USA - Belgique 1-4 : les Diables Rouges filent en quarts, Pulisic blessé, Onana out contre l'Espagne

USA - Belgique 1-4 : les Diables Rouges filent en quarts, Pulisic blessé, Onana out contre l'Espagne

Le scénario du match à Seattle

Il était à peine 21 heures à Seattle lundi soir quand le Seattle Stadium, plein à craquer, a vu ses illusions s’effondrer. Dès la 9e minute, Charles De Ketelaere ouvrait le score sur une combinaison délicieuse avec Leandro Trossard. Une frappe croisée du droit, imparable pour Matt Turner. Les 68 000 spectateurs américains ont eu à peine le temps de digestér que la Belgique menait déjà.

Loin d’être abattus, les hommes de Mauricio Pochettino réagissaient à la 31e minute grâce à un coup franc magistral de Malik Tillman, qui piégeait Koen Casteels d’un tir enroulé sous la barre. Le stade explosait. Espoir de courte durée : deux minutes plus tard, De Ketelaere doublait la mise sur un centre parfait de Trossard, propulsé de la tête dans la lucarne. 2-1 pour la Belgique à la pause, mais surtout un rapport de forces déjà déséquilibré.

Le retour des vestiaires a scellé le sort du match. À la 57e minute, Hans Vanaken profitait d’une hesitation défensive américaine pour tromper Turner. Puis, dans le temps additionnel, Romelu Lukaku signait la manita après un service subtil de De Ketelaere. 4-1, sans discussion possible.

De Ketelaere, le grand artisan

Il y a des soirs où un joueur transcende son équipe. Charles De Ketelaere en a livré l’illustration parfaite. Longtemps critiqué après son passage décevant à l’AC Milan, l’attaquant de 25 ans, aujourd’hui à l’Atalanta, a rappelé à la planète football pourquoi tant d’espoirs avaient été placés en lui.

Doublé, passe décisive, pression permanente sur la charnière centrale américaine : sa statistique parle d’elle-même. Mais au-delà des chiffres, c’est sa qualité de mouvement, ses appels tranchants et son intelligence tactique qui ont fait la différence. Trossard, en soutien, a également réalisé une prestation majuscule à la création, servant deux caviars à ses partenaires.

Le sélectionneur belge Domenico Tedesco pouvait afficher un large sourire au micro après le match : « Charles a livré le match de sa vie. Il incarne cette génération belge qui a envie d’écrire son histoire. »

Pulisic blessé : le drame américain

Le tournant émotionnel du match s’est joué à la 60e minute. Christian Pulisic, capitaine et symbole des Stars and Stripes, s’écroulait après un duel aérien avec Zeno Debast. Grimace, main sur la cuisse gauche : l’ailier de l’AC Milan quittait la pelouse en s’appuyant sur les épaules du staff médical, la mine défaite.

Diagnostic préliminaire évoqué par les chaînes américaines : une lésion aux ischio-jambiers. L’examen IRM prévu ce mardi confirmera la durée d’indisponibilité, mais le contexte est cruel. Pulisic, qui avait mené les siens au titre de la CONCACAF Nations League au printemps, terminait son premier Mondial à domicile sur une civière symbolique. « Je suis dévasté », a-t-il confié en zone mixte, la voix brisée.

Le départ de leur leader a définitivement précipité la chute américaine. Sans lui pour rassembler et créer, les USA se sont enfoncés dans un jeu désordonné, ouvrant grand la porte à Lukaku pour le quatrième but.

Onana out contre l’Espagne ?

Même côté belge, la victoire a un goût amer. À la 72e minute, Amadou Onana s’est tordu la cheville droite sur un contact anodin avec Weston McKennie. Le milieu défensif d’Aston Villa a quitté le terrain en boitant fortement, remplacé par Orel Mangala.

Le staff médical belge a évoqué une entorse sévère, sans exclure une lésion ligamentaire. Verdict définitif déséquilibré ce mardi, mais toutes les indications convergent : Onana sera très vraisemblablement absent pour le quart de finale de vendredi contre l’Espagne. Une tuile majeure pour Domenico Tedesco, qui perd son récupérateur numéro un juste avant le défi le plus corse.

Les alternatives ne manquent pas — Mangala, Youri Tielemans en position basse, voire Arthur Vermeeren — mais aucune n’offre le même profil d’impact physique. La question de la profondeur de banc belge se posera de façon aigüe à Los Angeles.

Pochettino et la crise USA

Pour Mauricio Pochettino, la nuit s’est terminée en conférence de presse, le regard tiré. L’Argentin, arrivé en septembre 2024 pour redresser une sélection américaine sous pression, sort de ce Mondial à domicile avec un bilan cinglant : une victoire (contre la Bosnie en 16e), une défaite catastrophique. Une phase de groupes correcte, un huitième indigne des ambitions affichées.

La chaîne de leadership de la USMNT est déjà remise en cause. Certains observateurs américains réclament la tête du sélectionneur, d’autres l’audit complet du soccer fédéral. La US Soccer Federation a annoncé qu’un « bilan approfondi » serait mené dès la semaine prochaine.

Pochettino, lui, a défendu son projet : « Nous avons perdu contre une grande équipe. Les conclusions hâtives ne servent personne. Nous allons apprendre, grandir et préparer 2030. » Les prochains mois s’annoncent périlleux à New York et Washington, où les décisions stratégiques se prendront.

Prochain choc : Belgique-Espagne vendredi

La Belgique, elle, tourne déjà la page. Direction Los Angeles pour affronter l’Espagne vendredi soir au SoFi Stadium. La Roja, qui a dominé le Portugal 3-1 en huitième, arrive lancée, portée par un Lamine Yamal étincelant et un Rodri retrouvé.

Le duel promet un ballet technique de haut vol. Historiquement, la Belgique et l’Espagne se sont peu croisées dans les grandes compétitions, mais chaque confrontation récente a basculé sur un détail. Sans Onana, avec un De Ketelaere en pleine confiance, avec un Kevin De Bruyne en fin de tournoi majestueux, les Diables ont une chance historique de rejoindre le dernier carré.

Rendez-vous vendredi à Los Angeles pour un choc qui vaudra son pesant d’or, avec un Charles De Ketelaere ancré désormais parmi les figures majeures de ce Mondial 2026.

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