesquels les ingénieurs déploient, testent et calibrent minutieusement chaque instrument pour s’assurer que tout fonctionne parfaitement.
Les opérations scientifiques proprement dites devraient donc débuter début 2027. Commencera alors une aventure de plusieurs années, au cours de laquelle Roman scrutera le ciel pour répondre à quelques-unes des plus grandes questions de l’astronomie moderne. Un nouveau chapitre passionnant s’ouvre pour l’exploration de l’Univers.
Ce qu’il faut retenir
- Le télescope Nancy Grace Roman de la NASA doit être lancé autour du 30 août 2026 par une Falcon Heavy de SpaceX, vers le point de Lagrange L2.
- Il possède un miroir de 2,4 mètres, comme Hubble, mais photographie une zone de ciel environ 100 fois plus large en une image.
- Sa masse au lancement est d’environ 10 500 kg, pour une puissance d’environ 4,5 kW.
- Il va cartographier l’énergie noire en sondant près d’un milliard de galaxies.
- Il pourrait découvrir jusqu’à 200 000 exoplanètes potentielles.
- Après environ 90 jours de mise en service, les opérations scientifiques débuteront début 2027.




