En bref : le Brent a franchi 100 dollars le baril le 9 septembre 2026 et clôturé au-dessus de 107 dollars le lendemain, en hausse de plus de 20 % depuis fin août. En cause : les tensions dans le détroit d’Ormuz, par où transite une part majeure du pétrole mondial. À la pompe, le gazole dépasse 2,30 euros le litre. Le chauffage et le budget des ménages sont directement touchés.
Pourquoi le baril s’envole
Le détroit d’Ormuz, étroit passage maritime du Golfe, concentre une part considérable des exportations de pétrole et de gaz de la planète. Or, depuis la reprise des hostilités au Moyen-Orient fin août, ce corridor est perturbé. Après la destruction de plusieurs pétroliers dans la région début septembre, environ un tiers des exportations pétrolières du Golfe manquerait au marché mondial, les volumes tombant à 15-16 millions de barils par jour, contre près de 25 millions auparavant.
Face à cette raréfaction de l’offre, les cours se sont tendus. Le Brent, référence européenne, a repassé les 100 dollars le mercredi 9 septembre pour la première fois depuis juillet, avant de clôturer le lendemain à plus de 107 dollars, en hausse de plus de 6 % sur une seule séance et de plus de 20 % depuis la reprise des tensions. Cette flambée nourrit directement l’inflation, comme nous l’expliquons dans notre article sur le retour de l’inflation vers 3 % d’ici fin 2026.
À la pompe, des tarifs au plus haut
La hausse se lit déjà sur les panneaux des stations-service. Mi-septembre 2026, le prix moyen national du gazole atteignait environ 2,30 euros le litre, en hausse d’environ 41 % sur un an. Les essences suivent : le SP95-E10 avoisinait 2,13 euros, le SP95 environ 2,17 euros et le SP98 près de 2,23 euros le litre.
| Carburant | Prix moyen (mi-septembre 2026) |
|---|---|
| Gazole | ~2,30 €/L |
| SP95-E10 | ~2,13 €/L |
| SP95 | ~2,17 €/L |
| SP98 | ~2,23 €/L |
Sur ces niveaux, un plein de 50 litres de gazole revient à plus de 115 euros. Pour un ménage qui parcourt 15 000 kilomètres par an, la facture annuelle de carburant se compte en milliers d’euros, un poste qui pèse lourd, surtout pour les actifs contraints d’utiliser leur voiture au quotidien.
Le gaz et le chauffage aussi concernés
La flambée ne se limite pas au carburant. Les prix du gaz s’envolent également, une mauvaise nouvelle à quelques semaines du début de la saison de chauffe. Le gaz étant en partie indexé sur les cours mondiaux et lié aux mêmes tensions géopolitiques, les ménages chauffés au gaz ou au fioul risquent de voir leur facture d’hiver grimper sensiblement. L’électricité n’est pas totalement épargnée, une partie de la production restant liée au prix des combustibles fossiles.
Quel impact sur le budget des ménages ?
L’énergie représente une part importante des dépenses contraintes, celles que l’on peut difficilement réduire à court terme. Sa hausse rogne mécaniquement le pouvoir d’achat, déjà mis à mal par le ralentissement de l’économie et la hausse du chômage. Cette dégradation d’ensemble est analysée dans notre article sur le décrochage de l’économie française selon l’Insee.
Face à la persistance de tarifs élevés, les pouvoirs publics ont maintenu certains dispositifs de soutien, comme la prolongation d’une aide destinée aux gros rouleurs. Mais ces mesures ne compensent qu’une partie du surcoût.
Comment limiter la facture ?
Plusieurs leviers permettent d’atténuer la hausse, sans miracle mais avec des économies réelles cumulées.
- Comparer les prix à la pompe via les comparateurs et les applications : l’écart entre stations peut dépasser 10 à 15 centimes par litre.
- Adopter l’éco-conduite : allure régulière, anticipation, pneus bien gonflés et vitesse modérée peuvent réduire la consommation de 10 à 15 %.
- Privilégier le covoiturage ou les transports en commun pour les trajets réguliers quand c’est possible.
- Baisser le chauffage d’un degré : chaque degré en moins représente environ 7 % d’économie sur la consommation de chauffage.
- Isoler et entretenir : purger les radiateurs, calfeutrer les fenêtres et régler sa chaudière limitent le gaspillage.
- Vérifier son éligibilité aux aides et comparer les offres d’énergie, qui peuvent varier fortement d’un fournisseur à l’autre.
Une flambée durable ?
Tout dépendra de l’évolution des tensions géopolitiques. Un apaisement autour du détroit d’Ormuz permettrait un retour progressif des volumes sur le marché et une détente des cours. À l’inverse, une aggravation du conflit maintiendrait la pression sur les prix, avec des répercussions durables sur l’inflation et le budget des ménages tout au long de l’hiver.
Ce qu’il faut retenir
- Le baril de Brent a dépassé 100 dollars début septembre 2026, avec une hausse de plus de 20 % depuis fin août, sur fond de tensions dans le détroit d’Ormuz.
- Environ un tiers des exportations pétrolières du Golfe manquerait au marché mondial.
- À la pompe, le gazole dépasse 2,30 euros le litre, en hausse d’environ 41 % sur un an ; le gaz et le chauffage sont aussi touchés.
- La flambée pèse sur le pouvoir d’achat et alimente l’inflation à l’approche de l’hiver.
- Éco-conduite, comparaison des prix, baisse du chauffage et isolation permettent de limiter la facture.




