Merlier en tête du classement par points
Après huit étapes disputées sur le Tour de France 2026, Tim Merlier s’impose comme le leader incontesté du classement par points. Le sprinter belge de l’équipe Soudal Quick-Step affiche 195 points au compteur, un total qui reflète sa régularité et son efficacité redoutable sur les arrivées massives. Une position dominante qu’il devra défendre jusqu’à Paris pour succéder au palmarès des vainqueurs récents du prestigieux maillot vert.
Le Belge a construit son avance grâce à trois victoires d’étape depuis le début du tour, dont la magnifique arrivée à Bordeaux lors de la septième étape. Il s’est également classé troisième à Pau et deuxième à Toulouse, ajoutant des points précieux dans les intermédiaires et les emballages finaux. Sa capacité à récupérer sur les étapes de moyenne montagne s’est également révélée être un atout majeur cette année.
À 33 ans, Merlier vit peut-être la saison la plus aboutie de sa carrière. Après avoir gagné plusieurs classiques flandriennes ce printemps, il aborde ce Tour avec l’expérience et la confiance nécessaires pour aller chercher un premier grand titre par points sur les Champs-Élysées. Son équipe Soudal Quick-Step, historiquement spécialisée dans le sprint, met tous ses moyens à sa disposition pour l’accompagner dans cette quête.
Philipsen à l’affût 25 points derrière
Deuxième au classement avec 170 points, Jasper Philipsen n’a que 25 points de retard sur son compatriote Merlier. Le Belge d’Alpecin-Deceuninck, également âgé de 28 ans, garde toutes ses chances pour la victoire finale par points. Il compte à ce jour deux victoires d’étape et cinq places sur le podium, un bilan très honorable pour un coureur qui avait pourtant connu quelques difficultés en début de saison.
Philipsen dispose d’un avantage majeur par rapport à son concurrent direct : un poisson-pilote d’exception en la personne de Mathieu van der Poel. Le Néerlandais, star mondiale du cyclocross et du sprint, est capable de lancer parfaitement son leader à 300 mètres de la ligne. Cette combinaison a fait le succès de Philipsen depuis 2022, avec notamment son sacre au maillot vert cette même année.
- Tim Merlier (Soudal Quick-Step) : 195 pts, 3 victoires d’étape
- Jasper Philipsen (Alpecin-Deceuninck) : 170 pts, 2 victoires
- Jonathan Milan (Lidl-Trek) : 155 pts, 1 victoire
- Wout van Aert (Visma-Lease a Bike) : 120 pts
- Fabio Jakobsen (DSM-Firmenich) : 95 pts
Philipsen reste également le sprinter le plus régulier sur les arrivées serrées à haute vitesse. Sa capacité à se glisser dans les ouvertures les plus étroites en fait un client redoutable, particulièrement sur les circuits techniques des dernières étapes. Il pourrait par ailleurs bénéficier du fait que Merlier ait déjà utilisé une grande partie de son influx nerveux ces premiers jours de course, peut-être plus qu’il ne l’aurait souhaité.
Jonathan Milan la révélation italienne
Troisième au classement par points, Jonathan Milan s’impose comme la véritable révélation de ce Tour de France 2026. L’Italien de 25 ans, sous les couleurs de Lidl-Trek, cumule 155 points grâce à une victoire d’étape à Bruxelles et plusieurs places d’honneur. Un total remarquable pour un coureur qui participe pour la deuxième fois seulement au grand tour français, mais avec l’expérience de deux Giros disputés à haut niveau.
Milan tire son atout principal de sa puissance physique impressionnante. À 25 ans, ce colosse italien d’1m94 pour 87 kilos développe des watts records en sprint pur, capable de rivaliser directement avec les meilleurs finisseurs mondiaux. Sa marge de progression reste importante, et il pourrait bien s’imposer dans les prochaines années comme l’un des grands sprinters de sa génération, dans la lignée de son compatriote Elia Viviani.
