Passager aspiré par un hublot sur un vol Ryanair : l'enquête pointe une collision aviaire

Passager aspiré par un hublot sur un vol Ryanair : l'enquête pointe une collision aviaire

Que s’est-il passé au décollage ?

L’incident s’est produit sur un vol de la compagnie Ryanair, opéré par un Boeing 737-800, au moment du décollage depuis l’aéroport de Thessalonique, dans le nord de la Grèce. Peu après avoir quitté le sol, un hublot de cabine a été endommagé puis a cédé, un événement extrêmement rare sur ce type d’appareil.

La rupture du hublot a provoqué une décompression rapide de la cabine. Ce phénomène, lié à la différence de pression entre l’intérieur de l’avion et l’air extérieur en altitude, génère un puissant appel d’air vers l’ouverture, avec des conséquences potentiellement graves pour les occupants situés à proximité.

Un passager retenu par ses voisins

C’est précisément ce qui s’est produit. Un passager, de nationalité serbe, a été partiellement aspiré par l’ouverture créée par le hublot défaillant. Dans un réflexe de survie collectif, il a été retenu par son épouse et par des voisins de siège, qui sont parvenus à le maintenir à l’intérieur de l’appareil.

Grâce à ce sauvetage improvisé et à la réaction rapide de l’équipage, le passager a survécu à cet épisode. Ce dénouement, heureux compte tenu des circonstances, souligne l’importance du sang-froid des personnes présentes et de la procédure suivie par le personnel navigant.

La réaction de l’équipage

Confronté à une situation d’urgence, l’équipage a agi méthodiquement pour reprendre le contrôle. Les pilotes ont réussi à stabiliser l’avion puis à faire demi-tour vers Thessalonique afin de procéder à un atterrissage dans les meilleures conditions possibles.

Face à une décompression, les procédures aéronautiques prévoient généralement une descente rapide vers une altitude où l’air redevient respirable, ainsi qu’un déroutement vers l’aéroport le plus adapté. Le retour vers l’aéroport de départ a permis une prise en charge rapide des passagers à l’arrivée.

La version du PDG de Ryanair

Dans les suites immédiates de l’incident, le PDG de Ryanair, Michael O’Leary, s’est exprimé sur les causes possibles. Il a évoqué des dommages causés par un corps étranger au moteur au moment du décollage, une explication qui renvoie à l’ingestion d’un objet susceptible d’endommager les organes de la propulsion.

Cette première hypothèse, formulée à chaud, restait à confirmer par l’enquête technique. Comme souvent en matière de sécurité aérienne, les déclarations initiales sont ensuite confrontées aux constats des investigations menées par les autorités compétentes.

Ce que révèle l’enquête

Les enquêteurs du NTSB, l’organisme américain chargé des investigations sur les accidents de transport, ont apporté un éclairage différent. Ils ont trouvé des restes d’oiseaux dans le moteur de l’appareil, un élément qui oriente clairement vers une collision aviaire, aussi appelée « bird strike ».

Ce constat nuance et contredit la version initiale évoquée par le PDG de la compagnie. Toutefois, la cause exacte de l’enchaînement des événements reste à préciser : la rupture d’une aube de soufflante — l’une des pales situées à l’avant du moteur — n’est pas encore pleinement expliquée, et l’enquête devra déterminer le lien précis entre la collision et l’endommagement du hublot.

Qu’est-ce qu’une collision aviaire ?

La collision aviaire désigne l’impact entre un aéronef et un ou plusieurs oiseaux, le plus souvent lors des phases de décollage ou d’atterrissage, quand l’avion évolue à basse altitude. C’est un risque connu et documenté de longue date par l’industrie aéronautique.

Ce risque fait l’objet de mesures de prévention spécifiques :

  • l’effarouchement des oiseaux aux abords des aéroports ;
  • la gestion des habitats pour réduire leur présence ;
  • la certification des moteurs, conçus pour résister à l’ingestion d’oiseaux dans une certaine mesure ;
  • la surveillance et le signalement systématique des impacts.

Malgré ces dispositifs, le risque zéro n’existe pas, et certains impacts peuvent occasionner des dommages sérieux, en particulier lorsqu’ils touchent les moteurs.

Les suites de l’enquête

L’investigation se poursuit pour établir avec précision la chaîne causale ayant conduit à la rupture du hublot. Les enquêteurs devront notamment comprendre comment l’endommagement du moteur, consécutif à la collision aviaire, a pu se traduire par la défaillance d’un hublot de cabine.

Ce type d’analyse, minutieux et rigoureux, vise avant tout à tirer des enseignements pour renforcer la sécurité. Les conclusions permettront, le cas échéant, de formuler des recommandations sur la conception, la maintenance ou les procédures. En attendant, l’essentiel demeure : grâce à la réactivité de l’équipage et à la solidarité des passagers, l’incident n’a pas fait de victime.

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