Léon Marchand vise ses premiers Mondiaux en petit bassin à Pékin en décembre

Léon Marchand vise ses premiers Mondiaux en petit bassin à Pékin en décembre

Un objectif inédit assumé par Léon Marchand

On le savait insatiable, le voilà en quête d’une expérience qu’il n’a encore jamais vécue. Léon Marchand, star incontestée de la natation française et quadruple champion olympique aux Jeux de Paris 2024, a fixé un cap qui sort de ses habitudes : disputer ses premiers Championnats du monde en petit bassin. La compétition se tiendra à Pékin, en Chine, du 1er au 6 décembre 2026.

« C’est un objectif pour moi cette année », a lâché le nageur lors des Championnats d’Europe, avec la simplicité qui le caractérise. Une phrase courte, mais lourde de sens : jamais le Toulousain n’a pris part à une grande compétition internationale dans un bassin de 25 mètres. Lui qui a écrit sa légende dans le grand bain olympique de 50 mètres s’apprête à découvrir un format plus court, plus nerveux, où chaque virage compte double.

Le petit bassin, un exercice à part entière

Le petit bassin n’est pas une simple miniature du grand. Sur 25 mètres, les nageurs multiplient les virages et les coulées, ces phases sous l’eau où la technique et l’explosivité font la différence. Les chronos y sont naturellement plus rapides, et l’art du placement, de la poussée au mur et de la relance devient déterminant. Autant dire un terrain taillé pour un nageur complet et technique comme Marchand.

Le Français n’y est d’ailleurs pas totalement étranger sur le papier : il détient le record du monde du 200 m 4 nages en petit bassin, une marque de référence établie à Singapour. Une preuve que ses qualités s’expriment aussi dans ce format, même s’il ne l’a encore jamais mis à l’épreuve d’un grand rendez-vous international.

Le 4 nages, terrain de prédilection

Impossible d’évoquer Léon Marchand sans citer le 4 nages individuel, sa spécialité reine. C’est dans cette discipline exigeante, qui enchaîne papillon, dos, brasse et nage libre, qu’il a bâti son statut de phénomène mondial. Le petit bassin devrait mettre en valeur cette polyvalence : la capacité à changer de nage, à gérer les transitions et à négocier les virages y prend une dimension encore plus stratégique.

À Pékin, le nageur pourra donc s’appuyer sur ce qui fait sa force, tout en explorant un contexte de course inédit. Un défi qui a de quoi séduire un compétiteur toujours en quête de nouvelles sensations et de nouveaux repères.

Un timing « un peu délicat » assumé

Le champion ne s’en cache pas : le calendrier n’est pas idéal. Il a lui-même qualifié le timing de « un peu délicat », coincé entre la période des vacances et l’impératif de préparation. Une échéance en décembre suppose en effet de rester affûté à un moment de l’année où beaucoup de sportifs lèvent le pied.

Mais c’est aussi là que réside l’intérêt du projet : pour Marchand, ces Mondiaux en petit bassin ressemblent à une parenthèse choisie, un objectif qu’il se fixe par goût du défi plutôt que par obligation. Loin de la pression des Jeux olympiques, l’épreuve pékinoise s’apparente à un laboratoire grandeur nature, où le nageur pourra tester, apprendre et prendre du plaisir.

La Coupe du monde d’octobre en rampe de lancement

Pour arriver prêt en Chine, le champion a tracé un chemin balisé. La Coupe du monde de natation 2026, disputée sur le circuit baptisé « Route de la soie » (Silk Road), fera office de préparation idéale. Trois étapes s’enchaîneront au cœur de l’Asie centrale :

  • Bakou, en Azerbaïdjan, du 1er au 3 octobre 2026 ;
  • Tachkent, en Ouzbékistan, du 8 au 10 octobre 2026 ;
  • Astana, au Kazakhstan, du 15 au 17 octobre 2026.

Ces rendez-vous, disputés eux aussi en petit bassin, permettront à Marchand de retrouver ses sensations de course, d’affiner ses virages et de jauger sa forme avant l’échéance de décembre. Un enchaînement précieux pour un nageur qui aborde ce format des grands championnats pour la première fois.

Bob Bowman et un horizon tourné vers 2028

Installé aux États-Unis, Léon Marchand poursuit sa progression sous la houlette de Bob Bowman, l’entraîneur qui a façonné les plus grands. Sous sa direction, le Français ne se contente pas de peaufiner ses points forts : il élargit son répertoire. Il a ainsi exploré de nouvelles disciplines, comme le 400 m nage libre, à l’occasion de l’US Open.

Cette curiosité s’inscrit dans une vision de long terme, avec en ligne de mire les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Chaque compétition, y compris ces Mondiaux en petit bassin, devient une brique supplémentaire dans la construction d’un athlète toujours plus complet, capable de se réinventer sans cesse.

Un défi qui promet du spectacle

En choisissant de se frotter au petit bassin, Léon Marchand envoie un signal réjouissant à tous les amateurs de natation : l’appétit du champion reste intact, et son envie d’explorer de nouveaux terrains ne faiblit pas. Pékin en décembre s’annonce comme un rendez-vous à part, où le public pourra découvrir le prodige français dans un décor et un format inédits.

La route est tracée, jalonnée par les étapes de Bakou, Tachkent et Astana. Au bout du chemin, une semaine de courses dans la capitale chinoise et, peut-être, de nouvelles pages à écrire pour l’un des plus grands nageurs de sa génération. Un défi mené avec le sourire, pour le goût de la performance et le plaisir de repousser encore ses limites.

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