Sa révélation lors du Tour d’Italie 2024, avec quatre victoires d’étape et le maillot cyclamen (équivalent du maillot vert français), avait déjà marqué les esprits. Il confirme désormais cette montée en puissance sur la Grande Boucle, où il découvre les particularités du sprint français, souvent plus technique et disputé que les arrivées italiennes du Giro. Un apprentissage qui devrait porter ses fruits dans la deuxième partie de course.
Les prochaines étapes plates décisives
La lutte pour le maillot vert va se jouer sur les prochaines étapes plates du Tour de France 2026. Trois arrivées massives sont encore attendues au programme, avec en point d’orgue la mythique dernière étape sur les Champs-Élysées le dimanche 27 juillet. Ces occasions constitueront autant de moments décisifs pour départager les trois principaux prétendants au classement par points.
La première grosse opportunité arrive dès l’étape 12, prévue le mercredi 15 juillet avec une arrivée à Toulouse. Un parcours globalement plat qui devrait déboucher sur un sprint massif, avec pas mal de points à récolter, notamment sur les intermédiaires positionnés stratégiquement. Les équipes de sprinters vont probablement travailler à limiter les échappées pour préserver l’arrivée finale.
L’étape 15, avec une arrivée à Nîmes le samedi 18 juillet, offre également une occasion en or pour les sprinters. Le tracé est presque entièrement plat sur les 210 kilomètres prévus, avec un final rectiligne particulièrement favorable aux gros gabarits comme Merlier et Milan. Une arrivée qui devrait donc offrir un sprint massif et disputé pour distribuer les points essentiels au classement.
Enfin, l’étape finale des Champs-Élysées reste toujours un moment particulier. Traditionnellement remportée par un sprinter, elle offre le double des points par rapport aux étapes normales, ce qui peut totalement redistribuer les cartes au classement final. Un coureur en retrait dans l’attribution du maillot vert pourrait ainsi tout renverser en s’imposant sur la plus belle avenue du monde, sous les yeux de millions de téléspectateurs.
Le rôle clé de Van der Poel
Un joueur inattendu pourrait pourtant décider de l’issue de cette lutte au maillot vert : Mathieu van der Poel. Le Néerlandais d’Alpecin-Deceuninck, également capable de sprinter à haut niveau, a jusqu’ici principalement joué le rôle de poisson-pilote pour son leader Philipsen. Un choix stratégique qui pourrait évoluer dans les prochaines étapes en fonction de l’évolution du classement général.
Si Philipsen prend le maillot vert, Van der Poel continuera bien évidemment son rôle de dernier relais avant la ligne. Mais si le retard s’aggrave, l’équipe Alpecin pourrait décider de libérer son autre grand nom pour tenter également l’aventure du maillot vert. Van der Poel dispose des ressources pour marquer des points sur les étapes vallonnées, où Merlier et Milan sont beaucoup moins à l’aise et souvent lâchés.
Ce dilemme tactique fait toute la subtilité de la lutte pour le maillot vert. Contrairement au maillot jaune, où les rôles sont clairs et distribués, le maillot vert se joue à la fois sur les sprints massifs et sur les sprints intermédiaires disséminés tout au long des étapes, y compris sur les journées montagneuses. Un sprinter capable de survivre en montagne peut donc grappiller des points cruciaux là où ses concurrents purs sprinters sont désavantagés.
À l’arrivée, seul le vainqueur repartira avec le maillot vert et les 25 000 euros de prime dédiés. Un enjeu financier certes conséquent, mais surtout un prestige énorme qui inscrit son nom dans l’histoire du plus grand tour cycliste au monde. La bataille entre Merlier, Philipsen et Milan va offrir un régal aux amateurs de sprint pour les deux prochaines semaines. Consultez également notre article sur le classement général et le duel Pogacar-Vingegaard et sur la révélation française Paul Seixas à 19 ans.




