Evil Dead Burn en salles : 300 000 spectateurs attendus la première semaine, le pari français de Vaniček

Evil Dead Burn en salles : 300 000 spectateurs attendus la première semaine, le pari français de Vaniček

Evil Dead Burn arrive en France

Après plusieurs mois d’attente pour les fans du genre horreur, Evil Dead Burn a débarqué dans les salles obscures françaises ce mercredi 8 juillet 2026. Le neuvième volet de la saga culte lancée par Sam Raimi en 1981 arrive sur un marché estival particulièrement disputé, coincé entre les grosses productions familiales de vacances et les ressorties événementielles comme Kill Bill de Quentin Tarantino en version remontée.

Les distributeurs français, forts d’une campagne marketing agressive lancée dès le mois de juin, tablent sur un score de 300 000 spectateurs sur la première semaine d’exploitation. Le cumul final est projeté aux alentours de 700 000 entrées, un chiffre honorable pour un film de genre horreur classé interdit aux moins de 16 ans dans plusieurs salles.

Le film bénéficie d’un accueil critique globalement favorable, avec une note de 72% sur le célèbre agrégateur Rotten Tomatoes. Les critiques anglo-saxons le décrivent comme "le chapitre le plus méchant et le plus gore" de toute la franchise, saluant notamment l’audace visuelle et la brutalité assumée de la mise en scène. En France, les premières critiques parues dans les magazines spécialisés Mad Movies et L’Écran Fantastique confirment ce diagnostic enthousiaste.

Sébastien Vaniček : le pari français à Hollywood

Derrière la caméra, le réalisateur Sébastien Vaniček signe ici son premier film américain. Ce cinéaste franco-français révélé en 2024 avec Vermines, thriller horrifique cauchemardesque tourné dans une cité de banlieue parisienne infestée d’araignées mortelles, avait su séduire à la fois le public français et les studios hollywoodiens par sa capacité à générer une tension viscérale avec un budget modeste.

Son passage au sein d’une franchise aussi mythique qu’Evil Dead constitue un événement dans l’industrie française. Il rejoint ainsi le cercle très restreint des cinéastes hexagonaux ayant réussi à imposer leur signature sur une licence horrifique majeure de Hollywood, aux côtés d’Alexandre Aja (La Colline a des Yeux, Piranha 3D) et de Julien Maury et Alexandre Bustillo.

Vaniček revendique une approche viscérale et physique du genre. Interrogé par la presse française avant la sortie, il expliquait vouloir "renouer avec la sauvagerie originelle de la saga tout en injectant une dimension familiale émotionnelle absente des précédents opus". Le réalisateur a bénéficié de la bénédiction et du parrainage actif de Sam Raimi et Bruce Campbell, producteurs exécutifs du projet.

Souheila Yacoub, révélation du film

Aux côtés de l’acteur américain Hunter Doohan, connu pour son rôle dans la série Mercredi de Netflix, c’est l’actrice française Souheila Yacoub qui porte l’essentiel du poids dramatique du film. Née à Genève de parents tunisiens, l’actrice avait décroché le prestigieux prix Suzanne Bianchetti 2023 récompensant les jeunes espoirs féminins du cinéma français.

Après des rôles remarqués dans Climax de Gaspar Noé, La Fracture de Catherine Corsini et surtout dans le blockbuster Dune : Deuxième Partie de Denis Villeneuve où elle incarnait la Fremen Shishakli, Souheila Yacoub franchit un nouveau cap en portant seule un film hollywoodien de genre. Elle y incarne Alice, une jeune femme qui, après l’enterrement de son mari, rejoint la maison isolée de sa belle-famille dans une région reculée des États-Unis.

Rapidement confrontée à des phénomènes surnaturels liés au fameux Necronomicon, livre des morts au cœur de la mythologie Evil Dead, son personnage bascule dans un cauchemar sanglant qui met à l’épreuve son instinct de survie et ses liens familiaux. La performance de l’actrice est unanimement saluée par les critiques comme le pilier émotionnel du film.

