BepiColombo : arrivée autour de Mercure dès septembre 2026

BepiColombo : arrivée autour de Mercure dès septembre 2026

En bref : lancée en 2018, la mission BepiColombo touche au but. Le 3 septembre 2026, son module de transfert doit se séparer des deux orbiteurs scientifiques, première étape d’une séquence d’arrivée jugée parmi les plus complexes jamais tentées par l’ESA. La mise en orbite autour de Mercure est attendue le 21 novembre 2026, pour un début des observations en avril 2027.

Une mission née d’une double coopération

BepiColombo est la première mission européenne à destination de Mercure, la planète la plus proche du Soleil et la plus petite du Système solaire. Elle porte le nom de Giuseppe « Bepi » Colombo, mathématicien et ingénieur italien qui avait notamment compris comment utiliser l’assistance gravitationnelle des planètes pour ajuster une trajectoire spatiale. Lancée en octobre 2018 depuis Kourou, en Guyane, la mission associe l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA).

Le vaisseau se compose de trois éléments principaux : le module de transfert (MTM), qui assure la propulsion durant la croisière, et deux orbiteurs scientifiques distincts. Le premier, l’orbiteur planétaire de Mercure (MPO), est fourni par l’ESA. Le second, l’orbiteur magnétosphérique baptisé Mio, est fourni par la JAXA. Chacun a une mission scientifique bien définie.

Huit ans de voyage et de manœuvres

Atteindre Mercure est un défi technique de premier ordre. Contrairement à l’intuition, il est plus difficile d’envoyer une sonde vers le Soleil que vers les planètes extérieures : il faut sans cesse freiner pour ne pas être happé par l’énorme attraction de notre étoile. Pour y parvenir, BepiColombo a enchaîné les manœuvres d’assistance gravitationnelle : un survol de la Terre, deux de Vénus et six de Mercure elle-même, complétés par sa propulsion électrique solaire.

Ce système de propulsion, reconnaissable à sa lueur bleutée caractéristique, a récemment achevé sa dernière phase de poussée. L’ESA a ainsi annoncé la « fin de la lueur bleue », marquant la conclusion de la longue croisière et le début officiel de la phase d’arrivée. Le voyage n’a pas été un long fleuve tranquille : en septembre 2024, un problème de propulseurs avait été détecté, contraignant les équipes à revoir la trajectoire et à repousser l’arrivée, initialement espérée pour la fin 2025.

Le 3 septembre 2026, une séparation cruciale

La première grande étape de la séquence d’arrivée est la séparation du module de transfert (MTM), programmée pour le 3 septembre 2026. Après avoir propulsé l’ensemble pendant huit ans, ce module aura rempli son office et se détachera des deux orbiteurs. L’ESA décrit cette phase comme l’une des plus exigeantes qu’elle ait jamais menées sur le plan opérationnel, chaque étape devant s’enchaîner avec une précision extrême.

Une fois le module largué, les deux orbiteurs, encore solidaires, poursuivront leur approche finale. La capture par la gravité de Mercure, c’est-à-dire la mise en orbite proprement dite, est attendue le 21 novembre 2026. Les deux engins évolueront alors ensemble avant de se séparer à leur tour, autour des 9 et 10 décembre 2026, pour rejoindre chacun leur orbite de travail définitive.

Deux orbiteurs, deux regards sur Mercure

Une fois installés, les deux orbiteurs se partageront l’étude de la planète et de son environnement. L’orbiteur européen MPO se concentrera sur la surface et l’intérieur de Mercure : sa géologie, sa composition, sa structure interne et sa très ténue exosphère. Ses instruments dresseront des cartes détaillées du relief et de la composition chimique du sol.

De son côté, l’orbiteur japonais Mio se consacrera à l’environnement spatial de la planète : son champ magnétique, le plasma qui l’entoure, sa fine atmosphère et les poussières présentes autour d’elle. En combinant leurs données, les deux sondes offriront une vision inédite et complète de ce monde encore largement méconnu, deuxième planète la plus dense du Système solaire après la Terre.

Pourquoi étudier Mercure ?

Mercure intrigue les scientifiques par ses nombreux paradoxes. Elle possède un noyau métallique disproportionné par rapport à sa taille, des écarts de température extrêmes entre le jour et la nuit, et des traces de glace d’eau au fond de cratères polaires jamais éclairés par le Soleil. Mieux la comprendre aide à reconstituer l’histoire de la formation des planètes rocheuses, dont fait partie la Terre.

Le début des opérations scientifiques est prévu pour avril 2027, une fois les orbiteurs installés et leurs instruments étalonnés. BepiColombo prendra alors la suite de la mission américaine MESSENGER, qui avait étudié Mercure jusqu’en 2015, avec des moyens d’observation encore plus poussés.

Ce qu’il faut retenir

  • Lancée en 2018, la mission BepiColombo (ESA / JAXA) entame sa phase d’arrivée autour de Mercure après huit ans de voyage.
  • Première étape majeure : la séparation du module de transfert (MTM) le 3 septembre 2026, jugée parmi les manœuvres les plus complexes tentées par l’ESA.
  • La mise en orbite des deux orbiteurs est attendue le 21 novembre 2026, avant leur séparation autour des 9 et 10 décembre.
  • L’orbiteur européen MPO étudiera la surface et la structure de Mercure, tandis que l’orbiteur japonais Mio se consacrera à son environnement magnétique et spatial.
  • Les opérations scientifiques débuteront en avril 2027, pour lever une partie des nombreux mystères de la planète la plus proche du Soleil.
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