Il est des moments qui marquent l’histoire d’un pays. Mardi 18 août 2026, à plus de 400 kilomètres au-dessus de nos têtes, Sophie Adenot a franchi le sas de la Station spatiale internationale (ISS) pour s’aventurer dans le vide de l’espace. En accomplissant cette sortie extravéhiculaire, la première de sa carrière, l’astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA) est devenue la première femme française à marcher dans l’espace. Un exploit suivi en direct par des milliers de curieux et salué comme un moment de fierté nationale.
Une première pour la France, une deuxième pour l’Europe
Jusqu’ici, aucune Française n’avait jamais réalisé de sortie extravéhiculaire, communément appelée EVA (pour ExtraVehicular Activity en anglais). Claudie Haigneré, première Française dans l’espace en 1996, n’avait pas eu l’occasion de sortir de la station. Sophie Adenot inscrit donc son nom dans l’histoire à un double titre : première femme française à sortir dans l’espace, et deuxième Européenne seulement à réaliser une telle opération. Du côté français, elle devient l’un des rares astronautes tricolores à avoir accompli une marche spatiale, une performance encore réservée à une poignée d’élus.
La mission εpsilon, un séjour hors norme
Cette sortie s’inscrit dans le cadre de la mission εpsilon, le premier vol spatial de Sophie Adenot. L’astronaute a décollé le 13 février 2026 à bord d’une capsule Crew Dragon de SpaceX pour rejoindre la Station spatiale internationale. Prévue pour durer jusqu’à neuf mois, εpsilon est appelée à devenir la plus longue mission jamais réalisée par un astronaute de l’ESA. Il s’agit également du premier vol d’un astronaute français vers l’ISS depuis la mission Alpha de Thomas Pesquet en 2021.
Durant son séjour, Sophie Adenot doit mener quelque 200 expériences scientifiques dans des domaines clés comme la médecine, la biologie ou la physique des matériaux. La sortie extravéhiculaire du 18 août constitue l’un des temps forts, et l’un des plus périlleux, de cette longue aventure orbitale.
En quoi consiste une sortie dans l’espace ?
Une EVA est l’une des tâches les plus exigeantes et les plus dangereuses du métier d’astronaute. Il s’agit de quitter l’habitacle pressurisé de la station pour travailler directement dans le vide spatial, protégé uniquement par une combinaison spatiale. Cette dernière fait office de véritable vaisseau miniature : elle fournit l’oxygène, régule la température face à des écarts extrêmes, et protège des radiations et des micrométéorites.
Chaque geste est répété des dizaines de fois au sol avant le grand jour. Sophie Adenot s’était ainsi entraînée pendant plus de 150 heures au Centre des astronautes européens de Cologne, en Allemagne, ainsi qu’au Centre spatial Johnson de la NASA à Houston, aux États-Unis. Dans les semaines précédant la sortie, elle a intensivement préparé les combinaisons et les outils, et révisé chaque procédure. Rien n’est laissé au hasard : dans l’espace, la moindre erreur peut avoir des conséquences dramatiques.
Le déroulé de l’opération
Pour cette marche spatiale, Sophie Adenot était accompagnée de l’astronaute de la NASA Anil Menon. Leur mission, d’une durée d’environ six heures, avait un objectif précis : remplacer une antenne de communication dite « Space-to-Ground ». Cet équipement est essentiel, car il assure les liaisons de données à haut débit et les communications vocales entre le centre de contrôle de Houston et la Station spatiale. Autrement dit, un maillon vital pour le bon fonctionnement de l’ISS et la sécurité de son équipage.
Durant ces longues heures, les deux astronautes ont progressé avec une extrême prudence le long de la structure de la station, en se déplaçant main après main, toujours arrimés par des longes de sécurité. Chaque outil, chaque boulon est manipulé selon un protocole millimétré, dans un environnement où le moindre objet lâché deviendrait un projectile filant à des milliers de kilomètres par heure.
Un symbole fort pour la France et l’ESA
Au-delà de la prouesse technique, cette sortie revêt une forte dimension symbolique. Elle démontre la place de la France au sein de l’exploration spatiale européenne et mondiale, et illustre la montée en puissance des femmes dans un domaine longtemps dominé par les hommes. Sophie Adenot, ancienne pilote d’essai d’hélicoptère, avait été sélectionnée par l’ESA en 2022 au terme d’un processus de recrutement particulièrement sélectif.
Pour toute une génération de jeunes filles, son image évoluant dans le vide spatial, le drapeau tricolore cousu sur la combinaison, constitue un puissant message : l’espace n’est plus une frontière réservée à quelques-uns. Le Centre national d’études spatiales (CNES) et l’ESA ont d’ailleurs largement relayé l’événement, conscients de sa portée pour susciter des vocations.
Ce qu’il faut retenir
- Le 18 août 2026, Sophie Adenot est devenue la première femme française à réaliser une sortie extravéhiculaire hors de la Station spatiale internationale.
- Cette EVA s’inscrit dans la mission εpsilon, débutée le 13 février 2026 et appelée à devenir la plus longue mission d’un astronaute de l’ESA, avec quelque 200 expériences scientifiques au programme.
- Accompagnée de l’astronaute de la NASA Anil Menon, elle a passé environ six heures dans le vide spatial pour remplacer une antenne de communication vitale entre l’ISS et Houston.
- Une EVA compte parmi les tâches les plus dangereuses du métier : Sophie Adenot s’y était préparée durant plus de 150 heures d’entraînement.
- Au-delà de l’exploit, cette sortie est un symbole fort pour la France, pour l’ESA et pour la place des femmes dans l’exploration spatiale.