Les prévisions box-office

Sur le plan économique, Evil Dead Burn s’annonce comme un pari calculé pour ses producteurs. Avec un budget de production de 20 millions de dollars, hors marketing, le film doit générer au moins 50 millions de dollars de recettes mondiales pour être considéré comme rentable une fois les coûts de distribution et de promotion pris en compte.

À ce jour, le box-office mondial cumulé du film s’établit à environ 2,3 millions de dollars, principalement en provenance des marchés asiatiques où le film est sorti quelques jours en avance. La sortie américaine et européenne cette semaine constitue le véritable test commercial pour la franchise, qui n’avait plus livré de nouvel opus depuis Evil Dead Rise en 2023.

En France, la concurrence de cette semaine s’annonce toutefois féroce. Vaiana, ressorti dans une nouvelle version restaurée à l’occasion du dixième anniversaire du dessin animé Disney, capte l’essentiel du public familial. La ressortie exceptionnelle de Kill Bill de Quentin Tarantino en version remontée intégrale mobilise quant à elle les cinéphiles adultes. Evil Dead Burn cible donc un créneau spécifique : les amateurs de cinéma de genre âgés de 20 à 40 ans.

La saga Evil Dead depuis 1981

Retour sur une franchise entrée depuis longtemps dans la culture populaire mondiale. La saga Evil Dead a été lancée en 1981 par un tout jeune réalisateur du nom de Sam Raimi, alors âgé de 22 ans, dans un contexte de production totalement indépendant et fauché. Tourné pour environ 350 000 dollars dans une cabane du Tennessee, le premier film devint rapidement un phénomène culte grâce au bouche-à-oreille et au marché naissant de la VHS.

Depuis, la franchise s’est étoffée avec Evil Dead 2 (1987), qui pousse plus loin la dimension comique gore, puis L’Armée des Ténèbres (1992), délire médiéval fantastique où Bruce Campbell incarne un Ash devenu icône pop. Le remake de 2013 signé Fede Álvarez a relancé la franchise sur un ton plus sombre et sérieux, tandis que la série télévisée Ash vs Evil Dead (2015-2018) a permis à Bruce Campbell de reprendre son rôle iconique.

Evil Dead Rise en 2023, transposé dans un immeuble urbain délabré, avait remis la licence sur les rails du succès commercial avec 147 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 19 millions. Evil Dead Burn constitue donc le huitième film et le neuvième volet de cette saga particulièrement résiliente qui traverse les décennies sans jamais perdre son âme.

Le genre horreur en pleine renaissance

La sortie d’Evil Dead Burn s’inscrit dans un contexte particulièrement favorable au cinéma d’horreur. Le genre traverse depuis quelques années une renaissance créative et commerciale spectaculaire à Hollywood comme dans le cinéma indépendant international.

Rien qu’au cours des dix-huit derniers mois, plusieurs films ont marqué durablement les esprits et rencontré un vif succès. Vermines de Sébastien Vaniček précisément, mais aussi Longlegs d’Osgood Perkins avec Nicolas Cage, Speak No Evil dans sa version américaine, ou encore Terrifier 3 devenu phénomène culte auprès des jeunes générations. Ces films partagent une approche décomplexée du gore, une réflexion sur des thématiques sociales contemporaines, et une rentabilité commerciale exceptionnelle.

Le retour d’Evil Dead dans ce paysage effervescent semble donc arriver à point nommé. La franchise dispose d’une base de fans particulièrement fidèle, prête à se déplacer en salle malgré la concurrence des plateformes de streaming. Reste à savoir si le pari français de Sébastien Vaniček et Souheila Yacoub saura convaincre au-delà de ce noyau dur pour toucher un public plus large. Les chiffres du premier week-end en France apporteront un premier élément de réponse dès lundi prochain.

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