Data centers IA : la France, hub européen, attire jusqu'à 75 milliards de SoftBank

Data centers IA : la France, hub européen, attire jusqu'à 75 milliards de SoftBank

Des investissements record annoncés à Choose France 2026

Le sommet Choose France 2026 a servi de vitrine à une vague d’annonces sans précédent dans le domaine des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Portée par l’explosion des besoins de calcul liés à l’IA, la France attire des acteurs mondiaux prêts à engager des sommes considérables sur son territoire.

Ces infrastructures, gourmandes en électricité et en foncier, nécessitent des capacités énergétiques massives et une alimentation stable. Autant de conditions que l’Hexagone est en mesure d’offrir, ce qui explique en partie l’afflux des investisseurs internationaux.

SoftBank, jusqu’à 75 milliards d’euros

L’annonce la plus spectaculaire vient du japonais SoftBank, qui a évoqué jusqu’à 75 milliards d’euros d’investissements. Il s’agirait du plus gros investissement en IA jamais annoncé en Europe. La première phase du projet prévoit 45 milliards d’euros pour une capacité de 3,1 gigawatts, répartie sur trois sites des Hauts-de-France : Dunkerque, Bosquel et Bouchain.

Pour mener à bien ce chantier titanesque, SoftBank compte s’appuyer sur des partenaires industriels solides, parmi lesquels Schneider Electric, EDF et la start-up française Sesterce. Une manière d’ancrer le projet dans le tissu économique national et de mobiliser des savoir-faire locaux.

MGX, Brookfield, Bpifrance et Iliad : la liste s’allonge

SoftBank est loin d’être le seul acteur mobilisé. Le fonds émirati MGX s’engage sur 30 à 50 milliards d’euros pour bâtir le plus grand campus de data centers dédiés à l’IA d’Europe, avec une puissance visée d’un gigawatt. Le canadien Brookfield annonce de son côté 20 milliards d’euros.

Les acteurs français ne sont pas en reste : Bpifrance prévoit 10 milliards d’euros d’ici 2029, tandis que le groupe Iliad, maison mère de Free, engage 3 milliards d’euros. Cumulés, ces montants placent la France au premier plan de la compétition européenne pour accueillir les infrastructures de calcul de demain.

L’atout maître : une électricité décarbonée

Si la France séduit autant, c’est en grande partie grâce à son mix électrique. Le pays affiche une production décarbonée à 96 %, portée par le nucléaire, avec 538 térawattheures produits en 2025. Cette abondance d’énergie bas carbone constitue un argument décisif pour des centres de données très énergivores et soucieux de leur empreinte environnementale.

Disposer d’une électricité à la fois abondante, compétitive et faiblement émettrice de CO2 permet aux opérateurs de répondre à la demande croissante de calcul tout en affichant des objectifs de durabilité. Un avantage comparatif que peu de pays européens sont en mesure d’égaler. Pour comprendre l’ampleur de la course mondiale à l’IA, lisez aussi notre article sur Kimi K3, le plus grand modèle open source au monde.

Emplois, souveraineté et enjeux stratégiques

Au-delà des montants, ces projets soulèvent des enjeux structurants pour l’économie française. Ils sont porteurs de créations d’emplois, notamment dans la construction, l’exploitation et la maintenance des infrastructures, ainsi que dans l’écosystème technologique qui gravite autour.

La question de la souveraineté est également centrale. Accueillir sur son sol des capacités de calcul de premier plan permet à la France de peser dans la course mondiale à l’intelligence artificielle et de réduire sa dépendance vis-à-vis des infrastructures étrangères. Un enjeu stratégique majeur à l’heure où l’IA irrigue l’ensemble des secteurs économiques.

Des contestations locales sur l’eau et le foncier

Ces annonces ne font toutefois pas l’unanimité. Sur le terrain, des contestations locales émergent, notamment autour de la consommation d’eau nécessaire au refroidissement des installations et de l’emprise foncière de ces vastes campus. Les riverains et certaines associations s’interrogent sur l’impact environnemental et sur l’usage des ressources.

Concilier attractivité économique, transition écologique et acceptabilité locale constituera l’un des défis majeurs de ces projets. Les opérateurs devront démontrer leur capacité à limiter l’empreinte hydrique et à intégrer harmonieusement ces infrastructures dans les territoires concernés.

Ce qu’il faut retenir

  • La France s’affirme comme un hub européen des data centers dédiés à l’IA.
  • SoftBank annonce jusqu’à 75 milliards d’euros, dont 45 milliards pour 3,1 GW dans les Hauts-de-France.
  • MGX engage 30 à 50 milliards, Brookfield 20 milliards, Bpifrance 10 milliards et Iliad 3 milliards.
  • Atout clé : un mix électrique décarboné à 96 % grâce au nucléaire, avec 538 TWh produits en 2025.
  • Des contestations locales portent sur la consommation d’eau et l’emprise foncière des sites.
Publicité