Une entrée en Bourse à New York
Ce 28 aout 2026, la start-up française Pasqal fait son entrée à Wall Street. Ses actions s’échangent désormais au Nasdaq, la place boursière américaine connue pour accueillir les grandes valeurs technologiques. L’opération s’est faite via une fusion avec le SPAC Bleichroeder Acquisition Corp. II, un véhicule financier déjà coté qui permet à une entreprise de rejoindre la Bourse plus rapidement qu’avec une introduction classique.
À la clôture de l’opération, Pasqal dispose d’environ 360 millions de dollars de trésorerie. Un matelas confortable pour une entreprise encore jeune, qui va lui permettre de financer ses lourds investissements en recherche et développement.
Pasqal, c’est quoi ?
Pasqal est une entreprise française spécialisée dans l’informatique quantique. Concrètement, elle conçoit des ordinateurs quantiques à atomes neutres, une technologie de pointe qui utilise des atomes individuels, manipulés par des faisceaux laser, pour effectuer des calculs.
C’est aujourd’hui la première licorne française du quantique, c’est-à-dire une start-up non cotée valorisée à plus d’un milliard de dollars. Sa valorisation tourne autour de 2 milliards de dollars. En mars 2026, l’entreprise avait déjà marqué les esprits en annonçant une levée de fonds de 340 millions d’euros, l’une des plus importantes du secteur en Europe.
L’informatique quantique, expliquée simplement
Nos ordinateurs classiques manipulent des bits, qui valent soit 0, soit 1. L’informatique quantique, elle, repose sur des qubits, capables d’explorer plusieurs états à la fois grâce aux lois étranges de la physique quantique.
La promesse ? Réaliser certains calculs hors de portée des machines classiques, même les plus puissantes. Les domaines les plus prometteurs sont :
- La chimie et la conception de nouveaux médicaments
- La mise au point de matériaux innovants (batteries, supraconducteurs)
- Les problèmes d’optimisation (logistique, transport, finance)
- Certaines applications de l’intelligence artificielle
Pourquoi entrer en Bourse ?
Développer un ordinateur quantique coûte extrêmement cher et demande des années de recherche avant d’espérer des retombées commerciales à grande échelle. En entrant en Bourse, Pasqal se donne les moyens de financer sa croissance sur le long terme : recruter des ingénieurs, construire de nouvelles machines, accélérer sa feuille de route.
La Bourse offre aussi une visibilité internationale. Être cotée au Nasdaq, aux côtés des grands noms de la tech mondiale, envoie un signal fort aux clients, aux partenaires et aux futurs investisseurs.
Bientôt une double cotation à Paris
L’aventure boursière de Pasqal ne s’arrête pas à New York. L’entreprise prévoit ensuite une cotation à la Bourse de Paris (Euronext), visée entre fin 2026 et début 2027. On parle alors de double cotation : les actions seraient disponibles à la fois aux États-Unis et en France.
Ce choix a une portée symbolique. Il ancre cette pépite technologique en Europe tout en lui donnant accès aux capitaux américains, réputés plus abondants pour les technologies de rupture.
Un jalon pour la tech française et européenne
L’entrée en Bourse de Pasqal est une source de fierté pour la French Tech. Elle montre qu’une entreprise européenne peut jouer dans la cour des grands sur une technologie stratégique où la course est mondiale, avec des acteurs américains et chinois très bien financés.
Le quantique est en effet devenu un enjeu de souveraineté technologique : les États y voient un levier pour la sécurité, l’industrie et la recherche. Voir un champion français franchir cette étape est encourageant pour tout l’écosystème.
La nuance : une technologie encore émergente
Il faut toutefois garder la tête froide. L’informatique quantique reste une technologie émergente. Les ordinateurs quantiques actuels sont encore fragiles, sensibles aux erreurs, et l’on ne sait pas précisément quand ils deviendront réellement supérieurs aux machines classiques sur des applications concrètes du quotidien.
Comme beaucoup de jeunes entreprises technologiques, Pasqal n’est pas encore rentable et devra transformer ses avancées scientifiques en produits commerciaux. L’entrée en Bourse lui en donne les moyens financiers, mais le chemin vers la maturité sera long. Reste que ce 28 aout 2026 marque une étape que peu d’acteurs européens peuvent revendiquer : une belle démonstration du savoir-faire scientifique français.




