Le leasing social remis sur les rails en juin 2026
Très attendu par les ménages modestes et par les professionnels contraints de se déplacer quotidiennement, le leasing social des véhicules électriques fait son grand retour. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé le 10 avril 2026 la relance du dispositif, avec un objectif ambitieux : rendre accessible la voiture électrique à celles et ceux pour qui l’achat neuf reste hors de portée.
Dès le mois de juin 2026, 50 000 véhicules électriques seront disponibles à la location longue durée, à partir de 100 euros par mois. Un loyer de référence qui correspond à la fourchette basse, les prix pouvant monter jusqu’à 200 euros par mois pour les SUV électriques.
Les critères techniques imposés aux véhicules éligibles
Pour figurer dans le catalogue du leasing social, un véhicule doit cocher plusieurs cases précises, pensées pour favoriser la production européenne et une consommation énergétique maîtrisée :
- Motorisation 100 % électrique. Les hybrides rechargeables et les véhicules thermiques sont exclus.
- Un score environnemental supérieur ou égal à 60, selon le référentiel de l’ADEME, qui intègre le bilan carbone de la production du véhicule et de sa batterie.
- Un poids total inférieur à 2,4 tonnes, un plafond qui écarte les très gros SUV électriques importés.
- Un prix catalogue inférieur à 47 000 euros.
- Une production en Europe, un critère géopolitique majeur destiné à soutenir l’industrie automobile du continent face à la concurrence asiatique.
Ces critères cumulés excluent de nombreux modèles chinois importés, qui avaient profité de la première vague du leasing social en 2024 au grand dam des constructeurs européens.
Les modèles éligibles : une offre élargie
La liste provisoire des modèles disponibles fait la part belle aux constructeurs français et européens. Renault, Stellantis et Kia figurent en bonne place.
Le catalogue Renault
Le losange présente une gamme particulièrement fournie, avec quatre modèles éligibles :
- Renault Twingo E-Tech : la citadine ultra-urbaine, relancée en version électrique, idéale pour les petits trajets domicile-travail.
- Renault 5 E-Tech : le retour nostalgique d’une icône, modernisée et repositionnée sur le segment le plus dynamique du marché.
- Renault 4 E-Tech : la cousine plus pratique de la R5, avec un coffre plus généreux et une polyvalence accrue pour les familles.
- Renault Mégane E-Tech : la compacte familiale, au haut de la fourchette tarifaire.
Les propositions Stellantis
Le groupe issu de la fusion PSA-FCA aligne plusieurs modèles :
- Citroën ë-C3 : la nouvelle citadine électrique abordable, produite en Europe, qui cible directement le leasing social.
- Fiat Grande Panda : la version électrique de la Panda, avec un style distinctif et une motorisation adaptée à l’usage quotidien.
- Peugeot e-208 : la best-seller du lion, restylée et assemblée en Espagne.
L’outsider asiatique produit en Europe
Dernière arrivée sur la liste, la Kia EV4, dont la production est assurée en Europe pour respecter le critère de provenance. Une berline compacte électrique qui vient concurrencer frontalement la Mégane E-Tech.
Combien ça coûte vraiment ?
Le chiffre mis en avant par le gouvernement, 100 euros par mois, correspond à l’entrée de gamme. En pratique, les loyers s’échelonnent entre 82 et 199 euros par mois selon les modèles et les options choisies.
Concrètement, on peut retenir :
- 82 à 110 euros par mois pour les citadines d’entrée de gamme (Twingo E-Tech, ë-C3, e-208).
- 100 à 140 euros par mois pour la majorité des modèles compacts (R5, R4, Grande Panda).
- Jusqu’à 199 euros par mois pour les modèles plus cossus type SUV électriques ou berlines compactes haut de gamme (Mégane E-Tech, Kia EV4).
À ces loyers s’ajoutent généralement l’assurance, l’entretien (selon formule) et le coût de la recharge, qui reste largement inférieur au plein d’essence ou de diesel.
