Les soldes prolongés au 28 juillet
C’est une décision rare, mais pas totalement inédite. Le gouvernement a acté par arrêté la prolongation d’une semaine des soldes d’été 2026, qui s’achèveront désormais le lundi 28 juillet au soir au lieu du 21 juillet initialement prévu. Cette décision fait suite à la mobilisation des principales fédérations professionnelles du commerce (FCD, Alliance du Commerce, Procos), qui alertaient depuis mi-juin sur l’effondrement de la fréquentation des magasins physiques en raison des températures caniculaires.
Le début des soldes reste quant à lui inchangé : la campagne a bien démarré le mercredi 24 juin à 8 heures du matin sur l’ensemble du territoire métropolitain. Cette prolongation d’une semaine porte donc la durée totale des soldes à cinq semaines, contre quatre habituellement. Une durée exceptionnelle qui n’avait plus été observée depuis la période post-Covid, lorsque le commerce physique avait bénéficié de mesures de soutien similaires.
Cette décision s’applique à l’ensemble des commerces, qu’il s’agisse de boutiques physiques ou de sites de e-commerce. Les commerçants ont l’obligation de respecter les règles habituelles de la période : prix barrés, taux de remise clairement affiché, produits mis en vente depuis au moins un mois avant le début des soldes, et interdiction de refuser les échanges ou remboursements pour un article défectueux.
La deuxième démarque cette semaine
C’est le moment que les chasseurs de bonnes affaires attendent avec impatience. La deuxième démarque, prévue autour du 1er juillet, devrait débuter dès cette semaine dans la plupart des enseignes. Les prix baissent en moyenne de 40 à 50% par rapport aux tarifs initiaux, contre 30% environ lors du démarrage des soldes le 24 juin. Autant dire que les affaires deviennent particulièrement intéressantes pour ceux qui avaient patienté.
Cette démarque intervient traditionnellement au bout d’une semaine à dix jours de soldes, lorsque les enseignes constatent que certains articles ne partent pas assez vite. Les rayons sont réorganisés pour mettre en avant les nouvelles étiquettes de prix, et les vitrines sont refaites pour attirer une nouvelle clientèle. La stratégie est claire : écouler un maximum de stock avant l’arrivée des collections d’automne prévue courant août dans les grandes chaînes.
Pour maximiser vos chances de faire de vraies affaires, il est recommandé de connaître les prix habituels des produits que vous convoitez. Une remise affichée à -50% peut en réalité correspondre à une remise beaucoup plus faible si le prix de référence a été gonflé artificiellement. Les associations de consommateurs rappellent régulièrement que le prix de référence doit correspondre au prix le plus bas pratiqué au cours des trente derniers jours précédant les soldes.
Les enseignes qui cassent les prix
Plusieurs grandes enseignes ont déjà lancé leur deuxième démarque en avance, dès la fin de la semaine dernière. C’est notamment le cas de Zara, dont les vitrines affichent désormais des remises allant jusqu’à -60% sur une sélection importante d’articles. H&M suit la même stratégie avec des soldes agressifs sur les collections d’été. Uniqlo, plus modéré habituellement, casse également ses prix cette année sur ses gammes techniques.
Du côté des grands magasins, le Printemps et les Galeries Lafayette ont dégainé des offres particulièrement musclées sur les univers mode, maison et parfumerie. Sephora poursuit sa campagne agressive sur les produits de beauté, avec des marques premium jusqu’à -40%. Les enseignes de sport (Decathlon, Go Sport, Intersport) proposent des remises sur les équipements de plein air, particulièrement adaptés à la saison estivale malgré la canicule.
Sur le web, Amazon a également synchronisé ses opérations promotionnelles avec les soldes physiques, en proposant des « Deals de l’été » qui viennent doubler les remises pendant la période. Cdiscount, Fnac Darty et Boulanger multiplient les offres flash sur l’électronique et l’électroménager, deux secteurs traditionnellement moins concernés par les soldes mais qui suivent la tendance générale.
L’impact de la canicule sur les commerces
La décision de prolonger les soldes trouve son origine dans une réalité économique brutale : la canicule persistante qui frappe la France depuis fin juin a considérablement pénalisé le commerce physique. Les fédérations professionnelles ont observé une baisse de fréquentation moyenne de 15 à 25% par rapport à la première semaine de soldes de l’année précédente. Dans certaines villes du sud particulièrement touchées, la baisse dépasse même les 30%.
Face à ces températures qui dépassent régulièrement les 35°C en journée, les Français désertent les rues commerçantes pour privilégier soit les points d’eau, soit le confort climatisé de leur domicile. Le e-commerce enregistre lui aussi une performance mitigée : si les achats en ligne augmentent naturellement en période de forte chaleur, ils ne compensent pas la perte de trafic dans les magasins physiques, où se réalisent traditionnellement 75% des ventes textiles pendant les soldes.
Cette prolongation exceptionnelle est donc une bouée de sauvetage pour de nombreux commerçants, notamment les petites boutiques indépendantes qui n’ont pas la trésorerie pour absorber un tel manque à gagner. Le ministre de l’Économie a précisé que cette mesure resterait exceptionnelle et liée aux conditions météorologiques particulières de l’été 2026. Les prévisions annoncent d’ailleurs une nouvelle vague de fortes chaleurs dans les prochaines semaines.
Attention aux arnaques
Comme à chaque période de soldes, la vigilance reste de mise face aux arnaques qui pullulent, particulièrement sur internet. Les autorités mettent en garde contre les faux sites e-commerce qui imitent l’identité visuelle d’enseignes reconnues et proposent des remises invraisemblables (-80% ou -90% sur des produits neufs). Ces sites frauduleux disparaissent généralement après avoir encaissé les paiements, sans jamais livrer les commandes.
Quelques réflexes simples permettent de limiter les risques : vérifier que l’URL du site commence bien par « https » avec le petit cadenas de sécurité, contrôler les mentions légales (numéro SIRET, adresse physique, contact téléphonique), méfier des paiements exclusivement par virement bancaire ou en cryptomonnaie, et ne jamais cliquer sur des liens reçus par SMS ou email non sollicités. La DGCCRF recommande également de privilégier le paiement par carte bancaire, qui offre des recours plus solides en cas de litige.
Enfin, gardez à l’esprit que les rabais légitimes se situent le plus souvent entre 30 et 60%, avec des pics à 70% en fin de soldes sur les fins de série. Toute offre au-delà de 80% sur un produit neuf de marque doit vous alerter. La combinaison de la canicule et de la fatigue peut pousser à des achats impulsifs regrettables : mieux vaut prendre le temps de comparer avant de céder à une offre trop belle pour être vraie.




