En bref : depuis le 1er juillet 2026, un droit de douane forfaitaire d’environ 3 € par catégorie tarifaire d’article s’applique aux colis de 150 € ou moins importés dans l’Union européenne. Il a pris le relais de la taxe française provisoire de 2 €, suspendue le 30 juin. Un prélèvement complémentaire est prévu à partir du 1er novembre 2026.
D’une taxe nationale à un droit de douane européen
La France avait instauré, le 1er mars 2026, une taxe nationale provisoire de 2 € par colis pour endiguer le flot de petits envois en provenance de pays hors Union européenne. Ce dispositif a été suspendu le 30 juin 2026, remplacé dès le lendemain par une mesure à l’échelle des Vingt-Sept. Dans un marché unique, maintenir une taxe purement nationale en plus du nouveau cadre européen ne se justifiait plus.
Depuis le 1er juillet 2026, les colis d’une valeur inférieure ou égale à 150 € importés dans l’Union relèvent donc d’un droit de douane forfaitaire d’environ 3 €. Ce montant est acquitté par les plateformes de vente en ligne et non directement par le consommateur au moment de la livraison. Les recettes sont perçues par l’Union européenne, qui en reverse une part à l’État qui réceptionne et dédouane les colis.
Un forfait calculé par catégorie de produit
La logique du dispositif repose sur la notion de catégorie tarifaire. Le forfait n’est pas appliqué par colis ni par article, mais par type de produit présent dans l’envoi. Concrètement :
- Un colis contenant trois t-shirts identiques ne déclenche le forfait qu’une seule fois, soit environ 3 €.
- Un colis regroupant un t-shirt et une coque de téléphone relève de deux catégories différentes : il est facturé deux fois, soit environ 6 €.
- Plus un panier mélange des familles de produits variées, plus le coût total du forfait grimpe.
Ce mode de calcul cible en priorité les commandes hétéroclites à petit prix, très fréquentes sur les places de marché asiatiques, tout en préservant les envois plus homogènes.
Shein, Temu et AliExpress dans le viseur
L’objectif affiché par les autorités européennes est de rétablir une forme d’équité fiscale et douanière face aux géants du commerce en ligne extra-européen, longtemps favorisés par l’exonération dont bénéficiaient les envois de faible valeur. Shein, Temu et AliExpress sont les principaux concernés, tant leurs volumes d’envois vers l’Europe sont massifs.
Les plateformes ont toutefois réagi rapidement. Selon plusieurs observateurs du secteur, une partie du fret a été réorientée vers d’autres pays de l’Union, la Belgique étant souvent citée, avant d’acheminer les colis par la route jusqu’en France. Cette stratégie de contournement complique le suivi du dispositif et illustre la difficulté de faire respecter une règle commune sur un marché aussi vaste.
Quel impact pour le consommateur ?
Pour l’acheteur, la mesure se traduit potentiellement par une hausse du prix final, même si le droit est officiellement dû par la plateforme. Selon la manière dont chaque enseigne choisit de répercuter ou d’absorber ce coût, la facture peut rester stable ou augmenter, en particulier sur les paniers mélangeant plusieurs catégories de produits. La transparence sur ce point varie fortement d’une plateforme à l’autre.
Au-delà du prix, le dispositif s’inscrit dans une réflexion plus large sur la sécurité des produits, la concurrence avec les commerçants européens et l’empreinte environnementale des envois individuels à très bas coût.
Un prélèvement supplémentaire à partir de novembre 2026
Le dispositif n’est pas figé. À partir du 1er novembre 2026, une redevance européenne destinée à couvrir les frais de gestion des flux de colis viendra compléter le droit de douane forfaitaire. Le Conseil de l’Union européenne a validé son principe début septembre : les États membres devront l’appliquer au plus tard le 1er novembre, la Commission européenne étant chargée d’en fixer le montant précis avant cette échéance.
Le gouvernement français a évoqué un ordre de grandeur d’environ 2 € par colis, un chiffre qui devra toutefois être confirmé par les textes d’application. Cette redevance viserait à financer les coûts logistiques et de contrôle liés à l’afflux de petits envois, sans se substituer au droit de douane déjà en vigueur.
Ce qu’il faut retenir
- Depuis le 1er juillet 2026, un droit de douane forfaitaire d’environ 3 € par catégorie d’article s’applique aux colis de 150 € ou moins importés hors UE.
- Il a remplacé la taxe française provisoire de 2 €, en vigueur du 1er mars au 30 juin 2026.
- Le forfait se calcule par catégorie de produit : plusieurs familles d’articles dans un même colis multiplient le coût.
- Shein, Temu et AliExpress sont visés, mais contournent en partie la mesure en réorientant leur fret via d’autres pays de l’Union.
- Une redevance européenne pour frais de gestion, estimée autour de 2 € par colis, s’ajoutera à partir du 1er novembre 2026.




