1 900 hectares brûlés, un bilan qui continue de grimper
Trois jours après le déclenchement de l’incendie, la surface parcourue par les flammes dans la forêt de Fontainebleau atteint désormais 1 900 hectares selon les dernières évaluations communiquées ce mercredi matin par les services de la préfecture de Seine-et-Marne. Un chiffre en constante progression depuis dimanche : il était de 800 hectares lundi, puis de 1 300 mardi.
Le rythme d’expansion, cependant, a nettement ralenti au cours des dernières 24 heures. Les efforts de lutte des sapeurs-pompiers, appuyés par les moyens aériens, commencent à porter leurs fruits. Le périmètre du feu est de plus en plus contenu, même si des foyers résiduels demeurent actifs sur plusieurs zones difficiles d’accès.
La nuit du 14 au 15 juillet, calme comme espéré
« La nuit n’a pas beaucoup progressé. » C’est en ces termes qu’un chef de communication du SDIS de Seine-et-Marne a résumé mercredi matin les 12 heures écoulées. La baisse des températures nocturnes, la légère chute du vent et l’humidité relative légèrement plus élevée en fin de nuit ont facilité le travail des équipes déployées.
Contrairement aux nuits précédentes, où les foyers étaient repartis à la faveur de coups de vent, celle du 14 au 15 juillet a permis aux équipes au sol de gagner du terrain sur plusieurs points critiques. Aucune nouvelle évacuation n’a été nécessaire, et les dispositifs de surveillance ont pu se concentrer sur les lisières les plus exposées.
Le dispositif engagé : 500 pompiers et une flotte aérienne exceptionnelle
Le dispositif mobilisé pour venir à bout du sinistre reste massif :
- Environ 500 sapeurs-pompiers déployés en permanence sur les lignes de feu
- Une flotte aérienne engagée : Canadair effectuant des rotations, hélicoptères bombardiers d’eau, avion Dash pour largages de retardant
- Des renforts venus de nombreux départements voisins
- Un appui de la gendarmerie pour boucler les zones et empêcher les intrusions
- Une coordination centralisée depuis le poste de commandement mis en place dès dimanche
La mobilisation en moyens humains et aériens est l’une des plus importantes jamais engagées pour un feu en Île-de-France. Elle confirme la gravité exceptionnelle du sinistre.
Une origine humaine privilégiée
Depuis dimanche, l’hypothèse d’une origine humaine est privilégiée par les enquêteurs. Plusieurs indices matériels ont écarté l’hypothèse d’un feu spontané provoqué par la chaleur seule. Reste à déterminer si l’origine est accidentelle (mégot, feu de camp mal éteint, appareil électrique défaillant) ou volontaire.
Les investigations sont menées par les gendarmes du groupement de Seine-et-Marne, épaulés par des experts spécialisés dans les incendies de forêt. Elles se concentrent sur les zones de départ identifiées dès les premières heures. Plusieurs pistes seraient à l’étude, sans qu’aucune ne puisse à ce stade être considérée comme fermement établie.
Un feu « fixé mais pas éteint »
La distinction est cruciale et les autorités insistent pour éviter toute confusion. Le feu de Fontainebleau est aujourd’hui présenté comme « fixé », ce qui signifie que sa progression est stoppée et que son périmètre est bloqué. Les flammes ne s’étendent plus.
Il n’est en revanche pas encore éteint. Des points chauds résiduels, invisibles à l’œil nu mais toujours actifs sous les souches et dans le sous-sol organique, peuvent à tout moment provoquer une reprise. Un changement de vent, une remontée des températures ou une erreur d’appréciation pourraient relancer le sinistre. C’est pourquoi la surveillance H24 des lisières est maintenue et que les moyens ne sont pour l’heure pas allégés.
Les accès à la forêt toujours bouclés
Pour des raisons de sécurité, plusieurs zones d’accès à la forêt restent totalement fermées au public :
- Les parkings forestiers et sentiers touristiques dans les secteurs concernés par les feux
- Les routes forestières traversant les zones brûlées ou menacées
- Les sites d’escalade emblématiques (Bas Cuvier, Franchard, Trois Pignons partiellement), sur décision de la préfecture
- Certains axes de circulation locale, avec déviations mises en place
Les gendarmes procèdent à des rondes régulières pour empêcher les intrusions, notamment celles des curieux tentés de photographier les zones ravagées. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant être doublées en période de risque incendie majeur.
Contexte caniculaire : le pire ennemi des pompiers
La canicule qui frappe la France depuis plusieurs jours reste le pire ennemi des sapeurs-pompiers engagés sur Fontainebleau. Les températures diurnes attendues pour la journée du 15 juillet, autour de 34-35°C sur la région, la sécheresse extrême de la végétation et un vent modéré à fort constituent un cocktail dangereux.
Les autorités appellent la population à la plus grande vigilance : aucun feu, aucune cigarette, aucun barbecue ne doivent être allumés à proximité des massifs forestiers dans les prochains jours. Une amende de plusieurs centaines d’euros peut être infligée en cas d’infraction, avec des poursuites pénales si un feu était provoqué.
Les prochaines heures : vigilance maximale
Les prochains jours seront décisifs pour venir définitivement à bout du sinistre. Le dispositif restera maintenu à haut niveau jusqu’à ce que le feu soit qualifié de « maîtrisé » puis « éteint », deux stades qui peuvent prendre plusieurs jours voire semaines.
Un rafraîchissement météo est attendu dès le 16-17 juillet, avec le retour d’orages et une baisse des températures. Cette évolution devrait permettre aux équipes engagées de sécuriser plus rapidement les périmètres et de commencer à alléger progressivement les moyens. Reste à espérer que ces orages ne s’accompagnent pas de foudre, qui pourrait déclencher de nouveaux départs de feu ailleurs dans les massifs français.




