Une chute de 40 % depuis le pic du 16 juin
La séquence est spectaculaire. Depuis son pic du 16 juin, l’action SpaceX a chuté de 40 %, effaçant près de 1 200 milliards de dollars de capitalisation boursière. En l’espace d’un mois, l’une des plus grosses valorisations jamais vues à Wall Street a fondu, prenant à revers les investisseurs qui s’étaient rués sur le titre lors de son introduction.
Cette correction illustre la violence des retournements de marché lorsque l’enthousiasme initial se heurte à la réalité des fondamentaux. Après un envol fulgurant, la valeur a effacé l’essentiel de ses gains, ramenant sa valorisation près de son point de départ.
Retour sur une IPO record
Il faut dire que l’entrée en Bourse avait marqué les esprits. L’IPO a eu lieu le 12 juin à Wall Street, avec une levée record de 86 milliards de dollars. Dès le premier jour de cotation, la capitalisation dépassait les 2 000 milliards de dollars, hissant immédiatement l’entreprise parmi les géants de la cote.
Le titre s’était envolé jusqu’à 225,64 dollars, soit une hausse de 67 % par rapport à son cours d’introduction de 135 dollars. Mais l’emballement n’a pas duré : l’action a finalement clôturé à 135,27 dollars, quasiment à son prix d’introduction, après être même tombée à 132,15 dollars en séance. Le signe, déjà, d’un marché hésitant.
Des doutes sur la rentabilité
Derrière la chute, les marchés nourrissent des interrogations de fond sur les comptes. SpaceX a affiché des pertes opérationnelles de 2,6 milliards de dollars en 2025 et consomme d’importantes quantités de trésorerie. Cette consommation de cash pèse sur la confiance : une entreprise qui brûle des liquidités doit convaincre qu’elle atteindra la rentabilité avant d’épuiser ses ressources.
Tant que ces pertes persistent, les investisseurs restent attentifs à la trajectoire financière. L’écart entre la promesse de croissance et la réalité des résultats est au cœur des doutes qui ont fait plier le titre.
Une valorisation jugée excessive
Le deuxième point de crispation concerne la valorisation. Le titre s’échangeait à 95 fois les revenus, un multiple particulièrement élevé. À titre de comparaison, Nvidia, autre valeur technologique emblématique, se traite autour de 24 fois ses revenus. Un tel niveau suppose des perspectives de croissance exceptionnelles pour être justifié.
Ce décalage a alimenté un signal de bulle. Ludovic Subran, chef économiste d’Allianz, avait d’ailleurs pointé une émission obligataire intervenue peu après l’IPO comme un exemple de zone de bulle. Quand une valorisation repose davantage sur l’espérance que sur les résultats, le moindre doute peut déclencher une correction brutale, ce qui s’est vérifié ici.
Le Starship, catalyseur attendu
Malgré la déroute boursière, tous les regards se tournent vers le prochain Starship. Ce lanceur de nouvelle génération est vu par les marchés comme le catalyseur capable de relancer la dynamique. Une démonstration réussie pourrait redonner de la crédibilité au récit de croissance et rassurer sur la capacité de l’entreprise à concrétiser ses ambitions.
À l’inverse, un nouveau contretemps prolongerait la période de doute. Le calendrier et le succès de ce programme joueront donc un rôle décisif dans la perception des investisseurs au cours des prochains mois.
Une correction après l’euphorie
Cette séquence rappelle un schéma classique : une introduction spectaculaire, un envol porté par l’enthousiasme, puis une correction lorsque les marchés réévaluent les fondamentaux. Les premiers signes de retournement étaient déjà perceptibles, comme le montrait notre article sur le reflux du titre une fois l’enthousiasme retombé, dans le prolongement de l’IPO record de SpaceX.
Pour l’investisseur, la leçon est celle de la prudence face aux valorisations extrêmes. La suite de l’histoire dépendra de la capacité de l’entreprise à réduire ses pertes et à livrer les avancées technologiques attendues, à commencer par le prochain Starship.
Ce qu’il faut retenir
- L’action SpaceX a chuté de 40 % depuis son pic du 16 juin, effaçant près de 1 200 milliards de dollars de capitalisation.
- L’IPO du 12 juin avait battu des records : 86 milliards de dollars levés et plus de 2 000 milliards de capitalisation dès le premier jour.
- Le titre, monté à 225,64 dollars, a clôturé à 135,27 dollars, quasi son cours d’introduction de 135 dollars.
- Les doutes portent sur des pertes de 2,6 milliards en 2025 et une valorisation à 95 fois les revenus (contre 24 pour Nvidia).
- Le prochain Starship est vu comme le catalyseur susceptible de relancer la valeur.




