Revalorisation retraites 2026 : tout le calendrier en un coup d’œil
L’année 2026 ne se résume pas à un seul rendez-vous pour les retraités. Plusieurs dispositifs vont être revalorisés à différentes dates, en fonction du régime concerné. Pour s’y retrouver, voici le calendrier synthétique des hausses prévues ou attendues cette année :
- 1er janvier 2026 : revalorisation du régime général de base à +0,8 %.
- 1er janvier 2026 : revalorisation de l’ASPA (minimum vieillesse) à +0,8 %.
- 1er avril 2026 : revalorisation des pensions d’invalidité.
- 1er avril 2026 : revalorisation des allocations adultes handicapés (AAH) et de certaines prestations sociales.
- 1er novembre 2026 : revalorisation attendue de l’AGIRC-ARRCO entre +1,5 % et +2 %.
Chacune de ces hausses obéit à des règles spécifiques, qu’il est utile de connaître pour comprendre pourquoi les pourcentages diffèrent d’un régime à l’autre, et pourquoi 2026 marque un net ralentissement par rapport à 2025.
Régime général : +0,8 % au 1er janvier 2026
Premier rendez-vous de l’année, la revalorisation du régime général a eu lieu le 1er janvier 2026. Elle concerne tous les retraités relevant de la CNAV (caisse nationale d’assurance vieillesse), de la MSA, des régimes spéciaux et des fonctionnaires. Le taux retenu est de +0,8 %, calculé sur la base de l’inflation moyenne hors tabac constatée sur la période de référence (novembre 2024 à octobre 2025).
Ce chiffre est nettement inférieur à celui de 2025, où la revalorisation avait atteint +1,8 %. La différence s’explique par la décrue rapide de l’inflation depuis l’été 2024 et par la décélération de l’indice des prix à la consommation utilisé pour le calcul. Pour une pension brute mensuelle de 1 400 €, la hausse représente environ 11 € de plus par mois, soit 132 € sur l’année.
Pour ceux qui touchent une pension de réversion du régime général, la revalorisation s’applique également de plein droit, sans démarche à effectuer. Le versement de la nouvelle pension a démarré dès le 9 février 2026.
ASPA et minimum vieillesse : +0,8 % également
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), couramment appelée minimum vieillesse, a également été revalorisée de 0,8 % au 1er janvier 2026. Pour une personne seule, le plafond mensuel passe ainsi à environ 1 042 € et, pour un couple, à environ 1 619 €.
Cette aide concerne les retraités âgés de 65 ans ou plus (ou à partir de l’âge légal de départ en cas d’inaptitude au travail) dont les ressources sont inférieures à un plafond fixé chaque année par décret. Elle est versée par la caisse de retraite ou par la Carsat, selon les situations.
Plus de 600 000 personnes en France bénéficient de l’ASPA. Pour une grande partie d’entre elles, cette aide constitue un complément indispensable face à des pensions parfois inférieures à 800 € par mois. La hausse de 0,8 % représente environ 8 € de plus par mois pour une personne seule au plafond complet.
Pensions d’invalidité : revalorisation au 1er avril 2026
Les pensions d’invalidité versées par la Sécurité sociale ne suivent pas le même calendrier que les pensions de retraite. Elles sont traditionnellement revalorisées au 1er avril de chaque année, sur la base de l’inflation moyenne sur les douze derniers mois.
Pour 2026, la revalorisation s’est élevée à 1,5 % environ. Les trois catégories de pensions d’invalidité (catégorie 1, 2 et 3) ont été augmentées dans la même proportion, ce qui se traduit par les montants suivants :
- Catégorie 1 (invalidité partielle) : montant maximum d’environ 1 196 € par mois.
- Catégorie 2 (invalidité totale) : montant maximum d’environ 1 994 € par mois.
- Catégorie 3 (invalidité avec tierce personne) : montant maximum d’environ 3 350 € par mois, majoration tierce personne incluse.
Les bénéficiaires de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI), versée sous conditions de ressources, ont également vu leur prestation revalorisée à compter du 1er avril 2026.
AGIRC-ARRCO : la grande inconnue de novembre 2026
La revalorisation la plus attendue de l’année concerne le régime AGIRC-ARRCO, principal régime de retraite complémentaire des salariés du secteur privé. Sa hausse intervient traditionnellement au 1er novembre de chaque année, après une décision votée en juillet par le conseil d’administration.
Pour 2026, les premiers signaux internes indiquent qu’une revalorisation comprise entre +1,5 % et +2 % est étudiée. Si elle est confirmée, elle bénéficiera à environ 13 millions d’allocataires. Pour aller plus loin, lire notre dossier sur la hausse inattendue AGIRC-ARRCO de novembre 2026.
Le calcul exact dépend de la valeur du point AGIRC-ARRCO. En 2025, cette valeur était de 1,4159 €. Une hausse de 1,8 % la porterait à environ 1,4414 €. La pension complémentaire de chaque allocataire est ensuite obtenue en multipliant le nombre de points acquis tout au long de la carrière par cette valeur de service.
