Appareils en veille : combien ça vous coûte vraiment par an (et lesquels débrancher en priorité)

Appareils en veille : combien ça vous coûte vraiment par an (et lesquels débrancher en priorité)

La veille, ce voleur silencieux de votre facture

On appelle « veille » l’énergie que consomme un appareil quand il n’est pas en marche mais reste branché : le voyant lumineux, le récepteur qui attend la télécommande, l’horloge, la connexion Wi-Fi maintenue en permanence. Individuellement, c’est quelques watts. Mais un foyer français compte aujourd’hui entre 15 et 50 appareils susceptibles de rester en veille, et la note grimpe vite.

L’ADEME (l’Agence de la transition écologique) estime que ces consommations cachées pèsent 8 à 11 % de la facture d’électricité hors chauffage et eau chaude. En euros, cela représente le plus souvent 80 à 150 € par an selon l’équipement du logement. De l’argent dépensé sans jamais rien allumer volontairement.

Le calcul de base est simple, et vous pouvez le refaire pour n’importe quel appareil :

Puissance en veille (watts) × 24 h × 365 jours ÷ 1000 × prix du kWh

En 2026, le prix du kWh au tarif réglementé tourne autour de 0,20 € (option base). Prenons un appareil qui tire 5 W en veille en continu : 5 × 24 × 365 = 43 800 Wh, soit 43,8 kWh par an, soit environ 8,80 € par an. Pour un seul appareil discret. Multipliez par le nombre de petites diodes rouges de votre salon et vous comprenez d’où viennent les dizaines d’euros perdus.

Le classement des plus gros postes de veille

Tous les appareils ne se valent pas. Voici les principaux coupables, du plus gourmand au plus anecdotique.

La box internet et le décodeur TV : les champions toutes catégories

C’est de très loin le pire poste, parce que ces appareils ne sont presque jamais réellement éteints. Une box internet consomme entre 8 et 18 W en fonctionnement permanent, 24 h sur 24, 365 jours par an. Le décodeur TV associé ajoute souvent autant. À eux deux, box + décodeur peuvent représenter 15 à 30 € par an chacun, soit facilement 40 à 60 € annuels pour ce seul duo.

C’est aussi là qu’il faut nuancer : on déconseille généralement d’éteindre complètement la box si elle assure la téléphonie fixe, la domotique, la vidéosurveillance ou l’accès distant. En revanche, le décodeur TV, lui, peut être coupé sans état d’âme la nuit et la journée quand vous n’êtes pas là. Beaucoup de box récentes proposent d’ailleurs un mode « veille programmée » ou « éco » dans leurs réglages : activez-le.

La console de jeux, piège de la « veille connectée »

Les consoles modernes proposent un mode de veille « connectée » ou « repos » qui télécharge les mises à jour et permet le démarrage rapide. Pratique, mais ce mode peut consommer 5 à 10 W en continu, soit jusqu’à 15 € par an pour ne rien faire. Basculez dans les réglages sur la veille « basse consommation » (extinction complète) : vous perdez quelques secondes au démarrage, vous gagnez une dizaine d’euros.

TV, ordinateur, imprimante : les habitués du salon et du bureau

  • Le téléviseur : 0,5 à 3 W en veille sur les modèles récents (norme européenne oblige), mais les grands écrans et ceux avec assistant vocal montent plus haut. Comptez 2 à 6 € par an.
  • L’ordinateur de bureau : en veille il tire souvent 3 à 8 W, mais une tour laissée allumée « pour aller plus vite » peut dépasser 60 W et coûter plus de 100 € par an. À éteindre vraiment.
  • L’imprimante : rarement utilisée mais souvent laissée sous tension, elle maintient ses têtes et sa connexion. Quelques watts en permanence pour un usage de quelques minutes par mois : un candidat idéal à la coupure.

