Neige dans le désert d'Atacama : les observatoires à l'arrêt

Neige dans le désert d'Atacama : les observatoires à l'arrêt

En bref : en août 2026, des tempêtes hivernales à répétition ont fait tomber la neige sur le désert d’Atacama, jusque sur le plateau de Chajnantor où siège le radiotélescope ALMA. Perché à 5 000 mètres d’altitude, l’instrument a dû basculer en « mode survie ». L’épisode, rare par son ampleur, illustre la vulnérabilité des observatoires face à une météo inhabituelle.

Le désert le plus sec du monde sous la neige

Le désert d’Atacama est réputé pour être l’endroit le plus aride de la Terre. Certaines de ses zones n’ont, dit-on, jamais reçu la moindre goutte de pluie mesurable. Son ciel d’une pureté exceptionnelle, l’absence quasi totale d’humidité et son altitude élevée en font un paradis pour les astronomes du monde entier. C’est précisément pour ces raisons que la région concentre certains des plus grands télescopes de la planète.

Alors, voir cet océan de sable et de roche se couvrir de neige a de quoi surprendre. Pourtant, c’est bien ce qui s’est produit en août 2026 : des tempêtes hivernales successives ont déversé de la neige depuis la cordillère des Andes jusqu’aux abords de la côte pacifique, un phénomène d’une étendue tout à fait inhabituelle.

ALMA contraint au « mode survie »

Le principal touché est l’observatoire ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), le plus puissant réseau de radiotélescopes au monde. Installé sur le plateau de Chajnantor, à environ 5 000 mètres d’altitude, il aligne des dizaines d’antennes paraboliques géantes. Une première tempête, le 12 août, l’a contraint à interrompre ses observations. Puis, le 18 août, de nouvelles chutes de neige accompagnées de vents atteignant 90 km/h ont balayé le plateau, prolongeant l’arrêt des observations.

Face à ces conditions extrêmes, ALMA a basculé en « mode survie ». Concrètement, les antennes sont réorientées dans une position spécifique afin de limiter l’accumulation de neige sur les paraboles et de réduire la prise au vent. L’objectif est simple : protéger des instruments d’une extrême précision, dont le coût et la sensibilité rendent le moindre dommage très problématique.

Pourquoi un tel phénomène est-il si rare ?

Il neige parfois sur les plus hauts sommets de la région, mais un épisode aussi étendu reste exceptionnel. Ce qui a frappé les spécialistes, cette fois, c’est l’ampleur géographique de la chute : la neige ne s’est pas cantonnée aux hauteurs andines, elle a couvert une large bande de territoire jusqu’à proximité du littoral.

En cause : une « goutte froide », une poche d’air froid isolée en altitude, détachée d’un vaste creux dépressionnaire s’étirant sur une immense portion de l’hémisphère sud, de la pointe de l’Amérique du Sud jusqu’aux régions subtropicales. Cette configuration atmosphérique inhabituelle a acheminé de l’humidité et de l’air glacé jusqu’au cœur d’une région d’ordinaire épargnée par les précipitations.

Quel impact pour l’astronomie ?

Pour les astronomes, chaque nuit d’observation perdue est une occasion manquée d’étudier l’Univers. Les grands observatoires fonctionnent selon des programmes millimétrés, où le temps de télescope est une ressource précieuse et disputée. Une suspension de plusieurs jours décale les campagnes d’observation et peut compromettre le suivi de phénomènes éphémères.

ALMA n’a pas été le seul concerné : la région abrite plusieurs installations astronomiques majeures, et certaines ont dû, elles aussi, mettre leurs activités en pause le temps que la tempête passe. L’épisode rappelle que, même dans le désert le plus sec du monde, les instruments les plus sophistiqués restent tributaires des caprices de la météo.

Au-delà de la gêne opérationnelle, cet événement interroge. Certains chercheurs s’interrogent sur la fréquence future de tels épisodes dans un contexte de dérèglement climatique, susceptible de modifier la circulation atmosphérique et de rendre plus fréquents des phénomènes jusqu’ici jugés exceptionnels.

Ce qu’il faut retenir

  • En août 2026, des chutes de neige exceptionnelles ont recouvert une partie du désert d’Atacama, l’endroit le plus aride de la planète.
  • Le radiotélescope ALMA, sur le plateau de Chajnantor à 5 000 mètres d’altitude, a dû suspendre ses observations et passer en « mode survie ».
  • Deux épisodes, les 12 et 18 août, avec des vents jusqu’à 90 km/h, ont prolongé l’arrêt des instruments.
  • La rareté du phénomène tient à son étendue, des Andes jusqu’à la côte, causée par une « goutte froide » issue d’un vaste système dépressionnaire.
  • Plusieurs observatoires de la région ont été affectés, illustrant la dépendance de l’astronomie aux conditions météorologiques.
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