C’est le pire moment pour un mouvement social : en plein chassé-croisé du 15 août, 1 074 personnels navigants commerciaux (PNC) d’easyJet sont appelés à la grève les samedi 15 et dimanche 16 août 2026 sur les six bases françaises de la compagnie. En cause, l’instabilité chronique des plannings depuis près d’un an. Voici qui est concerné, ce qu’il faut vérifier avant de partir, et surtout vos droits si votre vol est annulé ou retardé.
Qui est concerné et quand ?
Le mouvement touche l’ensemble des personnels navigants commerciaux — les hôtesses et stewards chargés de la sécurité et du service en cabine — employés par easyJet sur son réseau français. Selon les chiffres avancés, 1 074 salariés sont susceptibles de rejoindre la grève, un effectif considérable pour une compagnie low cost très présente sur les liaisons court et moyen-courrier au départ de la France.
La grève est prévue sur deux journées complètes : le samedi 15 août et le dimanche 16 août 2026, chaque jour de 00h01 à 23h59. Autrement dit, la perturbation potentielle couvre l’intégralité des deux journées, sans fenêtre horaire épargnée par principe. Un préavis de plus large portée avait été déposé pour la période allant du 7 août au 2 septembre, mais le mouvement a été concentré et avancé sur ce week-end de départs et de retours estivaux, l’un des plus chargés de l’année sur le réseau aérien.
Les six bases françaises visées
La grève concerne les six bases françaises d’easyJet, réparties sur tout le territoire :
- Paris-Orly
- Paris-Roissy-Charles-de-Gaulle
- Lyon-Saint-Exupéry
- Nice-Côte d’Azur
- Nantes-Atlantique
- Bordeaux-Mérignac
Sur chacune de ces plateformes, des vols court et moyen-courrier sont susceptibles d’être annulés, retardés ou regroupés pendant les 48 heures du mouvement. Les liaisons intérieures comme les vols vers les grandes destinations européennes de vacances (Espagne, Italie, Portugal, Grèce, Royaume-Uni) figurent parmi les plus exposées, compte tenu de la densité du trafic à cette période.
Pourquoi cette grève ? L’instabilité des plannings
Le motif central du conflit tient à l’instabilité chronique des plannings dénoncée depuis près d’un an par les personnels navigants. Concrètement, les salariés reprochent à la compagnie de ne leur communiquer leurs rotations que quelques jours à l’avance, de multiplier les modifications de dernière minute et d’organiser des enchaînements de vols — les fameux « trippings » dans le jargon aérien — sans réelle visibilité sur les jours de repos ou les horaires effectifs.
Cette imprévisibilité pèse lourdement sur l’organisation de la vie personnelle et familiale des navigants : impossible de planifier une garde d’enfant, un rendez-vous ou un week-end quand l’emploi du temps peut basculer à quelques heures d’intervalle. Les organisations qui portent le mouvement réclament davantage de stabilité, une communication anticipée des plannings et un meilleur respect des repos. Le choix d’un week-end aussi symbolique que celui du 15 août vise précisément à donner un maximum d’écho à cette revendication.
Vérifier le statut de votre vol avant de partir
Premier réflexe pour tout passager concerné : vérifier l’état de son vol avant de se rendre à l’aéroport. En cas de grève, les compagnies procèdent généralement à des annulations programmées à l’avance afin de réorganiser leur planning, et informent les voyageurs par e-mail et SMS à partir du numéro et de l’adresse renseignés lors de la réservation.
Il est donc essentiel de :
- consulter l’application ou le site officiel de la compagnie, où le statut du vol est mis à jour en temps réel ;
- vérifier régulièrement sa boîte e-mail (y compris les indésirables) et ses SMS ;
- s’assurer que ses coordonnées de contact sont à jour dans le dossier de réservation ;
- arriver en avance à l’aéroport si le vol est maintenu, les files d’attente et contrôles pouvant être allongés un jour de forte affluence.
Vos droits en cas d’annulation ou de retard
Les passagers au départ d’un aéroport de l’Union européenne — ce qui est le cas de toutes les bases françaises — sont protégés par la réglementation européenne sur les droits des passagers aériens. En cas d’annulation, la compagnie doit vous proposer :
- soit le remboursement intégral du billet dans un délai de sept jours ;
- soit un réacheminement vers votre destination finale, dans les meilleurs délais ou à une date ultérieure de votre choix selon les places disponibles.
En cas d’attente à l’aéroport, la compagnie doit également assurer une prise en charge : rafraîchissements et restauration en rapport avec le délai d’attente, ainsi qu’un hébergement à l’hôtel et le transport correspondant si une ou plusieurs nuits sont nécessaires. Ces obligations d’assistance s’appliquent quelle que soit la cause de l’annulation.
Indemnisation forfaitaire : attention aux « circonstances extraordinaires »
Le point le plus souvent mal compris concerne l’indemnisation forfaitaire — la somme fixe (variable selon la distance du vol) prévue par la réglementation européenne en cas d’annulation ou de gros retard. Cette indemnité n’est pas due lorsque la perturbation résulte de « circonstances extraordinaires » échappant au contrôle de la compagnie.
Or, certaines grèves — en particulier celles de personnels extérieurs à la compagnie — peuvent être qualifiées de circonstances extraordinaires par les tribunaux, ce qui prive alors le passager de l’indemnité forfaitaire. La jurisprudence est toutefois nuancée : une grève interne à la compagnie n’est pas systématiquement reconnue comme telle. En pratique, cela signifie que :
- le remboursement ou le réacheminement et la prise en charge (repas, hôtel) restent dus dans tous les cas ;
- l’indemnisation forfaitaire, elle, peut être refusée si la grève est reconnue comme circonstance extraordinaire.
En cas de désaccord, il est possible de conserver toutes les preuves (billets, courriels, justificatifs de frais) et de saisir le service client puis, le cas échéant, les organismes de médiation ou l’autorité de contrôle compétente.
Conseils pratiques pour limiter la casse
Pour traverser ce week-end perturbé dans les meilleures conditions, quelques précautions s’imposent. Anticipez en surveillant l’évolution de votre vol dès les jours précédents et en gardant votre téléphone chargé et accessible pour recevoir les notifications de la compagnie.
Si votre vol est annulé, comparez les solutions de réacheminement proposées avec les alternatives disponibles : autres vols, train pour les liaisons intérieures ou vers les pays frontaliers, covoiturage ou location de véhicule pour les trajets plus courts. Conservez systématiquement les justificatifs de dépenses engagées (repas, nuit d’hôtel, transport de substitution) en vue d’un éventuel remboursement. Enfin, pensez à vérifier les garanties de votre assurance voyage ou de la carte bancaire ayant servi à l’achat du billet, qui peuvent couvrir certains frais annexes. Un peu d’anticipation et la connaissance de vos droits suffisent souvent à transformer un imprévu en simple contretemps.




