En 2026, plusieurs règles encadrant l’arrêt maladie évoluent. Si le délai de carence reste inchangé, le mode de calcul des indemnités journalières a été profondément revu par un décret abaissant le plafond de rémunération pris en compte. À cela s’ajoute une future limitation de la durée des prescriptions d’arrêt. Voici, de façon pratique, ce qui change vraiment pour les salariés en matière de montants, de carence, de durée et de droits.
Le délai de carence reste inchangé
Bonne nouvelle pour les salariés du privé : le délai de carence ne bouge pas en 2026. Les indemnités journalières (IJ) de la Sécurité sociale sont versées à partir du 4e jour d’arrêt, soit après trois jours de carence non indemnisés. Ces trois premiers jours restent à la charge du salarié, sauf convention collective ou accord d’entreprise plus favorable prévoyant un maintien de salaire.
Dans la fonction publique, le délai de carence demeure fixé à un seul jour. La proposition visant à l’aligner sur les trois jours du privé a été rejetée, laissant la règle actuelle en vigueur pour les agents publics.
Un plafond de calcul revu à la baisse
La principale réforme concerne le plafond de calcul des indemnités journalières. Un décret entré en vigueur en avril 2025 a abaissé le seuil de rémunération pris en compte, le faisant passer de 1,8 à 1,4 fois le SMIC. Concrètement, ce changement plafonne plus tôt le montant versé aux salariés dont le salaire dépasse ce seuil.
Résultat : en 2026, l’IJ maladie ne peut plus dépasser 41,95 euros bruts par jour. Les salariés rémunérés au-dessus du nouveau plafond voient donc leur indemnisation par la Sécurité sociale limitée, le complément éventuel relevant alors de l’employeur ou d’une prévoyance.
Comment est calculée l’indemnité journalière
Le principe de calcul, lui, reste stable. L’indemnité journalière correspond toujours à 50 % du salaire journalier de base. Ce salaire de base est obtenu à partir de la moyenne des salaires bruts des trois derniers mois précédant l’arrêt.
Cette moitié de salaire s’applique ensuite dans la limite du plafond évoqué plus haut. Pour un salarié dont la rémunération dépasse 1,4 fois le SMIC, le montant réel perçu sera donc écrêté au niveau du plafond de 41,95 euros bruts par jour.
La durée des arrêts bientôt limitée à un mois
Autre évolution attendue : à partir du 1er septembre 2026, les prescriptions d’arrêt de travail seront en principe plafonnées à un mois. Cette mesure vise à encadrer la durée initiale des arrêts délivrés par le médecin.
Le dispositif conserve toutefois une souplesse : le médecin pourra dépasser cette durée d’un mois à condition de motiver sa décision par écrit. Les situations médicales nécessitant un arrêt plus long resteront donc possibles, mais devront être justifiées.
Des congés payés acquis pendant l’arrêt
Une règle favorable aux salariés, entrée en application depuis avril 2024, est maintenue en 2026. Les salariés en arrêt pour maladie non professionnelle continuent d’acquérir des droits à congés payés pendant leur absence.
Cette acquisition peut atteindre deux jours ouvrables par mois d’absence. Un arrêt maladie ne fait donc plus totalement perdre de droits à congés, ce qui améliore la situation des salariés confrontés à des arrêts prolongés.
Ce que cela change concrètement pour votre budget
Pour un salarié rémunéré au-dessus du nouveau seuil, l’abaissement du plafond peut se traduire par une indemnisation moindre qu’auparavant en cas d’arrêt. Il devient donc utile de vérifier ce que prévoient sa convention collective et sa prévoyance pour compléter les IJ. Ces ajustements s’inscrivent dans un contexte de hausses de dépenses des ménages, à l’image de la hausse de l’électricité au 1er août 2026, qui pèse aussi sur le budget des foyers.
Ce qu’il faut retenir
- Délai de carence inchangé : IJ versées dès le 4e jour dans le privé (3 jours de carence), 1 jour dans la fonction publique.
- Plafond de calcul abaissé de 1,8 à 1,4 fois le SMIC depuis avril 2025.
- L’IJ maladie ne peut plus dépasser 41,95 euros bruts par jour en 2026.
- L’IJ reste égale à 50 % du salaire journalier de base (moyenne des 3 derniers mois).
- Durée des arrêts limitée à un mois dès le 1er septembre 2026, sauf motivation écrite du médecin.




