Elle est l’une des actrices françaises les plus aimées du grand public. À 73 ans, Josiane Balasko, monument vivant du cinéma français, a accepté ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant : ouvrir les portes de sa maison familiale des Yvelines, pour le magazine « Maison Française ». Une fermette du XVIIIe siècle qu’elle a achetée en 1995, agrandie, rénovée, et habitée comme un nid douillet avec son mari George Aguilar. Visite guidée d’un lieu d’exception.
Une fermette des Yvelines acquise il y a trois décennies
Tout commence en 1995. Josiane Balasko sort tout juste du succès retentissant de « Gazon Maudit », film qu’elle a réalisé et dans lequel elle joue aux côtés de Victoria Abril et Alain Chabat. À 45 ans, elle est au sommet de sa carrière, financièrement à l’aise, et cherche un cocon loin du tumulte parisien.
Son choix se porte sur une ancienne fermette du XVIIIe siècle, située dans une petite commune des Yvelines près de Vélizy. À l’époque, le bien est en piteux état, mais l’actrice est immédiatement séduite par les volumes, le charme de la pierre, et surtout l’immense jardin de plus d’un hectare. « J’ai eu un coup de cœur dès la première visite », raconte-t-elle aujourd’hui. « C’était un état presque désastreux, mais je voyais déjà ce que cela pouvait devenir. »
Pendant trois ans, l’actrice supervise personnellement les travaux. Murs reconstruits, charpentes consolidées, sols en tomettes anciennes refaits dans les règles, plomberie et électricité entièrement repensées. La fermette retrouve son lustre, tout en gagnant en confort moderne.
350 mètres carrés sur trois niveaux
La maison se déploie aujourd’hui sur 350 mètres carrés habitables, répartis en 8 pièces principales sur trois niveaux. Le rez-de-chaussée comprend un vaste séjour-salle à manger orienté sud-ouest, une cuisine ouverte de style provençal, une bibliothèque-bureau et une véranda donnant sur le jardin.
Le premier étage abrite la chambre principale avec sa salle de bain attenante, ainsi que trois chambres d’invités, dont deux sont régulièrement occupées par les enfants et petits-enfants du couple. Sous les combles, un atelier de peinture entièrement éclairé par des verrières, transformé en refuge créatif personnel de l’actrice.
Un sous-sol comprend une cave à vin, une buanderie et un cellier où sont stockées les conserves maison préparées par George Aguilar, lui-même passionné de cuisine.
Un jardin d’un hectare, véritable poumon vert
L’un des plus grands trésors de la propriété est son jardin d’un hectare, organisé comme un parc paysager à l’anglaise. Plusieurs ambiances s’y succèdent : un verger planté de pommiers anciens, un potager bio cultivé par Josiane Balasko elle-même, une roseraie offrant plus de 80 variétés, un grand bassin abritant des carpes koï, et une prairie laissée volontairement à l’état sauvage pour favoriser la biodiversité.
Au centre du jardin se dresse un vieux tilleul tricentenaire sous lequel le couple a aménagé une grande table conviviale en bois brut. C’est là, sous cet arbre majestueux, que se déroulent les déjeuners en famille de l’été, et que se sont décidés certains des projets cinématographiques de l’actrice.
Une décoration éclectique, miroir d’une vie artistique
L’intérieur de la maison reflète parfaitement la personnalité de Josiane Balasko : chaleureux, foisonnant, plein d’humour. La décoration mêle des meubles anciens chinés dans les brocantes, des œuvres d’art contemporaines, des objets rapportés de voyages, et des souvenirs de tournages.
Une bibliothèque de 5 000 livres
La pièce maîtresse de la maison est sans conteste la bibliothèque, qui occupe presque entièrement le rez-de-chaussée. Plus de 5 000 livres y sont alignés, classés par thèmes : littérature française, romans étrangers, théâtre, scénarios, philosophie, beaux-arts. Une échelle coulissante en bois permet d’accéder aux rayons supérieurs.
Josiane Balasko, lectrice insatiable et auteure elle-même (elle a publié plusieurs romans et son autobiographie « Cliente » en 2004), confie passer plusieurs heures par jour dans cette pièce. « Mes livres sont mes amis. Ils me rassurent, ils me nourrissent, ils me font rire et pleurer. »
Un atelier de peinture sous les combles
Moins connue du grand public, sa passion pour la peinture occupe une part importante de sa vie depuis une vingtaine d’années. Son atelier sous les combles, baigné de lumière naturelle grâce à des verrières orientées au nord, abrite des dizaines de toiles : portraits, paysages, natures mortes. Plusieurs galeries parisiennes lui ont proposé des expositions, qu’elle a toujours déclinées par discrétion.
