DAS des smartphones : comprendre les seuils et réduire son exposition aux ondes

DAS des smartphones : comprendre les seuils et réduire son exposition aux ondes

Qu’est-ce que le DAS exactement ?

Le DAS, ou Débit d’Absorption Spécifique (en anglais SAR, pour Specific Absorption Rate), mesure la quantité d’énergie électromagnétique absorbée par le corps humain lorsqu’il est exposé aux ondes radiofréquences émises par un appareil, en l’occurrence un téléphone mobile. Il s’exprime en watts par kilogramme (W/kg) de tissu.

Concrètement, plus la valeur du DAS est élevée, plus la puissance absorbée par les tissus est importante. Cet indice ne dit rien d’un éventuel danger avéré : il sert de repère réglementaire, calibré avec de larges marges de sécurité par rapport au seul effet des ondes reconnu à ce jour, à savoir un très léger échauffement des tissus. Le DAS d’un appareil est mesuré dans des conditions normalisées, à pleine puissance d’émission, sur une durée de six minutes et pour une masse de tissu de dix grammes.

Les trois valeurs de DAS à connaître

Depuis le 1er juillet 2020, les fabricants ont l’obligation d’afficher trois valeurs de DAS distinctes sur les notices, les emballages et les points de vente, en boutique comme sur les sites internet. Ces trois mesures correspondent à trois usages différents :

  • Le DAS tête : mesuré lorsque le téléphone est placé contre l’oreille, en position d’appel.
  • Le DAS tronc : mesuré lorsque l’appareil est porté près du corps, par exemple dans une poche ou à la ceinture.
  • Le DAS membres : mesuré au contact des mains, des bras ou des jambes, par exemple lors d’une utilisation posée sur les cuisses.

Ces trois valeurs permettent de comparer les appareils entre eux selon l’usage que l’on en fait le plus souvent. Un smartphone peut afficher un excellent DAS tête mais un DAS tronc plus élevé, ou l’inverse.

Les seuils réglementaires en France et en Europe

La réglementation européenne, transposée en droit français, fixe des plafonds à ne pas dépasser. Ils sont identiques dans toute l’Union européenne :

  • DAS tête : 2 W/kg maximum.
  • DAS tronc : 2 W/kg maximum.
  • DAS membres : 4 W/kg maximum.

En France, ces limites découlent du décret n° 2002-775 du 3 mai 2002. Tout terminal mis sur le marché doit impérativement respecter ces valeurs pour pouvoir être commercialisé. Un appareil dont le DAS dépasse ces seuils est jugé non conforme et doit être retiré de la vente ou mis à jour.

C’est l’Agence nationale des fréquences (ANFR) qui veille au respect de ces obligations en France. Elle prélève régulièrement des modèles vendus dans le commerce, les fait tester en laboratoire indépendant et publie les résultats. En cas de dépassement, elle peut exiger un retrait du marché, une mise à jour logicielle ou infliger des sanctions. Plusieurs modèles ont ainsi été épinglés ces dernières années : nous avons détaillé l’un de ces cas récents dans notre article sur les smartphones retirés de la vente par l’ANFR.

Comment connaître le DAS de son téléphone

Plusieurs méthodes simples permettent de retrouver les valeurs de DAS de votre appareil :

  • La boîte et la notice : les trois valeurs y sont obligatoirement indiquées depuis 2020. C’est la source la plus directe si vous avez conservé l’emballage.
  • Le site du fabricant : chaque constructeur publie les fiches techniques de ses modèles, DAS compris. Une recherche avec le nom du téléphone suffit généralement.
  • La fiche produit du revendeur : les sites de vente en ligne affichent obligatoirement le DAS des smartphones qu’ils commercialisent.
  • Le site de l’ANFR : l’agence met à disposition une base de données publique regroupant les mesures de DAS réalisées sur de nombreux modèles.

Pour comparer deux appareils, veillez à confronter des valeurs de même nature (DAS tête avec DAS tête, par exemple) et à privilégier l’usage qui correspond à votre pratique. Si vous téléphonez beaucoup collé à l’oreille, le DAS tête sera votre repère prioritaire.

Les gestes simples pour réduire son exposition

Même si les appareils commercialisés respectent la réglementation, plusieurs autorités sanitaires recommandent, par précaution, de limiter son exposition aux ondes. Voici les gestes les plus efficaces, faciles à adopter au quotidien :

  • Utiliser un kit mains libres ou des écouteurs : éloigner le téléphone de la tête pendant les appels réduit fortement l’exposition, car la puissance absorbée diminue très vite avec la distance.
  • Ne pas coller l’appareil à l’oreille : privilégier le haut-parleur ou tenir le téléphone légèrement écarté lors des conversations.
  • Éviter de téléphoner quand le réseau est faible : lorsque le signal est mauvais (une seule barre, sous-sol, ascenseur, train en mouvement), le téléphone augmente sa puissance d’émission pour rester connecté, ce qui accroît l’exposition. Mieux vaut attendre un meilleur réseau.
  • Privilégier les SMS et les messageries pour les échanges courts, plutôt que de multiplier les appels collés à l’oreille.
  • Éloigner le téléphone du corps la nuit : éviter de dormir avec l’appareil sous l’oreiller ; le laisser à distance ou en mode avion.
  • Ne pas garder le téléphone dans une poche intérieure près d’organes sensibles pendant de longues durées, surtout en cas de réseau faible.
  • Choisir un modèle à faible DAS lors de l’achat, à performances équivalentes.

Ces recommandations concernent particulièrement les enfants et adolescents, dont l’usage doit être encadré et modéré, ainsi que les personnes qui téléphonent de manière intensive. Il ne s’agit pas de céder à la panique : aucun lien de cause à effet clairement établi n’existe à ce jour entre l’usage normal d’un téléphone conforme et un risque avéré pour la santé. Mais adopter ces réflexes de bon sens ne coûte rien et relève d’une prudence raisonnable.

Ce qu’il faut retenir

  • Le DAS mesure l’énergie des ondes absorbée par le corps, exprimée en watts par kilogramme (W/kg).
  • Trois valeurs sont affichées obligatoirement depuis 2020 : tête, tronc et membres.
  • Les seuils réglementaires en France et en Europe sont de 2 W/kg pour la tête et le tronc, et 4 W/kg pour les membres.
  • Le DAS de votre appareil figure sur la boîte, la notice, le site du fabricant ou la base de données de l’ANFR, chargée du contrôle.
  • Pour réduire son exposition : kit mains libres, ne pas coller le téléphone à l’oreille, éviter d’appeler en faible réseau et éloigner l’appareil du corps la nuit.
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