Jean-François Leroy, fondateur de Visa pour l'image, est mort à 69 ans

Jean-François Leroy, fondateur de Visa pour l'image, est mort à 69 ans

La disparition d’une grande figure du photojournalisme

C’est une nouvelle qui a plongé tout un milieu dans l’émotion. Jean-François Leroy, fondateur et directeur historique du festival Visa pour l’image, est décédé le lundi 31 août 2026 à l’âge de 69 ans, des suites d’un cancer. Une disparition d’autant plus poignante qu’elle survient en pleine 38e édition du festival auquel il avait consacré sa vie.

Pour la première fois en trente-huit ans, cet ancien photographe parisien de naissance était d’ailleurs absent de l’inauguration, le samedi précédent. Un signe que la maladie avait pris le dessus, alors même que son œuvre continuait, elle, de rayonner sur les cimaises de Perpignan.

Visa pour l’image, une aventure née en 1989

Tout commence en 1989, lorsque Jean-François Leroy crée à Perpignan un festival d’un genre nouveau, entièrement dédié à la photo de presse. À une époque où le photojournalisme peinait à trouver sa place, il ose le pari d’un événement exigeant, gratuit pour le public et sans concession sur la qualité.

Le succès ne se dément jamais. Visa pour l’image devient l’unique festival mondial consacré au photojournalisme, une référence absolue vers laquelle se tournent chaque année les plus grands reporters de la planète. Un rendez-vous où l’on vient montrer son travail, mais aussi débattre, transmettre et défendre un métier.

Perpignan, capitale mondiale de la photo de presse

Chaque année en septembre, la petite ville catalane se métamorphose. Expositions dans des lieux patrimoniaux, projections nocturnes, rencontres : l’événement attire plus de 200 000 visiteurs et accrédite plus de 3 000 journalistes venus du monde entier.

Sous l’impulsion de Jean-François Leroy, Perpignan est ainsi devenue, le temps de quelques semaines, la véritable capitale mondiale du photojournalisme. Un exploit rendu possible par la ténacité d’un homme qui n’a jamais transigé sur son ambition : donner à voir le monde tel qu’il est, à travers l’œil des photographes.

Un homme exigeant et engagé

Ceux qui l’ont côtoyé le décrivent comme une figure exigeante, parfois abrupte, mais profondément sincère et animée par une conviction inébranlable. Jean-François Leroy défendait avec ardeur la liberté de la presse et le métier de reporter, refusant les compromis et n’hésitant jamais à hausser le ton pour rappeler l’importance de l’information visuelle.

Son engagement dépassait le cadre du festival. Il était de ces voix qui rappellent, année après année, le prix parfois payé par les photographes pour témoigner des conflits, des crises et des injustices. Un rôle de vigie que le milieu lui reconnaissait unanimement.

Un défenseur de l’information et des reporters

Sous sa direction, Visa pour l’image n’a jamais été un simple lieu d’exposition. C’était une tribune, un espace de résistance pour un journalisme d’image menacé par les difficultés économiques et la course à l’immédiateté. Jean-François Leroy y célébrait le travail de fond, le reportage patient et courageux.

En mettant en lumière celles et ceux qui risquent leur vie pour informer, il a contribué à faire reconnaître le photojournalisme comme un pilier de la démocratie. Une conviction qu’il aura portée jusqu’au bout, sans relâche.

L’émotion de tout un milieu

L’annonce de sa mort, en plein cœur du festival, a suscité une vive émotion parmi les photographes, les journalistes et les visiteurs. Beaucoup lui doivent une exposition marquante, une reconnaissance ou simplement un encouragement décisif au bon moment.

Perdre son fondateur alors que la 38e édition battait son plein donne à ce rendez-vous 2026 une tonalité particulière, entre hommage et recueillement. Une manière, aussi, de lui rendre grâce là où il aurait sans doute voulu être : au milieu des images qu’il aimait tant.

Un héritage qui lui survivra

Jean-François Leroy laisse derrière lui bien plus qu’un festival : une institution, un lieu de mémoire et un modèle. Perpignan restera, grâce à lui, le point de ralliement mondial de tous ceux qui croient encore à la force de l’image pour raconter le monde.

En créant Visa pour l’image, Jean-François Leroy a offert au photojournalisme une maison et une voix. Son exigence, sa passion et son engagement continueront d’inspirer les reporters de demain. Un héritage précieux, à la hauteur de l’homme qui l’a bâti.

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