Budget 2027 de la Sécu : franchises médicales doublées et remboursements, ce qui changerait

Budget 2027 de la Sécu : franchises médicales doublées et remboursements, ce qui changerait

Un déficit de la Sécu que le gouvernement veut contenir

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) est le texte qui fixe chaque année les recettes et les dépenses de la Sécu : assurance maladie, retraites, famille, accidents du travail. Pour 2027, l’objectif affiché est clair : réduire le déficit. Sans mesure nouvelle, celui-ci atteindrait environ 22,6 milliards d’euros. Le gouvernement vise à le ramener aux alentours de 12,7 milliards d’euros, soit un effort de près de dix milliards.

Cet effort s’inscrit dans un cadre budgétaire plus large. Pour comprendre l’ensemble des arbitrages de l’exécutif, vous pouvez consulter notre dossier complet sur le budget 2027, qui replace ces mesures santé dans la stratégie globale de redressement des comptes publics.

L’ONDAM, le thermomètre des dépenses de santé

Derrière le sigle ONDAM se cache l’objectif national de dépenses d’assurance maladie. Concrètement, c’est le plafond que le Parlement fixe chaque année pour les dépenses de santé remboursées : consultations, médicaments, hôpital, soins de ville. Il sert de boussole pour piloter les dépenses.

Pour 2027, l’ONDAM progresserait d’environ 2 %, avec une hausse un peu plus marquée (de l’ordre de 3 %) pour les établissements de santé. Une progression maîtrisée, inférieure à l’évolution spontanée des besoins, ce qui suppose des économies ciblées pour tenir la trajectoire.

La mesure la plus visible : le doublement des franchises médicales

Commençons par une définition. Une franchise médicale est une petite somme qui reste à votre charge sur certains soins et qui n’est pas remboursée par l’Assurance maladie : une partie du prix sur chaque boîte de médicament, sur certains actes ou consultations, par exemple. Elle est plafonnée sur l’année pour éviter que la facture ne s’envole.

Le PLFSS 2027 prévoit le doublement de ce plafond annuel, qui passerait de 50 à 100 euros pour les médicaments, et de 50 à 100 euros également pour les actes et consultations concernés. Au total, cette mesure représenterait environ 750 millions d’euros laissés à la charge des ménages. Un point important : une partie de ces économies passerait par décret, c’est-à-dire sans attendre le vote du Parlement, ce qui accélère leur entrée en vigueur.

Pour un assuré qui consomme beaucoup de soins ou de médicaments au fil de l’année, l’effet est direct : le reste à charge peut augmenter de plusieurs dizaines d’euros une fois l’ancien plafond dépassé.

Cinq leviers d’économies sur la santé

Le doublement des franchises n’est qu’une partie d’un ensemble plus vaste. Au total, environ 2,15 milliards d’euros d’économies « santé » seraient recherchées à travers cinq mesures :

  • Le doublement des franchises médicales évoqué ci-dessus.
  • Une baisse des remboursements dentaires.
  • Une révision des remboursements sur les dispositifs médicaux (matériel, appareillages).
  • Une diminution de la prise en charge des transports sanitaires.
  • Un moindre remboursement des médicaments à faible service médical rendu, c’est-à-dire ceux dont l’intérêt thérapeutique est jugé limité.

Chacun de ces leviers réduit la part prise en charge par la Sécu et, mécaniquement, augmente ce qui reste à payer pour le patient ou pour sa complémentaire santé.

Arrêts maladie et transfert vers les mutuelles

Deux autres pistes complètent le tableau. La première concerne la durée d’indemnisation de certains arrêts maladie, qui pourrait être resserrée, notamment pour les affections de longue durée dites « non exonérantes ». La seconde consiste à transférer une partie des dépenses vers les complémentaires santé, autrement dit les mutuelles.

Ce transfert mérite une attention particulière : ce que la Sécu ne rembourse plus, la mutuelle peut le prendre en charge, mais cela peut à terme se répercuter sur le montant des cotisations. C’est donc un point à surveiller pour qui veut anticiper l’évolution de son budget santé.

Quel impact concret sur votre reste à charge ?

Le reste à charge, c’est la somme que vous payez réellement, une fois déduits les remboursements de la Sécu et de votre mutuelle. Les mesures du PLFSS 2027 jouent toutes dans le même sens : elles tendent à le faire augmenter, soit directement (franchises plus élevées), soit indirectement (remboursements réduits, dépenses transférées aux complémentaires).

Quelques réflexes utiles pour s’y préparer : vérifier les garanties de votre contrat de complémentaire santé, privilégier les parcours de soins coordonnés, et rester attentif aux médicaments dont le remboursement évolue. Ces questions de pouvoir d’achat ne concernent d’ailleurs pas que la santé : elles s’articulent avec l’ensemble des prestations sociales en 2027, dont les allocations et les APL.

Un texte encore susceptible d’évoluer

Il faut le rappeler avec prudence : à ce stade, le PLFSS 2027 est un projet. Les montants et les mesures présentés ici correspondent aux orientations connues au 1er octobre 2026, mais le débat parlementaire peut les modifier, les atténuer ou les supprimer. Certaines dispositions, prises par décret, pourraient toutefois s’appliquer plus rapidement que d’autres.

Ces arbitrages de la Sécurité sociale vont de pair avec d’autres chantiers sensibles, au premier rang desquels les retraites et pensions en 2027, qui relèvent aussi du financement de la protection sociale. En suivant ces trois dossiers conjointement — santé, retraites et prestations — vous disposez d’une vision claire de ce qui pourrait peser, ou soulager, votre budget l’an prochain.

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