L’éco-conduite : le levier le plus puissant pour économiser du carburant
C’est le premier conseil de Valère Corréard, expert en consommation responsable, et c’est aussi le plus efficace. L’éco-conduite, cette manière de conduire en douceur et avec anticipation, permet de réduire sa consommation de carburant de 10 à 15 % selon les études de l’ADEME.
Concrètement, l’éco-conduite repose sur quelques principes fondamentaux :
- Éviter les accélérations brutales : chaque coup d’accélérateur vif envoie un surplus de carburant dans le moteur. Une montée en régime progressive consomme nettement moins.
- Anticiper les freinages : plutôt que de freiner au dernier moment, lever le pied en avance permet au moteur de ralentir naturellement, coupant l’injection de carburant.
- Maintenir une vitesse stable : les variations constantes de vitesse sont énergivores. Le régulateur de vitesse, sur autoroute, est un allié précieux.
- Passer les rapports tôt : un moteur qui tourne à bas régime consomme moins. En diesel, passer la vitesse supérieure autour de 2 000 tours/minute ; en essence, autour de 2 500 tours.
Dans l’émission « Par ici les économies » du 14 avril 2026, Valère Corréard a pris l’exemple de Stéphane, un auditeur qui parcourt 30 000 kilomètres par an. Avec une consommation moyenne de 7 litres aux 100 km et un prix du carburant à 1,80 €/litre, Stéphane dépense environ 3 780 € par an en carburant.
En adoptant l’éco-conduite, une économie de 12 % représenterait 453 € d’économies annuelles, soit l’équivalent de six pleins gratuits. Un chiffre qui donne à réfléchir et qui montre l’impact concret de ce changement de comportement.
Au-delà de l’aspect financier, l’éco-conduite réduit également l’usure des freins et des pneus, diminue les émissions de CO2 et contribue à une conduite plus sûre. C’est un cercle vertueux qui profite au portefeuille comme à l’environnement.
Retirer les barres de toit et les coffres : l’aérodynamisme, cet ennemi invisible
Le deuxième conseil de Valère Corréard est souvent négligé, et pourtant son impact est mesurable : retirer les barres de toit et les porte-vélos lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Ces accessoires, pratiques en vacances, deviennent de véritables freins aérodynamiques le reste de l’année.
Une voiture est conçue avec un profil aérodynamique optimisé. Chaque élément ajouté sur le toit — barres, coffre de toit, porte-vélos, porte-skis — perturbe l’écoulement de l’air et augmente la résistance aérodynamique, aussi appelée traînée. Or, plus la traînée est importante, plus le moteur doit fournir d’efforts pour maintenir la vitesse, et plus il consomme de carburant.
Les chiffres sont parlants :
- Des barres de toit vides augmentent la consommation de 10 à 15 % sur autoroute
- Un coffre de toit peut ajouter jusqu’à 17 % de surconsommation à 130 km/h
- Un porte-vélos de toit avec vélos représente jusqu’à 20 % de consommation supplémentaire
Pour Stéphane et ses 30 000 km annuels, laisser des barres de toit toute l’année alors qu’il ne s’en sert que pendant les vacances d’été représente un gaspillage considérable. Le geste est simple : démonter les barres et accessoires dès le retour de vacances et ne les remonter qu’au moment du départ suivant.
La même logique s’applique au poids embarqué inutilement. Un coffre rempli d’objets lourds dont on n’a pas besoin au quotidien — outils, équipements sportifs, matériel divers — alourdit le véhicule et augmente la consommation. Chaque 100 kg supplémentaires représentent environ 0,5 litre de plus aux 100 km.
Vérifier la pression des pneus : un geste simple qui fait la différence
Le troisième conseil est le plus rapide à mettre en œuvre : vérifier régulièrement la pression de ses pneus. Un geste qui prend moins de cinq minutes à la station-service et qui peut générer des économies de 5 à 10 % sur la consommation de carburant.
Des pneus sous-gonflés augmentent la surface de contact avec la route, ce qui crée une résistance au roulement plus importante. Le moteur doit alors fournir davantage d’énergie pour faire avancer le véhicule, et la consommation augmente en conséquence.
Selon les données de la Sécurité routière, un pneu sous-gonflé de 0,5 bar entraîne une surconsommation d’environ 2,4 %. À 1 bar en dessous de la pression recommandée, la surconsommation peut atteindre 6 %. Et au-delà de l’aspect économique, des pneus sous-gonflés présentent des risques sérieux pour la sécurité :
- Allongement des distances de freinage, particulièrement sur sol mouillé
- Risque accru d’éclatement, surtout par temps chaud ou sur autoroute
- Usure prématurée et irrégulière des pneumatiques, qui oblige à les remplacer plus tôt
- Dégradation de la tenue de route dans les virages et les manœuvres d’évitement
La bonne pratique consiste à vérifier la pression au moins une fois par mois, et systématiquement avant un long trajet. La pression recommandée figure sur une étiquette collée dans la portière du conducteur ou dans le manuel du véhicule. Attention : la vérification doit se faire à froid, c’est-à-dire après moins de 3 km de conduite, car la chaleur fait monter artificiellement la pression.
Pour Stéphane, qui roule 30 000 km par an, maintenir ses pneus à la bonne pression peut représenter une économie de 190 à 380 € par an, sans compter l’allongement de la durée de vie de ses pneumatiques.
Des bénéfices économiques et environnementaux
En combinant ces trois conseils — éco-conduite, aérodynamisme optimisé et pneus bien gonflés — les économies cumulées peuvent atteindre 20 à 30 % de réduction de la consommation de carburant. Pour un conducteur comme Stéphane, cela représente potentiellement plus de 1 000 € d’économies par an.
Mais l’impact ne se limite pas au portefeuille. Comme le souligne Valère Corréard, chaque litre de carburant non brûlé, c’est aussi du CO2 en moins rejeté dans l’atmosphère. Un litre d’essence produit environ 2,3 kg de CO2, et un litre de diesel environ 2,6 kg. Sur 30 000 km, une réduction de 20 % de la consommation représente plus d’une tonne de CO2 évitée chaque année.
Ces gestes, accessibles à tous et ne nécessitant aucun investissement, prouvent qu’il est possible de concilier économies financières et engagement écologique. Dans un contexte où la transition énergétique reste un sujet majeur, ils constituent un premier pas concret que chaque automobiliste peut faire dès aujourd’hui.