Tableau récapitulatif des revalorisations 2026
Pour aider à la comparaison, voici un tableau synthétique des hausses prévues ou confirmées en 2026, mises en parallèle avec celles de 2025 :
- Régime général : +0,8 % en 2026 (contre +1,8 % en 2025).
- ASPA : +0,8 % en 2026 (contre +1,8 % en 2025).
- Pensions d’invalidité : +1,5 % environ en 2026 (contre +4,8 % en 2025).
- AGIRC-ARRCO : +1,5 % à +2 % attendus en 2026 (contre +1,6 % en 2025).
- Fonction publique : revalorisation alignée sur le régime général à +0,8 %.
Cette photographie globale montre que 2026 est une année de net ralentissement des revalorisations, conséquence directe de la décrue de l’inflation observée depuis 2024. Pour beaucoup de retraités, la sensation de stagnation est donc parfaitement justifiée : les pensions n’ont jamais autant rattrapé leur retard que sur la période 2022-2024, et le rythme retombe désormais à des niveaux historiquement bas.
Comment se calcule la revalorisation des retraites ?
Les modes de calcul varient selon les régimes, ce qui peut prêter à confusion. Voici les principales formules à connaître :
- Régime général et fonction publique : revalorisation indexée sur l’inflation moyenne hors tabac des douze derniers mois (novembre N-2 à octobre N-1), telle que publiée par l’Insee.
- AGIRC-ARRCO : revalorisation pilotée par le conseil d’administration, sur la base de l’inflation prévisionnelle de l’Insee, avec un coefficient de soutenabilité financière permettant des ajustements à la baisse.
- Pensions d’invalidité : revalorisation au 1er avril sur la base de l’inflation moyenne hors tabac des douze derniers mois.
- ASPA : revalorisation au 1er janvier, alignée sur le régime général.
Chaque calcul reste théorique : le taux retenu peut être ajusté par décret en fonction de l’équilibre des comptes sociaux. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, votée fin 2025, a entériné les chiffres définitifs pour le régime général.
Comparaison historique : ce que les retraités ont gagné depuis 2020
Pour mesurer le chemin parcouru, il est utile de comparer la trajectoire des revalorisations sur les six dernières années. Voici la chronologie complète des hausses du régime général au 1er janvier :
- 2020 : +0,3 %.
- 2021 : +0,4 %.
- 2022 : +1,1 % en janvier, puis +4 % en juillet (hausse exceptionnelle).
- 2023 : +0,8 % en janvier, puis +5,3 % par effet base annuelle.
- 2024 : +5,3 %.
- 2025 : +1,8 %.
- 2026 : +0,8 %.
Si l’on cumule l’ensemble de ces hausses, une pension a été revalorisée d’environ 14 % depuis 2020. Sur la même période, les prix à la consommation ont progressé d’un peu plus de 16 %. Le retard accumulé est donc encore d’environ 2 %, malgré les rattrapages exceptionnels de 2022 et 2024.
Le cas particulier du minimum contributif et du minimum garanti
Au-delà des grandes revalorisations annuelles, certains dispositifs spécifiques sont également ajustés en 2026. C’est le cas du minimum contributif (Mico) et du minimum garanti de la fonction publique, qui suivent leur propre logique. Pour aller plus loin, lire notre dossier complet sur le minimum contributif 2026 et ses conditions.
En 2026, le minimum contributif majoré atteint environ 915 € par mois pour une carrière complète au SMIC. Il s’ajoute aux droits acquis dans les régimes complémentaires pour garantir un total de pension proche du seuil de 85 % du SMIC net, conformément à l’engagement gouvernemental pris lors de la réforme des retraites de 2023.
Que faire si sa pension ne suit pas le calendrier ?
En cas de doute sur la bonne application des revalorisations, plusieurs réflexes sont recommandés :
- Consulter ses derniers bulletins de paiement pour comparer les montants avant et après la date officielle de revalorisation.
- Se connecter à son espace personnel sur lassuranceretraite.fr ou agirc-arrco.fr pour vérifier les paramètres de calcul.
- Contacter sa caisse par messagerie sécurisée en cas d’écart inexpliqué, en joignant les justificatifs nécessaires.
- Vérifier le RIB enregistré, car certains retards proviennent simplement d’un changement de coordonnées bancaires non répercuté.
- Se rapprocher de France Services, qui peut accompagner gratuitement les démarches en cas de difficulté à utiliser les outils numériques.
Une année 2026 charnière pour le pouvoir d’achat des retraités
Si la revalorisation retraites 2026 se confirme dans les fourchettes annoncées, elle restera l’une des plus faibles de la décennie. Pour les 17 millions de retraités français, c’est un signal de vigilance : sans hausse significative et sans rattrapage des écarts accumulés, le pouvoir d’achat continuera de s’éroder lentement, en particulier pour les pensions modestes.
L’attention va désormais se concentrer sur le vote AGIRC-ARRCO de juillet 2026 et sur les éventuelles décisions complémentaires que pourrait prendre le gouvernement à l’automne, dans le cadre de la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale. Une chose est sûre : 2026 sera scrutée comme une année charnière pour le pouvoir d’achat des retraités.




