Une nouvelle prestation sociale majeure
Issu de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2026, adoptée définitivement en décembre 2025, le congé supplémentaire de naissance entre officiellement en vigueur ce mardi 1er juillet 2026.
Ce nouveau dispositif vient s’ajouter aux congés existants : congé maternité, congé paternité, congé d’adoption. Il n’est pas substitutif mais cumulable, ce qui en fait un acquis social important pour les parents.
L’objectif affiché par le gouvernement : soutenir les familles, favoriser le développement de l’enfant et renforcer l’égalité entre femmes et hommes en encourageant la prise effective du congé par les pères.
Qui peut en bénéficier ?
Le congé supplémentaire de naissance concerne chaque parent (mère et père, deux parents adoptants) d’un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026.
Cette rétroactivité est importante : les parents dont l’enfant est né entre janvier et juin 2026 peuvent aussi en bénéficier. Pour eux, la période de référence (9 mois suivant la naissance) commence au 1er juillet 2026, date d’entrée en vigueur du dispositif.
Les conditions d’éligibilité incluent :
- Salariés du privé : avoir suffisamment cotisé à la Sécurité sociale (conditions similaires au congé maternité)
- Fonctionnaires : régime spécifique mais équivalent
- Indépendants : conditions adaptées via la SSI (ex-RSI)
- Demandeurs d’emploi : possibilité de prise sous conditions
Durée et flexibilité
Chaque parent peut prendre 1 ou 2 mois de congé supplémentaire. Plusieurs modalités sont prévues pour s’adapter aux situations.
Le congé peut être pris simultanément par les deux parents (les deux ensemble pendant 1 ou 2 mois) ou alternativement (l’un puis l’autre, pour étaler la prise en charge de l’enfant).
Il peut être fractionné en deux périodes d’un mois chacune, pour s’adapter aux contraintes professionnelles ou personnelles. Par exemple : 1 mois immédiatement après le congé maternité, puis 1 mois quelques mois plus tard.
Le congé doit débuter dans les 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant. Au-delà, le droit s’éteint. Pour les naissances de janvier à juin 2026, le compteur démarre au 1er juillet 2026.
Combien serez-vous indemnisé ?
L’indemnisation suit un barème dégressif sur la base du salaire net des 3 mois précédant le congé :
- Premier mois : 70 % du salaire net, plafonné à 4 005 € (Plafond mensuel de Sécurité sociale 2026)
- Deuxième mois : 60 % du salaire net, même plafond
Concrètement, pour un salarié à 2 500 € net mensuel :
- 1er mois : 1 750 € (70 %)
- 2e mois : 1 500 € (60 %)
- Total sur 2 mois : 3 250 € versés par la CPAM
Pour les hauts salaires au-dessus du plafond (4 005 €), le manque à gagner peut être important. Certaines conventions collectives prévoient des compléments employeurs, comme pour le congé maternité actuel. Renseignez-vous auprès de votre RH ou de votre représentant du personnel.
L’indemnisation est versée par la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) directement sur votre compte bancaire, après prise du congé.
Comment faire la demande ?
Pour bénéficier du congé supplémentaire de naissance, voici les démarches à suivre.
D’abord, informer votre employeur au moins 1 mois avant la date prévue de début du congé. La notification doit être écrite (lettre recommandée ou email avec accusé de réception) et préciser les dates exactes.
Ensuite, déposer une demande à la CPAM via votre compte ameli.fr. Vous devrez fournir :
- Acte de naissance ou décision d’adoption
- Justificatif d’identité
- Bulletins de salaire des 3 mois précédant la demande
- Lettre à votre employeur (preuve de la notification)
Le traitement de la demande prend généralement 1 à 3 semaines. L’indemnisation démarre dès le premier jour du congé.
L’impact attendu pour les familles
Pour les familles, cette réforme représente un avantage social majeur. Plusieurs effets attendus :
Plus de temps avec le nouveau-né. Les premiers mois de vie d’un enfant sont cruciaux pour le développement psycho-affectif. Pouvoir bénéficier de plusieurs mois supplémentaires en présence parentale est précieux.
Meilleure récupération maternelle. Pour les mères qui ont accouché récemment, ce mois supplémentaire offre plus de temps pour récupérer physiquement et émotionnellement.
Implication renforcée des pères. Le dispositif incite explicitement les pères à prendre du temps avec leur enfant, contribuant à un partage plus équilibré des charges parentales.
Soutien aux familles monoparentales. Pour les parents seuls, cumuler congé classique + congé supplémentaire offre un répit financier et organisationnel non négligeable.
Les limites du dispositif
Malgré son intérêt, le congé supplémentaire de naissance présente plusieurs limites que les associations familiales pointent du doigt.
D’abord, l’indemnisation est limitée par rapport au salaire complet. Pour les ménages aux revenus modestes ou intermédiaires, 70 % puis 60 % peut représenter une perte de pouvoir d’achat difficile à absorber sur 2 mois.
Ensuite, la durée totale (2 mois maximum par parent) reste très inférieure aux standards de plusieurs pays nordiques (Suède, Norvège : jusqu’à un an), où le congé parental atteint des durées beaucoup plus généreuses.
Enfin, la portabilité entre parents reste limitée. Contrairement à certains pays qui permettent à un parent de transférer ses droits à l’autre, le dispositif français maintient le principe « un parent, ses propres droits ».
Impacts économiques et sociétaux
Au-delà du bénéfice direct pour les familles, cette réforme aura plusieurs impacts indirects.
Pour les entreprises, la gestion des congés devient plus complexe. Plusieurs collaborateurs pourront être absents simultanément en cas de naissances multiples dans l’équipe. L’anticipation et la communication RH deviennent essentielles.
Pour la natalité française, en chute libre depuis plusieurs années (1,68 enfant par femme en 2025, plus bas historique), l’impact attendu est modéré mais positif. Les études internationales montrent qu’un congé parental généreux peut effectivement encourager la décision d’avoir des enfants, à condition d’être combiné avec d’autres dispositifs (modes de garde, allocations familiales, logement abordable).
Pour le budget de l’État, le coût annuel est estimé à environ 1,5 à 2 milliards d’euros à pleine montée en charge (vers 2028). Un investissement social significatif financé par la Sécurité sociale.
Si vous attendez ou avez un enfant cette année 2026, renseignez-vous dès maintenant auprès de votre employeur, de votre CPAM ou des sites officiels (info.gouv.fr, ameli.fr, caf.fr) pour faire valoir vos nouveaux droits.