Cafetière, micro-ondes, chaîne hi-fi : les veilles « d’affichage »

Tous les appareils qui affichent une horloge ou un écran consomment en permanence. Un micro-ondes passe l’écrasante majorité de sa vie à afficher l’heure : sur l’année, cette horloge peut consommer autant, voire plus, que la cuisson elle-même. Idem pour la cafetière à écran, la chaîne hi-fi et les enceintes connectées. Individuellement modestes, ces veilles s’additionnent.

Les chargeurs branchés à vide : peu d’euros, mais un vrai enjeu sécurité

C’est le mythe le plus tenace. Un chargeur de téléphone laissé dans la prise sans appareil consomme très peu : quelques dixièmes de watt, soit à peine quelques dizaines de centimes par an. L’économie financière est donc marginale. En revanche, un chargeur bon marché ou vieillissant qui chauffe présente un risque d’échauffement, voire d’incendie. Débrancher les chargeurs inutilisés relève donc davantage de la sécurité que de l’économie : raison suffisante pour prendre l’habitude.

À débrancher en priorité vs inutile de couper

Pour agir efficacement sans se compliquer la vie, triez.

À couper en priorité :

  • Le décodeur TV et la télévision (via multiprise à interrupteur).
  • La console de jeux (passer en veille basse consommation).
  • L’ordinateur de bureau, l’écran et l’imprimante, coupés ensemble le soir.
  • La chaîne hi-fi, les enceintes connectées et les petits appareils à écran peu utilisés.

Inutile ou déconseillé de débrancher :

  • La box internet si elle assure téléphonie, alarme ou domotique (préférez son mode éco intégré).
  • Le réfrigérateur et le congélateur, évidemment (ce ne sont pas des veilles).
  • Les appareils avec réglages en mémoire fragile (certaines chaudières, thermostats), sauf si vous savez les reprogrammer.

Les solutions concrètes pour reprendre la main

Bonne nouvelle : supprimer les veilles ne demande ni travaux ni gros budget.

  • La multiprise à interrupteur : la solution la plus simple et la moins chère. Regroupez TV, décodeur, console et hi-fi sur une même barrette, et coupez tout d’un seul geste le soir. Quelques euros, rentabilisés en un ou deux mois.
  • La prise programmable ou connectée : idéale pour automatiser. Programmez la coupure du décodeur et du coin bureau de 23 h à 7 h, par exemple, sans y penser. Les modèles connectés se pilotent depuis le smartphone.
  • Le coupe-veille automatique : ce boîtier détecte quand l’appareil principal (la TV) passe en veille et coupe alors l’alimentation des périphériques (barre de son, console, lecteur). Zéro effort au quotidien.

Le geste le plus rentable reste toutefois gratuit : fouiller les réglages de vos appareils. Mode éco de la box, veille basse consommation de la console, extinction automatique de l’écran : ces options existent déjà, il suffit de les activer.

À l’échelle d’une année, la chasse aux veilles peut faire fondre la facture de plusieurs dizaines d’euros—au même titre que d’autres réflexes d’optimisation de sa consommation électrique. Pas de quoi révolutionner le budget, mais un gain net, immédiat et durable, pour un effort proche de zéro.

Ce qu’il faut retenir

  • Les appareils en veille représentent 8 à 11 % de la facture d’électricité selon l’ADEME, soit couramment 80 à 150 € par an.
  • Le calcul est simple : watts × 24 × 365 ÷ 1000 × 0,20 € (prix du kWh 2026). 5 W en continu = environ 8,80 € par an.
  • Les pires postes sont la box, le décodeur TV (allumés 24 h/24) et la console en veille connectée ; coupez le décodeur, gardez la box en mode éco si elle sert à la téléphonie ou l’alarme.
  • Multiprise à interrupteur, prise programmable et coupe-veille automatique règlent le problème pour quelques euros ; les réglages « éco » déjà présents ne coûtent rien.
  • Débrancher les chargeurs à vide économise très peu, mais réduit le risque d’incendie : un réflexe à garder pour la sécurité.
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