En bref : à la rentrée 2026, l’usage du téléphone portable et des autres objets connectés est interdit au lycée pendant le temps scolaire. Le texte vise l’utilisation, pas la simple possession : chaque établissement fixe les modalités dans son règlement intérieur, avec des dérogations possibles pour des usages pédagogiques ou pour le fonctionnement du CDI.
Une interdiction désormais généralisée de l’école au lycée
Jusqu’ici, seuls les écoliers et les collégiens étaient concernés par l’interdiction du téléphone portable. La nouveauté de la rentrée 2026, c’est son extension aux lycées, qui complète ainsi le dispositif du primaire au secondaire. La mesure repose sur une loi promulguée le 24 août 2026 et sur une circulaire publiée au Bulletin officiel du 2 juillet, qui détaille les modalités d’application pour les établissements.
Point important : le texte interdit l’utilisation du téléphone et des objets connectés (montres connectées, écouteurs, tablettes…), et non leur possession. Les lycéens peuvent donc venir avec leur appareil, mais doivent le garder inutilisé pendant le temps scolaire, selon les règles fixées localement.
Comment l’interdiction s’applique concrètement
La loi pose un principe national, mais laisse à chaque établissement le soin d’organiser sa mise en œuvre. Ce sont les instances de démocratie scolaire qui ont réfléchi, au cours de l’année 2025-2026, aux solutions les plus adaptées à leur contexte, conformément à la circulaire du 10 juillet 2025 sur le numérique raisonné à l’École.
Plusieurs dispositifs sont envisagés selon les lycées :
- des casiers individuels où déposer son téléphone à l’arrivée ;
- une boîte collective par classe ;
- une pochette individuelle que chaque élève verrouille en entrant dans l’établissement.
Les modalités de confiscation en cas de manquement, ainsi que les éventuelles exceptions, sont inscrites dans le règlement intérieur de chaque établissement, qui a donc dû être modifié en conséquence.
Des exceptions pour les usages pédagogiques
L’interdiction n’est pas absolue. La circulaire prévoit des dérogations pour permettre certains usages pédagogiques ou répondre à des nécessités administratives et organisationnelles. Concrètement, un enseignant peut encadrer un usage pédagogique du téléphone dans le cadre d’une activité précise : recherche documentaire, application éducative, exercice numérique.
Le centre de documentation et d’information (CDI) peut bénéficier d’une organisation spécifique, tout comme les services de restauration ou d’hébergement. Ces aménagements visent à concilier l’esprit de la mesure — réduire l’usage individuel et permanent des écrans — avec les besoins concrets de la vie scolaire.
Quels objectifs derrière la mesure ?
Le gouvernement met en avant plusieurs finalités. La première est la concentration en classe : en limitant les sollicitations permanentes des notifications, l’objectif est de recentrer l’attention des élèves sur les apprentissages. La deuxième est la lutte contre le cyberharcèlement, qui trouve souvent un prolongement au sein de l’établissement via les réseaux sociaux et les messageries.
La mesure s’inscrit dans une démarche plus large de numérique raisonné. Elle s’accompagne de la formation des élèves à un usage réfléchi des outils numériques et de la constitution d’une forme de « droit à la déconnexion ». Les mises à jour dans les espaces numériques de travail (ENT) et les logiciels de vie scolaire sont ainsi suspendues le soir, de 20 h à 7 h, et durant le week-end.
Une mesure dans la continuité du collège
Cette extension au lycée s’inscrit dans une logique de continuité. Au collège, l’interdiction est déjà installée depuis plusieurs années et a permis aux équipes de roder des organisations variées, du casier à la pochette individuelle. Les lycées peuvent donc s’appuyer sur des retours d’expérience existants pour choisir la solution la plus adaptée à leur taille et à leur configuration.
Pour accompagner les établissements, le ministère a diffusé des ressources, dont un vademecum publié sur éduscol, qui détaille les modalités possibles et rappelle le cadre juridique. L’objectif est d’harmoniser la mise en œuvre tout en laissant à chaque lycée la souplesse nécessaire, puisque les réalités d’un grand établissement urbain et d’un petit lycée rural ne sont pas identiques.
Ce que cela change pour les familles
Pour les parents, cette rentrée implique d’expliquer les nouvelles règles à leur enfant et de vérifier les modalités précises retenues par son lycée, qui figurent dans le règlement intérieur communiqué en début d’année. Certains établissements pourront demander de déposer l’appareil dès l’entrée, d’autres se contenteront de son rangement dans le sac. En cas de non-respect, les modalités de confiscation sont, elles aussi, précisées par le règlement intérieur.
La possession restant autorisée, les lycéens peuvent conserver leur téléphone pour l’utiliser en dehors du temps scolaire, notamment sur le trajet. C’est bien l’usage pendant les heures de cours et la vie collective qui est visé, dans la continuité de ce qui existe déjà au collège. Le dialogue entre l’établissement et les familles reste, dans tous les cas, la clé d’une application apaisée de la mesure.
Ce qu’il faut retenir
- À la rentrée 2026, l’usage du téléphone et des objets connectés est interdit au lycée pendant le temps scolaire.
- La mesure repose sur une loi promulguée le 24 août 2026 et une circulaire du Bulletin officiel du 2 juillet.
- C’est l’utilisation qui est interdite, pas la possession : chaque établissement fixe les modalités dans son règlement intérieur.
- Des dérogations existent pour les usages pédagogiques encadrés et pour le fonctionnement du CDI.
- Objectifs affichés : concentration en classe, lutte contre le cyberharcèlement et numérique raisonné.