Objets de tournage et souvenirs
Çà et là, on aperçoit des clins d’œil à sa carrière. Une affiche dédicacée du « Père Noël est une ordure » dans l’entrée. Le costume d’époque qu’elle portait dans « Les Bronzés font du ski » dans un cadre vitré. Une réplique miniature de la Tour Eiffel offerte par Coluche, ami de jeunesse. Et, accroché bien en évidence dans le salon, le César du meilleur scénario obtenu en 1996 pour « Gazon Maudit ».
Une vie partagée avec George Aguilar
Josiane Balasko partage cette maison avec George Aguilar, son mari depuis 2003. Acteur d’origine amérindienne (apache jicarilla), il vit en France depuis les années 1990. Discret, élégant, passionné de jardinage et de cuisine, George Aguilar s’est entièrement consacré à l’aménagement extérieur de la propriété.
« Sans George, ce jardin ne serait pas ce qu’il est », confie l’actrice. « Il a planté la plupart des arbres, créé les massifs, dessiné les allées. C’est lui qui s’occupe des cailles et des poules qui vivent en liberté dans le verger. »
Le couple reçoit régulièrement la fille de Josiane, l’actrice Marilou Berry, ainsi que ses petits-enfants. Les retrouvailles familiales sont l’occasion de grandes tablées, de longues parties de jeux de société, et de promenades dans les forêts environnantes.
Une estimation à 2,5 millions d’euros
D’après plusieurs agences immobilières spécialisées dans l’immobilier de prestige en Île-de-France, la propriété est estimée aujourd’hui entre 2,3 et 2,7 millions d’euros. Cette valorisation s’explique par la rareté des biens combinant un caractère architectural fort, des grandes surfaces, et une vaste parcelle de terrain à proximité immédiate de Paris.
L’actrice n’a évidemment aucune intention de vendre. « Cette maison, c’est ma vie. C’est ici que j’ai écrit, que j’ai aimé, que j’ai vieilli. Je veux y rester jusqu’à mon dernier souffle. »
Confidences sur une carrière hors normes
Cette visite a aussi été l’occasion pour Josiane Balasko de revenir sur sa longue carrière. Cinq décennies au sommet, près de 80 films, des rôles inoubliables et une présence constante au cœur du cinéma populaire français.
Elle évoque ses débuts au Café de la Gare, où elle rencontre Christian Clavier, Gérard Jugnot et Michel Blanc. Puis la naissance du Splendid, troupe légendaire qui a marqué les années 1980 avec « Le Père Noël est une ordure », « Les Bronzés », « Papy fait de la résistance ». « Nous étions une famille, et nous le sommes restés. Aujourd’hui encore, je vois régulièrement Christian, Gérard, Michel. Nous nous appelons, nous nous soutenons. »
Elle parle aussi de la consécration cinématographique avec « Gazon Maudit », sa propre réalisation qui lui valut le César du meilleur scénario en 1996. Et de ses rôles plus dramatiques, dans « Cliente » ou « Demi-sœur », qui ont révélé une autre facette de son talent.
Des anecdotes savoureuses
L’entretien regorge d’anecdotes croustillantes. Josiane Balasko raconte notamment le mariage de sa fille Marilou Berry, célébré dans le jardin de la propriété. « Nous avons dressé une grande tente blanche sous les arbres. Il a fait un temps magnifique. Coluche aurait adoré être là. »
Elle évoque aussi ses voyages avec George, notamment au Nouveau-Mexique, terre d’origine de son mari, où ils retournent chaque été. « Je rapporte toujours quelque chose à mettre dans la maison : un tapis navajo, une poterie, un bout de bois flotté. Ces objets racontent notre histoire. »
Et elle confie un petit secret : la cave à vin de la maison compte plus de 800 bouteilles, principalement des bordeaux et des bourgognes. « Mais je ne suis pas une grande œnologue. C’est George qui choisit et qui sert. Moi, je bois et je dis merci. »
Un témoignage d’une vie heureuse
Ce qui frappe au fil de cette visite, c’est la sérénité qui se dégage de Josiane Balasko. À 73 ans, l’actrice ne cherche plus rien à prouver. Elle savoure sa famille, ses amis, son métier qu’elle pratique encore régulièrement (un film en tournage actuellement), et cette maison qu’elle a façonnée à son image.
« Le bonheur, c’est ça : ne plus avoir envie d’être ailleurs. Quand je rentre chez moi le soir, je me sens à ma place. C’est rare et précieux. »
Une leçon de vie qui résonne longtemps, bien après que les portes de la fermette des Yvelines se sont refermées sur leur illustre habitante.