Qui peut bénéficier du leasing social ?
L’accès au dispositif repose sur des critères de revenu fiscal et d’usage du véhicule. Objectif : cibler les ménages modestes et les travailleurs pour qui la voiture est une nécessité, non un luxe.
Le critère de revenu
Le revenu fiscal de référence par part doit être inférieur à 16 300 euros. Un plafond qui englobe une large partie des classes populaires et moyennes inférieures.
Le critère d’usage
L’un des deux critères suivants doit être rempli :
- Une distance domicile-travail supérieure à 15 kilomètres, pour les salariés pendulaires des zones périurbaines et rurales.
- Un usage professionnel supérieur à 8 000 kilomètres par an, pour les artisans, aides à domicile et autres métiers de terrain.
Un élargissement des publics cibles
Le dispositif 2026 ouvre explicitement ses portes à plusieurs catégories professionnelles clés :
- Les aides à domicile, dont les tournées quotidiennes exigent un véhicule fiable et économique.
- Les aides soignantes, souvent contraintes de se déplacer entre plusieurs sites de travail.
- Les infirmières libérales, grosses consommatrices de kilomètres.
- Les artisans, pour leurs petits déplacements de chantier.
- L’ensemble des salariés du public et du privé, sous réserve de respecter les critères de revenu et de distance.
Comment en bénéficier concrètement ?
Le dispositif fonctionne via une plateforme dédiée, en ligne, sur laquelle les candidats déposent leur dossier. Les étapes-clés :
- Vérifier son éligibilité avec son avis d’imposition (revenu fiscal de référence par part) et un justificatif d’usage professionnel.
- Choisir son modèle dans le catalogue.
- Constituer le dossier avec les pièces justificatives demandées.
- Signer le contrat de location longue durée (LLD) auprès du concessionnaire ou loueur partenaire.
- Récupérer son véhicule, généralement dans les semaines qui suivent.
La durée du contrat est généralement de trois ans, au terme desquels le locataire rend le véhicule, en change pour un modèle plus récent ou, dans certains cas, peut exercer une option d’achat.
Les limites et vigilances à connaître
Le leasing social n’est pas exempt de points de vigilance. Les candidats doivent s’attacher à plusieurs éléments du contrat :
- Le plafond kilométrique annuel, souvent fixé entre 10 000 et 15 000 km. Tout dépassement entraîne une facturation supplémentaire.
- Les frais de restitution, appliqués en cas de dommages ou d’usure anormale.
- Le coût de la recharge, qui suppose idéalement de disposer d’une solution à domicile ou au travail.
- Le dépôt de garantie, parfois exigé selon les offres.
Les associations de consommateurs recommandent de comparer plusieurs offres, y compris hors dispositif, avant de s’engager.
Un outil de politique industrielle autant que sociale
Au-delà de sa dimension sociale, le leasing social 2026 est aussi un levier de politique industrielle. En imposant une production européenne et un poids contenu, il oriente la demande vers les usines françaises, espagnoles, italiennes, allemandes et d’Europe de l’Est.
Pour Renault et Stellantis, cette relance est une bouffée d’oxygène à un moment où la transition vers l’électrique met sous pression les carnets de commandes. Le dispositif devrait contribuer à stabiliser les volumes et à amortir les investissements consentis sur les nouvelles plateformes électriques.
Ce qu’il faut retenir
Relancé en juin 2026 par Sébastien Lecornu, le leasing social des voitures électriques permettra à des milliers de ménages modestes et de travailleurs de rouler à partir de 100 euros par mois, avec un catalogue élargi : Twingo, R5, R4, Mégane, ë-C3, Grande Panda, e-208, EV4. Les critères d’éligibilité s’ouvrent aux aides à domicile, aides soignantes, infirmières, artisans et à l’ensemble des salariés, sous condition de revenu fiscal et de distance ou d’usage professionnel. Un dispositif à la fois social et industriel, qui remet la voiture électrique à portée de bourses modestes.




