Sophie Adenot deuxième Française dans l'espace : la mission Crew-12 SpaceX décolle

Sophie Adenot deuxième Française dans l'espace : la mission Crew-12 SpaceX décolle

Sophie Adenot, la 2e Française dans l\'espace

Il aura fallu attendre presque trois décennies pour qu\'une deuxième Française rejoigne l\'espace. Après le vol pionnier de Claudie Haigneré en 1996 à bord du complexe orbital Mir, puis un second séjour en 2001 vers l\'ISS, aucune autre femme française n\'avait été sélectionnée pour un vol habité. En 2022, l\'Agence spatiale européenne annonce le recrutement de Sophie Adenot parmi la nouvelle promotion des astronautes européens, avec Raphaël Liégeois pour la Belgique et plusieurs collègues d\'autres nationalités.

En 2026, Sophie Adenot franchit une nouvelle étape en étant affectée à la mission Crew-12 de SpaceX. Cette assignation la propulse au rang de deuxième Française à voler dans l\'espace, une distinction qui a une valeur symbolique forte dans un pays où le programme spatial national reste une fierté populaire, mais où la représentation féminine dans les vols habités demeure exceptionnelle.

Le décollage aura lieu depuis le complexe de lancement 39A du Kennedy Space Center en Floride, à bord d\'une fusée Falcon 9 surmontée d\'une capsule Crew Dragon. La mission durera six mois, avec un retour prévu au premier semestre 2027 par amerrissage au large de la côte américaine.

La mission Crew-12 en détail

Crew-12 est la douzième mission opérationnelle du programme Commercial Crew de la NASA, qui confie le transport des astronautes vers l\'ISS à des acteurs privés depuis 2020. SpaceX en est le partenaire principal, avec Boeing en second rideau. La capsule Crew Dragon utilisée pour Crew-12 est probablement Endurance ou Resilience, deux capsules réutilisables déjà éprouvées.

Le lancement est planifié dans la fenêtre du second semestre 2026. Après environ 24 heures de vol libre, la capsule s\'amarre au module Harmony de l\'ISS. Sophie Adenot et ses coéquipiers rejoignent alors l\'équipage résident, portant l\'effectif de la station à sept ou huit personnes pendant plusieurs semaines de recouvrement, puis à quatre après le retour de l\'expédition précédente.

Pendant six mois, les astronautes suivent un planning millimétré : maintenance de la station, sorties extravéhiculaires éventuelles, expériences scientifiques, exercices physiques quotidiens, communication avec les sols, activités éducatives. Le rythme est intense, avec en moyenne dix à douze heures de travail par jour, six jours sur sept.

L\'équipage international

Sophie Adenot ne monte pas seule à bord. L\'équipage de Crew-12 est composé de quatre astronautes de trois agences spatiales différentes. Jessica Meir, astronaute chevronnée de la NASA, occupe le poste de commandant. Elle est connue pour sa participation en 2019 à la première sortie extravéhiculaire uniquement féminine de l\'histoire.

Jack Hathaway, également de la NASA, occupe le poste de pilote. Ingénieur aéronautique, il pilote la capsule pendant les phases sensibles d\'amarrage automatique et de rentrée atmosphérique. Andrey Fedyaev, cosmonaute de Roscosmos, complète l\'équipage. Sa présence illustre la coopération russo-américaine qui perdure sur l\'ISS malgré les tensions géopolitiques.

Sophie Adenot occupe le poste de spécialiste de mission, avec des responsabilités sur plusieurs expériences scientifiques européennes. Sa formation multilingue et son expérience de pilote lui permettent d\'assurer également des tâches de communication et de coordination, aussi bien avec Houston qu\'avec le centre de contrôle européen de Cologne.

Le programme scientifique de 6 mois

Le séjour de six mois est mis à profit pour mener plusieurs dizaines d\'expériences scientifiques. L\'ESA contribue à ce programme avec des recherches sur la physiologie humaine en microgravité, un domaine crucial pour préparer les futurs vols de longue durée vers la Lune et Mars.

Les expériences incluent des études sur la perte osseuse et musculaire, sur les modifications du système cardiovasculaire, sur les troubles du sommeil et sur les effets du rayonnement cosmique. Des dispositifs mesurent en continu les paramètres biologiques des astronautes et transmettent les données au sol pour analyse.

La science des matériaux fait également partie du programme, avec des expériences de croissance cristalline, de formation d\'alliages métalliques ou de comportement des fluides en apesanteur. La biologie n\'est pas oubliée : cultures cellulaires, développement de plantes, réactions immunitaires. Enfin, la station accueille des expériences de robotique et de télérobotique, ainsi que des observations de la Terre grâce aux hublots dédiés.

Sophie Adenot est plus particulièrement affectée à plusieurs expériences françaises, dont certaines menées en partenariat avec le CNES et des laboratoires universitaires. Un volet éducatif l\'associera régulièrement à des classes en France pour partager son quotidien orbital.

Un parcours d\'exception

Le parcours de Sophie Adenot impressionne. Née en 1982 à Épinal, dans les Vosges, elle intègre l\'Institut supérieur de l\'aéronautique et de l\'espace de Toulouse, l\'ISAE-SUPAERO, dont elle sort diplômée ingénieure. Elle poursuit une expérience de recherche au MIT à Boston, avant de rejoindre l\'armée de l\'air en tant que pilote d\'hélicoptère de combat.

Pendant plusieurs années, elle participe à des opérations en France et à l\'étranger, accumulant plus de 3 000 heures de vol sur différentes machines. Cette formation opérationnelle en fait une pilote expérimentée, habituée à gérer le stress et les imprévus, deux qualités essentielles pour un astronaute. Elle est également titulaire d\'un MBA de HEC, gage d\'une culture large.

En 2022, elle passe le concours de sélection de l\'ESA, une épreuve exigeante qui comprend des tests physiques, psychologiques, techniques et médicaux. Sur plus de 22 000 candidats, elle fait partie des cinq astronautes titulaires retenus par l\'agence européenne. Depuis, elle a suivi la formation intensive au Centre européen des astronautes de Cologne, avec des stages spécifiques à Houston, à Star City en Russie et à Tsukuba au Japon.

Son affectation à la mission Crew-12 récompense trois années de préparation. Au-delà du symbole, elle marque le retour d\'une visibilité forte de la France dans les vols habités, à l\'heure où le pays réinvestit dans le spatial via France 2030 et où le CNES joue un rôle croissant dans les programmes lunaires. Une nouvelle génération d\'astronautes français prend le relais, et Sophie Adenot en est la figure de proue.

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